silent weapons for quiet wars

Pochette de Everlasting Sunday

chronique · 9 décembre 2013 · Techno / House

Cuthead

Everlasting Sunday

par B2B

Everlasting Sunday est une petite bombe de bonne humeur contagieuse, une leçon de coolitude groovy. L’allemand Cuthead (nouvel onglet) est à l’origine de ces 30 minutes passant d’une house euphorisante à un hip-hop instrumental joyeusement enfumé. Et le voir opérer un tel grand écart n’est pas surprenant quand on connaît le pedigree du bonhomme puisqu’il est derrière le crew Kunst:stoff Breakz (nouvel onglet), bande d’agitateurs des nuits de Dresde, mélangeant copieusement hip-hop, dub, IDM et house. Cette bande d’anarchistes auditifs a beau être moins présente sur les internets depuis quelques temps, sa tête pensante, Robert Arnold (aka Cuthead), n’a pas pour autant baissé les bras, optant de plus en plus pour une utilisation décomplexée des machines.

Everlasting Sunday est officiellement un EP, mais un EP de 9 titres pour 30 minutes ! L’objet vinyle se décompose en deux phases : une face house de 3 titres pour une face hip-hop de 6 titres. Et ça se tire la bourre de chaque côté pour nous faire garder le sourire tout du long. C’est bien simple, Everlasting Sunday est un des disques les plus cool de l’année, rien que ça.

La face house rappelle Four Tet et la scène UK-house actuelle (Leon Vynehall en tête) avec des motifs transpirant la bonne humeur et le soleil. Maputo Jam repose sur quelques notes de claviers et cela suffit pour entrainer les mouvements du bassin. Idem avec l’hypnotique Minerals et la petite bombe disco-house synthétique Nautic Walking. Pour provoquer l’euphorie, rien de mieux qu’un beat fat au groove moite. Ça fonctionne à tous les coups et on a beau connaître la chanson, on se fait avoir avec plaisir non dissimulé.

La face hip-hop déploie avec nonchalance ses 6 titres. Cette fois-ci, on pense davantage au savoir-faire de Madlib, notamment dans cette façon d’assumer pleinement le stéréotype soul californien, en particulier sur Hold On. Les samples vocaux côtoient quelques scratchs épars et même l’incartade 8-bit de Calculator Watch arrive à s’incruster avec modestie dans cet enjoué bordel en fuyant l’outrance. Cuthead évite le piège de la naïveté et de la nostalgie. Ici, point de schémas prévisibles et de complaisance, mais seulement une sincère coolitude.

Que ces 30 minutes sont trop courtes ! On aurait largement aimé pouvoir doubler la mise. C’est qu’avec une telle déflagration de bonne humeur, on ne pouvait que rester sur notre faim. Cet Everlasting Sunday de Cuthead est un modèle d’optimisme contagieux.

B2B

Brasser la merde

4 commentaires

  1. laputaindsamère

    Excellent, je l'avais perdu depuis City Slicker du coup c'est cool. Un track house en plus n'aurait pas été de refus, Minerals et son "intro" digne des plus grands morceaux de Moomin youhou.

  2. PIe-re

    mais que c'est bon ! et il est vrai qu'il donne le sourire ce disque. Il aurait été parfait pour accompagner l'été et cette petite basse toute en rondeur sur maputo jam....

  3. Chesh

    Grosse tuerie !

  4. Barnabé

    "[...] n'a pas pour autant baissé les bras" mais ça va c'est pardonné je suis effectivement de bonne humeur, il va devenir cadeau de Noël cet album!

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

    pas de compte : ton pseudo est protégé par un ticket que ton navigateur garde pour toi.

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