
chronique · 6 juillet 2013 · Weird Rock / Metal
No Sun In San Francisco
Principles And Particles
Et oui, même dans le métal, avoir un bon chanteur peut tout changer.
par Somath
Après tout, il est vrai que l'on pourrait croire qu'un mâle vyril, c'est à dire crachant assez de glaires pour que ça sonne australopithèque hors de ses gonds et possédant un bide à bière assez imposant pour faire peur sur scène, est obligatoirement à même d'occuper le poste le plus sexy de toute l'industrie musicale : le chanteur de métal. Pourtant, hormis l’exception Converge, les groupes qui ont marqué ou qui marquent les musiques violentes ont tous des chanteurs/frontmen qui vont un peu plus loin que ça : Steve Von Till pour Neurosis, Devin Townsend chez Strapping Young Lad, Chris Spencer d’Unsane, ou Tomas Hallborn pour Breach.
C’est à ce dernier que l’on pense directement aux premières vocalises de ce Principles and Particles, premier album autoproduit des petits suisses de No Sun In San Francisco. Mais, à moins d'être néophyte du post-core tellurique, tu sais bien que des gens qui essaient de plagier Hallborn, il y en a des masses, ceux qui crèvent alors l’écran, beaucoup moins. Et si je rapproche le crieur montagnard de celui de Breach, c’est par similitudes stylistiques évidentes mais surtout par cette capacité rare à amener vraiment quelque chose de plus aux chansons que de la simple puissance. Dans le cas de cet album, le chant, presque uniquement crié et seulement présent là où ça tabasse, apporte à chaque intervention une mélodie et un rythme complémentaire des instruments, ce qui le rend d'une efficacité rare et emphase simplement mais considérablement l'impact des morceaux.
Car pour le reste, No Sun In San Francisco est un groupe de post-core version Cult Of Luna un peu classique malgré un côté plus métal que la moyenne, nous rappelant un résultat proche de Breach donc, mais aussi des premiers The Ocean. Une musique classique, mais qui n’est pas anodine pour autant grâce à une section rythmique en acier et surtout de belles idées de compositions comme de surprenants mais pertinents changements de rythme et des incartades math-core vivifiantes surgissant de nulle part. On est du coup pas très loin de leurs compatriotes de Cortez, pourtant, là où le nouvel album de ces derniers, malgré ses atouts techniques certains et son jusqu'au boutisme honnête, me laisse hors du combat, celui de No Sun In San Francisco me happe complètement en sachant être à la fois profond et accrocheur.
Alors oui j’ai l’habitude de cracher sur les sous-Neurosis et ce que l'on appelle communément le post-hardcore mais, sur ce coup, il est un peu dur de ne pas retourner sa veste tant l’ensemble est efficace et prenant. On regrettera certes des guitares un peu trop stéréotypées qui mériteraient à l’avenir de prendre un peu d’acide, une imagerie grands espaces en noir et blanc de base, et un côté trop gentil malheureusement pour eux génétique et donc imperturbable. On se dira cependant que tout cela fera plaisir aux aficionados du style pendant que les autres se feront plaisir avec ces puissantes mélodies vocales vraiment au dessus du lot et des compositions léchées qui tapent dans le cœur de tout métalleux qui se respecte. Une très belle sortie indépendante de ce début d’année donc, que l’on se fait un plaisir de découvrir en ce début d’été.






Brasser la merde
5 commentaires
NilsFrahm
Le cover a certainement été inspiré par The Eraser :)
zaaaab
de la dissonance à la pelle, des changements de rythme efficace, un bol d'air frais dans le postcore et encore une fois il vient de Suisse!! au fait la voie et bien plus Kruger que Breach mais c'est pas grave j'adore les deux.
zaaaab
après renseignement, il y a vraiment un gars de Kruger et vu que le chanteur a exactement la même voix. sinon comme pour le dernier Kehlvin (un peu de HxC) ou le dernier Rorcal (un peu de black)c'est pas dur pur postcore. Ils ont rajouté de la syncope (qui donne un coté Dillinger mid tempo par moment) pas dégueulasse du tout.
somath
Tu me rassures, car j'avais cherché si il n'y avait pas de vieux briscards de la scène lausannoise là dedans vu le haut niveau de cet album mais je n'avais rien trouvé. Et si c'est le chanteur de Kruger, ça explique que le mec brille (j'avais préféré citer Breach car un peu plus parlant pour le commun des mortels). C'est sûr que leur coté math-core ralenti fait la différence musicalement, même si comme je le disais ça les amène assez près des débuts de The Ocean (avant que Robin Staps perde toute inspiration et réchauffe la même recette sans inspiration à chaque galette). Et du coup tu m'intrigues : tu apprécies le dernier Rorcal ? Perso rien ne m'a autant ennuyé et ne m'a semblé aussi vide depuis longtemps (le dernier Cult Of luna peut être :) ?) ..
zaaaab
héhé on sera jamais d'accord je crois... je trouve très bon les derniers Cult et Neurosis (mais si c'est possible)et le fait qu'ils m'aient claqué le boule au hellfest ne va que renforcer mon point de vue. Et oui le Rorcal fait fumer mes enceintes régulièrement et je trouve même que c'est leur meilleur (même mieux que leur split avec Kehlvin). Après le fait que je kiffe le black (sans etre un puriste du tout puisque je m'y suis mis avec la sortie de Ruun d'Enslaved) n'y est surement pas pour rien. Pour en revenir à No sun je suis pas sur que ce soit le chanteur mais vu qu'il a la même voix (et même dans les passages clairs) et que j'ai lu à plusieurs endroits que c'est avec un membre de Kruger sans que ce soit précisé le lequel j'en ai conclu que c'était lui. Sinon c'est grave abusé!
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