silent weapons for quiet wars

chronique · 11 janvier 2013 · Rock / Folk

Blaak Heat Shujaa

The Storm Generation

Tu ne t’es pas encore remis du premier album de Kadavar ? Moi non plus. Mais resaisis-toi fissa, parce que le deuxième arrive bientôt. Et en attendant, Blaak Heat Shujaa pourrait bien t’en recoller une du genre robuste, toujours depuis chez les sorciers au nez creux de Teepee Records

par Mattooh

Blaak Heat Shujaa (nouvel onglet), ne t’y trompe pas, est un trio français. Formé en 2008, on peut dire de lui qu’il a le cul bordé de nouilles puisque nos jeunes parisiens sont partis dès 2010 enregistrer leur premier album avec Scott Reeder (ex-bassiste de Kyuss, et subséquemment icône du groove lourd pour toute la scène stoner), directement dans le désert californien, soit là où tout a commencé. L’album (Blaak Heat Shujaa, 2010) n’était pas renversant mais montrait un savoir-faire certain. Après quelques première parties prestigieuses lors de tournées européennes (Dead Meadow, Yawning Man, Acid King, …), Blaak Heat Shujaa s’est sans doute dit qu’il était temps de faire les choses sérieusement et est parti s’installer à Los Angeles, une ville qu’on devine plus accueillante pour les chevelus de tout poil qu’Ivry-sur-Seine (par exemple). Rapproché de son mentor, BHS est reparti enregistrer dans le ranch de ce bon vieux Scotty et s’offre dans la foulée Mario Lalli (Fatson Jetson, Yawning Man) en guest de luxe.

Et bingo. En prélude à un nouvel album à paraître en avril, Blaak Heat Shujaa a sorti cet EP en décembre, histoire de mettre tout le monde au parfum : ce printemps, ça va botter des culs par rangées de 100.

Sur cet EP plus que jamais, BHS se vautre dans un groove lourd et psychédélique absolument délicieux. Pour situer l’affaire, le groupe est un peu au barycentre musical des divins tricotages de cordes de Colour Haze, de la puissance métallique gorgée de pédales d’effets de Monkey 3 ou Glowsun, et de la synthèse originelle des éléments premiers fomentée en leur temps par tout un tas de vieux groupes de hippies dégueulasses. Le sens mélodique et la maîtrise technique sont indéniables (en particulier l’impressionnant travail du batteur), mais j’insiste sur le groove qui se dégage de ces 6 titres ; on est ainsi plus proche du moelleux des productions de Brant Bjork solo que de la rugosité de Kyuss.

Là où bien des groupes usent de réflexes psychés comme d’une simple surcouche pour accoucher de disques ennuyeux, BHS imprègne réellement toute sa créativité des effets de ces drogues qu’ils doivent gober en quantités déplorables durant leurs jams de brigands. Il n’y a pas de formule, chaque compo développe ses propres idées pour des résultats majoritairement brillants.

Sur les 11mn de The Revenge Of The Feathered Pheasant, notamment, s’entremêlent effluves psychédéliques d’obédience orientale, lenteur Sabbathienne VS accélérations subites et une science du riff parfaitement obsédant.

Si les mélodies sont impeccables, l’enregistrement des voix sonne toutefois un peu léger à l’écoute de Helios ou Fusil Contra Fusil. Cela poserait problème si l’on dépeçait ce genre de disques à la recherche de timbres de voix cristallins mais, allons bon, on est entre nous, là. Repais-toi de ce rock vintage de première qualité, et ne chipote-donc pas bêtement.

Ainsi, Teepee Records (nouvel onglet) semble décidé à continuer à nous fournir en stoner vintage dégoulinant de feeling en 2013. On te tiendra au courant, panique pas.

Mattooh

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