
Cloud Nothings (nouvel onglet) ressusciterait la power-pop braillarde, dit-on, celle avec des guitares bien baveuses. Il est vrai que Attack On Memory (2012), son précédent et troisième disque, était rempli de compos efficaces, immédiatement mémorisables et rappelant en cela Hüsker Dü, les Replacements, Baby Chaos ou, tiens, Nirvana. Des boutonneux qui nous rejouent le début des années 90 avec un certain brio, alors qu’ils étaient à peine nés à la sortie de Nevermind.
Deux ans plus tard, Here And Nowhere Else déboule avec ses 8 titres, et on se dit qu’avec un si petit ballotin de nouveautés, il a intérêt à taper fort du début à la fin. Les premières écoutes déçoivent pourtant franchement, les compositions ayant tendance à filer droit, sans s’attarder ni charmer. On avait pu s’en apercevoir en live, ces sales jeunes ont le pied de plus en plus lourd sur l’accélérateur et le mastermind Dylan Baldi semble complètement obsédé par la tension et l’électricité, bradant ses mélodies contre le premier larsen venu.
Mais la tension et l’électricité, c’est vachement bien ça, nan ? On est depuis quelques années tellement cernés par une génération entière de mous, barbes soyeuses, mocassins aux pieds et synthés en bandoulière dans ce qu’on n’ose à peine encore appeler le rock indé, qu’une bande de gamins affublés de vilaines faces, de sweats à capuche et affairés à faire le plus de boucan possible sans rien intellectualiser a plutôt la gueule d’une bonne nouvelle.
D’autant que les écoutes répétées finissent par dévoiler le potentiel du disque, monolithique mais bien composé et finalement plutôt accrocheur. Des tubes, faciles : Now Here In, Quieter Today, Giving Into Seeing (qui envoie le bois comme jamais), Pattern Walks. Un peu toujours la même chanson, mais qu’importe. Plus vraiment de pop-songs à guitares maigrelettes, mais la tête dans le guidon du début à la fin, et ENFIN un batteur qui pilonne bien jusqu’au fond du tympan. Sur la tournée estivale de 2012, la faiblesse de sa frappe frustrait et peinait à soutenir les étincelles des trois autres. Alors si tu me lis, batteur, sache que pour cet été on attendra de toi ce qu’on attend de n’importe quel batteur : que tu cognes comme une brute, et que tu fermes bien ta gueule.
Here And Nowhere Else est un disque à ne pas écouter au casque, mais bien fort sans trop en attendre ni y chercher connement les nouveaux Sonic Youth, Hüsker Dü, ou Pixies (encore que n’importe quel nouveau modèle de Pixies remplacerait avantageusement l’actuel, HA-NAH-HEM). Depuis la capitulation artistique des Foo Fighters, le petit peuple à capuche et excès de sébum n’a plus beaucoup l’occasion d’apprécier l’ancestral art de gueuler de bonnes mélodies sur des power chords et des batteries de plomb. Alors autant apprécier ce disque pour ce qu’il est, sans trop penser au fait que Cloud Nothings pourrait quand même faire mieux.






Brasser la merde
3 commentaires
Ehoarn
La chronique est meilleure que la musique, ça craint.
GrégoTronc
yep je les ai vu gromanche dernier et ça frappait sa grand-mère. ça joue vite et fort. et bien. j'aime. et encore une chronique au top. comme d'hab.
Georges White
Si on commence à cracher là dessus c'est ça qui craint. L'album est certes en dessous du précédent, plus rectiligne, mais toujours avec cette même verve salutaire qu'on aimerait tellement entendre dans bon nombre de groupes du même lot (genre No age).
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