
Illustration même de ce qui se fait de pire comme de ce qui semble être le plus novateur et valable, entre dirty esquintée et labels indés ramant à concurrencer la dynamique observée à LA, Atlanta peine à se faire une place honorable sur le marché et à redéfinir une identité et couleur sonore qui lui soit propre. Nonobstant que le bastion d’André 3000 et de Kris Kross s’affirme continuellement, et ce depuis plus 2 décennies, comme un fabuleux vivier de talents, c’est aussi l’éclectisme, pas forcément au bon sens du terme, qui fait figure d’allégorie de la capitale de Georgia.
Alors que la période de transition « middle-age » semble plutôt réussir aux jeunes surgeons d’Angeles et de NY qui paraissent finalement avoir compris ce que le public (où un certain public) attendait d’eux, c’est une certaine incertitude qui plane au dessus des rappeurs de Georgia. En dépit des incessantes vicissitudes que produisent une majorité (soit, faible) de producteurs et rappeurs installés entre l’Alabama, le Tennessee, et la Georgie, Awful Records apparaît comme une des principales alternatives à l’hégémonie ambiante de la trap musique calibrée clubs et radios locales, quand elles ne coupent pas sitôt 16 mesures diffusées. Awful Records, c’est 13 membres, dont on ne connaît que le tiers, et encore. En ce qui concerne les voix les moins méconnues de l’équipe, rien de concret n’était jusqu’à présent sorti, hormis des freestyles dropés en 20 minutes par Father et Keith Charles Spacebar. C’est ici d’Archibald Slim, l’un des protagonistes du label les plus avancés, par conséquent l’un des seuls à avoir à ce jour livré un produit terminé, qui se lance dans cette chaine alimentaire d’une éminente rudesse qu’est le game. C’est avec 11 tracks dont certains abruptement mais volontairement tronqués qu’Arch présente le fruit de son labeur et de celui Keith Charles Spacebar, méconnu producteur et rappeur local affilié à Awful. 11 titres donc, dont 4 ne dépassent pas les 2 minutes et 4, les 3. Mais ceux-ci s’avèrent n’être ni des interludes cheap et dispersés dont Slim aurait abusé, ni de chutes de studio crasseuses d’un énième artiste qui, à défaut de savoir faire des morceaux, saurait découper des faces B. He’s drunk c’est plus que ça. D’abord par la quasi-omniprésence de refrains (particulièrement efficaces sur Hold These, Needs, Politics et UsetaBe) fait encore rare pour une première mixtape, mais surtout de tracks structurés et équilibrés. Textuellement, Archibald assombrit amplement, et semble assumer un abord bilieux et méfiant, aussi bien sur les productions de Spacebar à connotations g-funk de Catharsis (Feat. Stalin Majesty) ou boom-bap de Life II.
“Dont get caught up in the politics with folks tryna stay positive If i can't make it rappin ima stay right where the profit is”. (He’s Drunk)
Il dresse un constat souvent cafardeux, aborde l’âpreté du métier et s’évoque, à l’image des premières mesures de Hold These.
“I see the future in my blunt burning, everything comes to an end Like the point where good intentions starts to turn to a sin You don’t eat if you don’t work For what it’s worth, put it in Call me worthless, I’ll for sure have shit to show in the end”. (Hold These)
Arch’ livre ainsi une tape sombre, parfois sourde, de couleurs variées par leurs origines rendues cohérentes par leur assemblage. Aube d’une œuvre qu’on espère fructueuse davantage pour l’espoir qu’elle pourrait porter que pour la qualité intrinsèque du projet, Archibald Slim et Awful, tels David contre l’industrie hégémonique et asphyxiante de la trap music que serait Goliath, lèvent un poing qui, on l’espère, en entrainera un escadron. Finalement, Atlanta, c’est une sortie de formidable pitch de la situation constatable de la scène US depuis quelques années. Comme un symbole.






Brasser la merde
1 commentaire
Al
Ca faisait longtemps que j'avais pas accroché comme ça à du rap, merci !
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