
chronique · 25 avril 2014 · Rock / Folk
We Insist!
We Insist!
Franchement, des fois, tu me désespères. Tu es là, assis sur ton cul flasque, à te demander si le nouveau Liars est pire que le Pixies quand We Insist! sort des disques fantastiques que tu n’écoutes plus, et joue devant 30 personnes dans ta ville pourrie alors que tu te paies des weekends au Pitchfork Festival ; laisse-moi te dire que tu es un trou du cul.
par Mattooh
We Insist! (nouvel onglet) nous a habitué au grand luxe. Si The Babel Inside Was Terrible (2009) était un ton en-dessous (un peu bâclé, en fait), les échos des excellents Crude (2004) et surtout Oh ! Things Are So Corruptible (2007) résonnent encore au fond de ton crâne d’œuf, te berçant de la vigoureuse nostalgie du temps où tu pétais dans la soie. Mais alors que tu les avais oubliés, te passionnant pour des choses moins passionnantes, sache que ce nouveau disque des parisiens, désormais réduits à un trio de quadragénaires (mais regonflés bien comme il faut), est tout simplement leur meilleur. Après une cure d'amaigrissement, We Insist! décrète la fin de l'austérité, et te ramène même la croissance!
Trois pelés et un fondu. (photo Pierre Acobas)
Exit Julien Divisia (guitares) et Cyrille Méchin (saxo), le groupe se contente aujourd’hui de son propre noyau pour faire mûrir les fruits juteux de son rock bruyant, mélodique et fantasque. De cascades de riffs en déluges de toms, We Insist! avait rarement sonné si véhément que sur Folding Iron, Black Post White Ghost ou Grinding Down The Pole (banjo !). Les instrumentations deviennent donc plus directes mais l’écriture reste toujours aussi sinueuse, évoquant plus que jamais 31 Knots dans l’aisance à superposer des plans contraires, toujours portés par des riffs et mélodies complètement obsédants (My Friend’s Lonely Mate et ses nids de poule math-rock, ou la magnifique Elijah’s Spell). J’y entends aussi du These Arms Are Snakes quand les sonorités se corsent, et même un peu de Primus quand la basse croise le fer avec la guitare ; mais mollo, je sais bien qu’en 2014 on peut difficilement approcher le sujet du slap et du power-trio un peu technique si on veut être pris au sérieux.
Peu importe en fait les racines de cette musique, ou les fins limiers qu’elle nous évoque ; We Insist! prouve ici en 10 titres toute la pertinence de sa volonté de continuer quand les autres renoncent, en réinventant le groupe au gré des aléas de la vie de chacun. Après s’être fait un peu oublier, We Insist! sonne ici plus vigoureux et inspiré que jamais, et ça vaut aussi pour la scène (nouvel onglet).






Brasser la merde
3 commentaires
Georges White
Ils sont passés à Audin, incroyable !!
arielexelgel
ca me fait penser a un tool mais le chanteur il a une voix a se mettre des baguette de batterie dans le fion
Mattooh
Tu dis ça parce que t'as jamais essayé ; les deux sont en réalité très agréables.
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