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Pochette de Free Reign

chronique · 1 décembre 2012 · Rock / Folk

Clinic

Free Reign

Clinic a toujours sorti de bons albums, dans son coin. Patiemment, une reconnaissance critique certaine s’est établie, mais sans jamais déchainer les indie-foules sentimentales. Finalement bien dans l’air du temps musicalement, Clinic devrait casser la baraque. Clinic ne casse pas la baraque. Tu sais pourquoi, toi ?

par Mattooh

Mine de rien, nos liverpooliens publient aujourd’hui leur 7ème album. C’est un joli chiffre, d’autant que ce Free Reign est excellent, comme la plupart de ses prédécesseurs. Un discret retour en forme en fait, car après un petit coup de mou sur son précédent album (Bubblegum, 2010), Clinic (nouvel onglet) atteint ici un degré de raffinement inédit. Le groupe épure sa pop complexe, se repose sur de simples nappes de claviers, des boites à rythme rudimentaires et quelques feulements de cuivre. Quitte à mettre les guitares anguleuses au chômage technique, un marqueur pourtant important de leur son.

Quitte aussi a délaisser la tension et l’immédiateté des tubes de Winchester Cathedral (2004) - ce qui est de toute façon le cas depuis quelque temps. Un parti pris qui les emmène sur des paysages sonores plus arides évoquant Can, Suicide, Spiritualized et tout un tas de groupes de chevelus en chemises flottantes et au regard halluciné qui ne dupe personne. Ces longues plages patientes touchent parfois au sublime, comme sur Cosmic Radiation où, sur un format presque trop concis, un petit squelette kraut-surf s’épaissit puis quitte le sol dans des vapeurs louches et des échos suspects.

Sur ses premiers albums, Clinic maitrisait l’art d’affoler une pop angoissée entre deux guitares aiguisées. Mais si Seamless Boogie Woogie prouve qu’ils savent toujours trousser des mélodies caoutchouteuses un brin obsédantes, on découvre aujourd’hui que le dépouillement poussé à l’extrême leur va aussi très bien. Comme sur les conclusifs You et Sun & The Moon, qu’on imagine éclore en apocalypse noisy sur scène mais qui fonctionnent aussi sur disque. Tout en retenue, l’introductive Misty ressemble également à un bon point de départ pour un grand crescendo kraut live, avec quelques crises d’épilepsie en dommage collatéral.

Free Reign élargit encore le CV de Clinic, avec un savoir-faire qui force l’admiration même si certaines plages tournent quelque peu en roue libre. Une ou deux giclées de nerf ça et là n’auraient pas fait de mal non plus, histoire de ne pas laisser Seesaw plantée là, toute seule. Mais ce n’est pas l’objectif cette fois-ci, et les gars de Clinic savent ce qu’ils font. Le sais-tu, lecteur ? Pour une fois que Domino ne sort pas un album insignifiant d’insupportables barbus déambulant sans chaussettes, profites-en.

Mattooh

Brasser la merde

2 commentaires

  1. Julien_LL

    Clinic ne casse pas la baraque, c'est même le contraire, ils sombrent petit à petit dans l'indifférence la plus totale. Dommage, comme tu dis, c'est un excellent groupe. Et c'est peut-être leur meilleur album. J'en attendais pas tant après un Bubblegum vraiment pauvre.

  2. WS

    Je découvre le groupe avec cet album et j'accroche bien. Je le rapproche du dernier Beak, qui lui aussi sait être hypnotique et psychédélique sans sonner 70's.

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

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