
chronique · 20 mai 2014 · Rock / Folk
Mars Red Sky
Stranded In Arcadia
Toi-même tu sais, le stoner peut devenir pénible, ces derniers temps. Heureusement, face à la prolifération de clones peu inspirés et d’albums interchangeables, certains irréductibles creusent leur propre sillon comme des braves ; Mars Red Sky fait partie de cette élite des justes.
par Mattooh
Le truc en plus de Mars Red Sky (nouvel onglet), en fait, c’est un homme : guitariste et chanteur du trio, Julien Pras est un vrai compositeur, et ça fait toute la différence. Cette délicate sensibilité pop qui rendait les disques de Calc et Shady Hollow Circus si attachants, on la retrouve chez Mars Red Sky superposée à un socle instrumental doom psychédélique pour un deux en un absolument imparable. C’est cet alliage précieux qui a mené si rapidement notre trio bordelais à se produire dans à peu près tous les sanctuaires modernes de ce qu’on appellera hâtivement la scène stoner : Roadburn, Duna Jam ou Desert Fests, Mars Red Sky a déjà rayé tout ça de sa to do list. Premières parties de Dinosaur Jr, Dead Meadow, Shannon Wright ou Sleep ? Ouais, c’est fait aussi.
Tout le monde peut sonner heavy aujourd’hui, mais tout le monde ne peut pas écrire d’aussi bons titres que ceux de Mars Red Sky. Rends-toi compte, Mars Red Sky, c’est un peu l’incarnation de tes fantasmes musicaux les plus humides : Elliott Smith qui se serait payé Sleep en backing band. Si c’est exagéré ? Evidemment, mais je sais bien comme il est difficile de capter ton attention, alors laissons le sens de la mesure aux faibles et aux blogs de rock indé.
Depuis 2011 et un excellent premier album éponyme, le son de Mars Red Sky s’est enrichi, encore alourdi, psychédélisé aussi. Stranded In Arcadia est de ces disques qui ne happent pas dès la première écoute, mais donnent très souvent envie d’y revenir pour rapidement ne plus pouvoir s’en passer. L’EP Be My Guide (nouvel onglet), publié l’an dernier, amorçait une diversification des compositions dont le meilleur exemple est sans aucun doute Holy Mountains (encore une référence à Sleep ? rappelons que le groupe tire déjà son nom de la séminale Dragonaut (nouvel onglet)). Ce titre, sur lequel le bassiste Jimmy Kinast embarque le refrain dans un étonnant trip un peu 80’s à deux voix, m’a clairement crispé à la découverte ; au fil des écoutes, il se révèle pourtant être un opportun pivot vers un champ de sonorités nouveau pour le groupe. Le reste du disque s’inscrit plus dans la continuité de Be My Guide, dont on retrouve d’ailleurs Seen A Ghost (nouvel onglet) avec plaisir.
Stranded In Arcadia est un progrès par rapport au premier album, parce qu’il est fait mieux dans tous les domaines : le sens du riff s’est affûté, les compositions sont plus fouillées, le son est plus gras et plus balèze, et les rythmiques sont devenues délicieusement pachydermiques – merci à Matt Gaz pour ça, énorme batteur issu de la filière de Jarnac, le Seattle des Charentes. Surtout, on sent que le travail de composition est aujourd’hui un effort collectif si bien que lourdeur, psychédélisme et mélodies pop fusionnent plus brillament encore que sur le premier album – qui fut lui essentiellement composé par Julien Pras.
Enregistré au Brésil au pied levé (la faute à une session studio et une mini-tournée californiennes abandonnées pour de sordides histoires douanières), Stranded In Arcadia est une très belle confirmation studio pour Mars Red Sky. Pour ce qui est du live, ça se passe plutôt pas mal aussi et les occasions d’aller vérifier ça ne manquent pas (nouvel onglet) ; retiens en particulier la prochaine édition du Hellfest, si t’es du genre matinal.






Brasser la merde
1 commentaire
arielexelgel
j'ai bien aimé le morceau Arcadia avec le clip, je me disais voila les effets l'opium sans l'addiction. Content de trouver un groupe de stoner qui pourrait me refaire voyager parce que depuis Electric Moon dont je me suis vite lassé malgré un haut vol plané, c'est un vide pour moi dans ce domaine musicale. Malheureusement ce n'est pas ca du tout et au lieu d'un nuage d'ether c'est un caisse clair qui me matraque le cerveau et j'en passe et des meilleurs sur le chant. Ah oui si en Stoner y Oro: Opus Alter de Ufommamut qui m'a bien secoué pendant qu'ils m'hypnotisaient
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