silent weapons for quiet wars

Pochette de Luxury Problems

chronique · 31 octobre 2012 · Techno / House

Andy Stott

Luxury Problems

Pour ceux qui le connaissaient avant 2010, Andy Stott était un grand espoir deep techno, proche dans l’esprit de Lawrence, Claro Intelecto ou Aril Brikha. Depuis, le Mancunien a bien surpris son monde, avec d’excellentes sorties dubstep sous le blaze Andrea et deux mini LP, We Stay Together et Passed Me By, qui ont oeuvré pour une techno lente et bestiale pas loin d’être inédite. En 2012, Andy Stott n’en finit plus de nous dérouter, mais cette fois à notre plus grand malheur : Luxury Problems, son nouvel album, est une catastrophe.

par Julien Lafond-Laumond

La cause de l’accident ne réside pas dans l’idée du disque, mais dans sa réalisation. Dans le fond, Andy Stott continue d’explorer l’univers qu’il avait imaginé lors de ses précédentes moutures. La techno de ce Stott-là est hyper lente, assez monstrueuse, grosse machine à rêves morbides. Mais là où We Stay Together et Passed Me By restaient profondément organiques et poisseux, « Il était une fois... la Vie » dans les égouts, Luxury Problems apparaît comme dramatiquement plat, désarticulé, superposition absurde de drones médiocres, de pads rythmiques datés et de voix féminines rappelant l’immonde Zola Jesus.

Quasiment aucun morceau de l’album ne marche pour de bon. On peut aimer les samples vocaux de "Numb" mais impossible de défendre son kick – le plus laid qu’on ait entendu depuis longtemps. On peut adhérer à la basse obsédante du morceau-titre, mais comment tolérer les interventions vocales d’Alison Skidmore ? Et on hésite même à décrire des horreurs comme "Hatch The Plan" ou le jungliste pérave "Up The Box" – elles font trop honte à celui qui était jusque-là un producteur franchement intéressant et respectable.

Non, vraiment, Luxury Problems dérape sévèrement. On sort définitivement du giron techno pour atterrir en plein cauchemar witch-bouse. Et pas grand chose ne vient amoindrir la déception. Seul "Expecting" vient nous rappeler tout le talent de son auteur, avec cette sorte de dub-techno industrielle carrément sublime. Mais cette tuerie met encore la rage, prise de consciente faite que pour Stott, le splendide et l’abject se côtoient indistinctement, ça coexiste, ça se mélange et lui n’y capte rien. Ça fait un peu peur, pour l’avenir de celui qui, pourtant, possède en lui une des plus belles équations possibles de la techno du futur.

Julien Lafond-Laumond

Brasser la merde

18 commentaires

  1. B2B

    Je ne peux que valider ton avis. Autant les précédents travaux d'Andy Stott me paraissaient intéressants (noirceur, magma sonore,...) autant là, ça confine au risible tellement c'est baclé, mal foutu. Ce disque est une des plus grosses arnaque de l'année.

  2. axel

    merde je l ai commandé les yeux fermés .. j attend une bouse apparement..

  3. zaaaab

    l'album est en écoute intégrale sur youtube si ça intéresse quelqu'un. (histoire de se faire une idée avant achat) je ne connais rien d'Andy Scott, j'ai découvert avec la chronique donc évidemment aucune déception par rapport "aux bijoux" qu'il a pondu avant. du coup l'album que je suis en train d'écouter ne me parait pas si désagréable que ça. ambiances vaporeuses ou sombres, voix me rappelant de loin l'époque trip hop et tiens je dois en être au morceau avec avec A.Skidmore vu la grosse basse et en effet la voix n'est pas terrible mais tout de même l'ensemble est assez agréable à mes oreilles je pense que je vais le chopper.

  4. zaaaab

    la fin n'est quand même pas terrible je vous l'accorde

  5. ygjk

    Je me demande surtout si sont virement de style ne s'adresse tout simplement plus au même publique. Si cet album avait été en chroniqué par un des gars de la section drone/ambiante, aurait-il été aussi durement traité ? En toute sincérité, je ne pense pas. Je pense qu'Andy Stott ne s'adresse plus à son public techno... Après je dis pas que c'est un très bon disque, mais il y a un quelque-chose.

  6. Flo

    J'ai une question hors sujet : la barre de notation, c'est la notation des lecteurs de l'album ou de la chronique (ce qui serait moins intéressant ma foi) ?

  7. julienl

    ygjk > Il n'y a pas un chroniqueur par section. Si Andy Stott faisait du Thomas Koner, pourquoi pas. Mais là il fait du mauvais Demdike Stare, projet déjà mauvais au départ. Forcément...

