silent weapons for quiet wars

Pochette de Délivrance

chronique · 25 novembre 2012 · Rock / Folk

Gratuit

Délivrance

Nom de zeus! Mais quelle est cette mode étrange du retour aux années 80 ? Pourquoi ? Quelle est la solution ? Quelle est la réaction ? Même l'excellent label nantais Kythibong, plutôt axé noise-rock à la française, s'y met... Putain mais keçkispasse ?

par Booboow

La nostalgie des vieilles consoles de jeux, des romans photos, le retour hype de la K7, du vinyle (bon là, c'est compréhensible), les pétitions pour le retour de Grosquick, de la cold-wave au synthé cheap qui fait bouger les mèches noires maintenant grisonnantes, les bus conduits par Emile Louis chargés de chanteurs has-been qui remplissent les Zénith, les "c'était mieux avant" omniprésents, envahissent notre quotidien.

Nouvelle preuve avec cet album de Gratuit (nouvel onglet), projet solo d'Antoine Bélanger, ancien Belone Quartet, qui annonce sur Mes lumières, mes veines : "Je veux retourner à la source, sans perdre mes traces". Oui mais si la source était tarie ? Si les traces étaient celles de pneu au fond du slip kangourou de Nicolas Sirkis? Et si Dave Gahan avait pris un malin plaisir à juter dans la source ? Certains d’entre vous me rétorqueront : Si n'existe pas... Soit.

Il n'empêche que Délivrance prend quasiment le moins pire des maudites années 80. Au contraire de Lescop qui est parti chercher du côté anglo-saxon de la new-wave pour tenter infructueusement de la remettre aux goûts du jour, Gratuit prend le parti de faire sa soupe au caillou dans une bonne grosse marmite française. Une vieille boîte à rythme envoie des beats estropiés, les synthés balancent des nappes dignes de 'Temps X'. Le chant désabusé d'Antoine peut faire penser à Daniel Darc du temps de Taxi Girl. Ce n'est pas vraiment du chant, ce n'est pas vraiment parlé non plus... un peu comme les Inconnus parodiant Indochine ou Dominique A à qui Antoine a piqué l'ex, Françoiz Breut, le temps d'un duo pour lequel on reste dans le poncif new-wave : la vie ça craint, j'aime me faire du mal, et le sexe moite et torve, bien entendu. A tel point qu'on se demande si c'est du pastiche sur Tout Casser : "Ca sert à quoi de tout péter quand tout était déjà cassé ? A RIEN, A RIEN, A RIEN". Le tout avec un songwriting simple, direct et déglingué s'il vous plaît. Sur Feu on reconnait l'influence Kraftwerk et on a même droit à une montée très Eurodance sur L'odeur de la chair. Autre duo sur Territoires avec Julia Lanoë (Mansfield TYA) qui reste une des réussites de l'album. Très certainement grâce à la voix plus chantée et susurrée de Julia qui apporte sa patte pop bricolée mélancolique au morceau. Il y a bien entendu un côté kitsch assumé aux ritournelles attachantes de Gratuit mais c'est trop tard, elles ne nous délivreront pas du mal.

Les fans des médiatisés Tristesse Contemporaine ou Lescop apprécieront... s'ils arrivent à faire abstraction du côté plus obscur et moins hype de leurs petits protégés. Les autres, fans des productions de Kythibong (nouvel onglet) influencées par le noise rock des années 90, se verront propulsés encore plus loin vers un passé moins glorieux, c'est sûr, mais pas forcément moins intéressant.

Booboow

Brasser la merde

4 commentaires

  1. Georges White

    C'est pathétique.

  2. Kyklops Karsten

    Le ravage de la mauvaise drogue.

  3. JK

    Sérieusement, c'est complètement ridicule... Je rappel tout de même que la cold-wave c'est une suite indirect du punk, ou un travers du post-punk. Joy Division, Siouxsie and the Banshees ou encore Bowie période Brian Eno etc. ça c'est de la cold-wave.

    Là... c'est juste de la mauvaise new-wave, ça surf vaguement sur la vague "emo" déjà quasiment disparu.

  4. SEN

    Quel horreur !

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