silent weapons for quiet wars

Pochette de At the Down-Turned Jagged Rim of the Sky

chronique · 12 janvier 2013 · Rock / Folk

Jessica Bailiff

At the Down-Turned Jagged Rim of the Sky

On nous bassine avec la witch-house d'infâmes gotho-pouffes (qui ne valent pas la peine d'être citées) qui, sous prétexte de torcher des titres aux ambiances soi-disant glauques sur lesquels on peut danser au clair de lune, se prennent pour des sorcières. Débarrassons-nous en promptement d'un coup de balai. Une vraie sorcière, en veux-tu? En voilà.

par Booboow

Jessica Baillif (nouvel onglet), compagne de Matt Sweet (plus connu sous l'alias Boduf Songs, chantre d'une folk sépulcrale) n'est pas née du dernier sabbat. 6ème album de la belle promise au bûcher, At the Down-turned jagged rim of the sky vous jetera plus d'un sort, surtout si vous êtes familier des artistes signés sur le fameux label chicagoan Kranky (nouvel onglet) (GY!BE, Low, Boduf Songs, Lichens entre autres). Cet album reste dans leur ligne directrice en proposant une folk ensorcelante dont les ingrédients seraient quelques gouttes de Kevin Shields (Take me to the sun), de la bave d'Alan Sparhawk (faut-il rappeler qu'il a épaulé la douce à ses débuts), un bourdon de la taille d'un dé à coudre (Goodnight), et un peu de sucre en poudre... Cachée dans les fourrés depuis de nombreux cycles lunaires durant lesquels elle peaufine sa nouvelle potion, elle sort, sans crier gare, de sa forêt lointaine avec, sous le bras, de nouvelles compositions chargées en belladone, mandragore et ergot de seigle. Il est utile de préciser qu'au mix on retrouve Odd Nosdam (Anticon), collaborateur de longue date, à qui elle a souvent prêté sa voix. Mais on sent que c'est sa dernière collaboration, qui sent bien plus le souffre, avec le drôneux briton Syrinx (nouvel onglet) qui l'a influencée pour ce nouvel album.

Après 5 albums entre folk étherée et slowcore Jessica doomise ses compositions folk éthérées à l'instar de la ténébreuse Chelsea Wolfe.

Cela se traduit par des rythmiques lentes et feutrées jouées aux balais (Take me to the sun), des nappes de synthés poisseuses toutes droites sorties de films d'horreur des 70's (This is real), des guitares pleines de delay, de fuzz et parées d'une lourdeur nouvelle, ou un piano sous perfusion narcotique (Goodnight).

La voix quant à elle se fait tour à tour cotonneuse, fantômatique, envoûtante et nous susure d'obscures incantations.

ATDTJROTS est une vraie sucrerie empoisonnée, comme une pomme d'amour dégoulinant de cigüe. On passe aisément du sacré au profane (Sanguine), de la douceur d'un agneau de lait au goût ferreux de sang de vierge tout juste sacrifiée (This is real), de chants petits grégoriens à une ambiance médiévalo-inquisitrice (If you say it), d'un ardent brasier (Slowly) à un éclat lumineux final dans les ténèbres (Firefly).

Un retour solo discret pour quelques rites occultes sucrés et autres drône-berceuses païennes, quoi de mieux pour s'embrumer l'esprit ?

Booboow

Brasser la merde

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