  8. lexo7

    la barre de notation est évidemment là pour noter l'album, pas la chronique.

  9. Kesson

    c'est chaud ... moi et mon copain on a bien ri tellement c'est foireux ...

  10. zaaaab

    ygjk a tout de même raison; cet album n'a rien a faire dans techno house il serait bien mieux dans ambiant drone et s'adresse d'ailleurs à ce genre de public.

  11. Jem

    Les voix...Je ne supporte pas les voix sur cet album...

  12. Bronthor

    A la lecture de la chronique j’ai l’impression que l’auteur de celle-ci est passé complètement à coté de l’album , après je suis conscient de l’avis purement subjectif de ce genre de billet mais sortir que Luxury Problems est une catastrophe pour moi cela est juste erroné. On Sent que l’auditeur s’attendait exactement à la même veine claustro medieval dronique que sur les précédents EP alors qu’ Andy stott prend ici un virage complètement différent avec cette galette . L’album sonne beaucoup plus éthéré que passed by me ou we stay together , un peut comme si Dead can Dance se mettait à copuler sauvagement avec Massive Attack sur fond de beats Hypnotique . En tout cas pour moi après de nombreuses écoutes répétés, l’album de dévoile dans tout sa richesse , l’ensemble est moins sombre et hypnotique que par le passé mais beaucoup plus voporeux et atmosphérique Des pistes comme Numb , sleepless ou encore la sublime Expecting sonnent pour ma part comme les morceaux electroniques les plus marquants de cette année , atmosphères vaporeuses sur fond de chants angéliques d’outre tombe , Luxury Problems est une véritable Rave Party funéraire . Andy Stott entre clairement dans la cour des grands avec cette album et j’attends avec la plus grande impatience ses prochaines livraisons sonores qui seront à coup sur surprendre et dérouter habilement ses auditeurs . Ah oui petit défaut notable pour une tel offrande 48 min c’est décidément beaucoup trop court .

  13. bob

    ben mwa G bi1 aimé ^^ lol

  14. Axs

    J'ai pour ma part trouvé que l'intérêt principal de l'album entier résidait dans cette juxtaposition entre lourdeur industrielle et distillation ethérée des atmosphères. Le kick de Numb n'est pas aimable car l'ambiance du morceau ne s'y prête pas, la voix est ici l'intruse, la rythmique machinale collant aux accords angoissés et suintants du pad. C'est pour ça que je ne peux m'empêcher de voir là comme une certaine erreur de perspective.

    Quand à la qualité des vocals en eux mêmes, même si c'est variable de morceau à morceau, dans l'ensemble ces textures vocales assez charnelles et hachées cadrent bien avec les instrumentaux minimalistes et clairsemés.

    En fait de Dead Can Dance on aurait plutôt affaire à un album des Cocteau Twins si ils étaient apparus trois décennies plus tard. Pas l'album de l'année mais une intéressante recontextualisation gothique de son We Stay Together de l'année dernière.

  15. S@m

    Pour une fois je ne suis pas du tout d'accord avec votre chronique !!! C'est sur cet opus est different du 1er album , mais le son et les textures sonores ne sont pas baclées

    4/5

  16. Georges White

    Dans le genre 'Rave party funéraire' (!!) XXYYXX nous a déjà fait le coup cette année. Là le mariage contre nature deep techno apathique (dans la lignée de ce que fait Modern love) et ambiance post industrielle ne prend malheureusement pas. Ça pourrait être du trip hop de bonne facture (comme évoqué plus haut) mais Andy Stott, à vouloir uniformiser ce qui ne peut pas l’être fondamentalement, rend son opus ennuyeux voir agaçant sur la longueur. Il faudrait quelqu'un comme Nicolas Jaar pour désépaissir tout ça.

  17. carl aznable

    cette chronique me laisse pantois.... certainement la pire chose lu sur Chroniques électroniques-SWQW depuis longtemps. Que le projet accroche pas, je le conçois ( je suis moi même dubitatif) mais l'écriture lapidaire, la non argumentation et les expressions d'ados (junglist pérave...hummm....) ne font pas honneur au site. Dommage de perdre en crédibilité...l'album mérite clairement une analyse plus profonde et faite par une personne capable de démêler le melting pot d'influence qu'Andy Stott incorpore (vainement?) dans sa mixture..

    .

  18. bob

    chronique tranchée, niquel pour discuter

    après je suis en désaccord complet, je trouve ce nouvel album luxury problems excellent dans tous ses sons dans l'esprit pour moi ça ravive le souffle des 60ies notamment white noise : electric storm : love without sound

    épique !

    mais pour danser seuls de vrais spectres le pourraient

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

    pas de compte : ton pseudo est protégé par un ticket que ton navigateur garde pour toi.

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