
chronique · 28 juin 2013 · Weird Rock / Metal
ASG
Blood Drive
Beaucoup de groupes commencent avec leur meilleur album pour ensuite décliner inexorablement dans la redite et le manque d'inspiration. ASG fait les choses à l'envers. Pas que les premiers albums soient fades, loin de là, mais ce cinquième album force le respect à plus d'un niveau.
par MarcD
Originaire de Caroline du Nord, plus précisément à Wrightville Beach. En 2001, ASG (nouvel onglet) est alors un groupe métal comme il en existe beaucoup, même si leur talent tant technique que mélodique va vite démarquer de la scène locale. D'abord purement instrumental c'est en 2003 que las de ne trouver aucun chanteur, c'est leur guitariste Jason Shi qui va, par dépit, assurer... et il assure !
Volcom Entertainment les signe pour un premier album, dont le succès honorable les conduit à en faire un deuxième avec Matt Hyde et Phil Caivano à la production. Ils assurent alors des concerts de plus en plus intéressants, avec Motorhead, Fu Manchu, CKY, Saviours... Pour, comme tous les deux ans, sortir un album en 2007, "Win Us Over". Leur style s'affirme de plus en plus, avec un mélange de pur Heavy Metal et de Stoner Metal (une sorte de sous genre du heavy mais avec une basse très lourde, des rythmes assez basiques, souvent lents, répétitifs et intenses).
C'est en janvier 2012 qu'ils signent avec Relapse Records (nouvel onglet) à Philadelphie pour composer et sortir en mai 2013 ce qui nous intéresse ici: Blood Drive.
Ce qui frappe dans cet album, c'est avant tout l'incroyable diversité musicale, comme si ils voulaient explorer la plupart des styles qui définissent le métal. Le jeu est purement heavy avec des débordements dans le hard et le rock à la Zeppelin, faisant penser techniquement à Judas Priest ou plus contemporain, Torche (et son excellent Harmonicraft) et Red Fang (Murder the moutains). Alors que la voix est moins typée métal et glisserait plutôt vers le rock psyché des seventies, sauf peut-être pour des morceaux plus gueulards comme Castlestorm, Hawkeye qui lorgnent carrément vers le black metal.
Le titre Day's Work, est à mon goût le plus réussi. Mélodiquement remarquable, ce morceau mid-tempo assez lourd et psychédélique renvoie à ce qu'aurait pu faire de mieux Judas Priest période Ram it Down, tout en restant pourtant très actuel. Même si on n’est pas dans la performance pure, l'émotion est à son paroxysme. A partir d'ici on sait qu'on est face à un album qui non seulement, en vaut la peine, mais qui pourrait être un (très) grand album. La suite ne nous fera pas mentir, c'est un festival de bons sons, un chant maîtrisé sans tomber dans l'imitation,une technique imparable et des mélodies triomphantes. L'album se termine sur une ballade plutôt rock qui pourrait surprendre mais complète somme toute assez bien leur goût pour l’hétéroclite.
ASG a le chic pour recoller les morceaux, car Blood Drive est un patchwork de toute l'histoire du rock dur. Assurément un album qui pourrait marquer l'histoire, même si, à notre époque la multitude limite cette capacité, j'ai envie d'y croire et puis me dire que faire date dans l'histoire de l'auditeur est déjà une sacrée belle réussite.






Brasser la merde