silent weapons for quiet wars

Pochette de Ophidian

chronique · 29 novembre 2013 · Techno / House

Arcing Seas

Ophidian

« C'est bien ici que les naufrageurs devaient attirer les vaisseaux perdus, en attachant aux cornes d'une vache, dont la patte était entravée pour qu'elle boitât, la lanterne trompeuse qui simulait un autre navire. » Guy de Maupassant

par Feldspath

Le Cheval d’Ecume galope sur les mers du nord et arbore fièrement son statut de gardien des côtes. Epoux vertueux des falaises de granit, il guide et accompagne les goélettes face aux bourrasques, et brise de son museau chaque ressac voulant porter atteinte aux passagers qu’il défend. La vue des côtes, apaise et console chaque timonier qui s’est vu délaisser femmes et enfants dans l’espoir de revenir un jour, les casiers pleins et ne plus jamais repartir. Ces héros des flots sinon solitaires et âmes en peine, irritent ceux restés à terre, ceux-ci même qui n’ont jamais trouvé le courage d’affronter l’Océan et ses secrets, jalousant ainsi les plus téméraires.

Comment ramener trésors et légendes à raconter lorsque l’on se laisse rêver à une vie de corsaire en regardant les rouleaux se casser sur un sable ensevelissant bien des non-dits, qui avivent sombres pensées et pèsent dans le quotidien de ces terriens. Ils se confient à l’Océan, lui parle, lui exposent et argumentent leurs problèmes, leurs futurs agissements même si celui-ci ne leur répond que très rarement dans des râles assourdissant, témoignant de son mécontentement. Ou bien à l’inverse, dans un élan de bonté, celui-ci leur offre victuailles et présents lorsqu’ils ne provoquent pas sa colère. L’Océan les rassure, leur laisse le sentiment qu’une présence bienveillante les préserve et même lorsqu’ils s’en éloignent, l’Océan s’arrange toujours pour les bercer au gré du vent, son plus fidèle compère.

8 janvier 1749 – L’Amsterdam, bateau marchand de la Vereenigde Oostindische Compagnie s’échoue sur la côte maritime anglaise de Hastings, 203 hommes parmi lesquels un contingent de soldats et quelques passagers. Une aubaine pour cette horde de pilleurs dirigée par James Shaw, ce seul quidam que l’on nomme Sigha. D’après les dires, chaque pillage était signé des lettres OCS, creusées au couteau sur la coque de la chaloupe naufragée. Une signature apposée dans le but de dissuader les quelques vautours à la recherche d’éventuels restes du drame. Our Circula Sound et son leader Sigha viennent d’exécuter leur huitième déprédation dévalisant ainsi des cales suffoquant de liqueurs racées et raffinées. Cette rapinerie portera le nom d’Ophidian en souvenir aux orphelins d’Arcing Seas.

Arcing Seas joue ici les ravisseurs et vous séquestre dès les premières nuances grâce un climat brumeux capitonné de mélopées soviétiques, rêches et granuleuses. Cette déferlante d’animosité persiste tout au long de ces trois compositions convulsives qui vous dominent en extrayant votre énergie physique et mentale jusqu’à présenter les premiers symptômes du syndrome de Stockholm. Ophidian, track homonyme, s’apparenterait à un régiment de vagues scélérates dominant de toute leur hauteur votre barque chétive, hagarde face à la situation à laquelle les courants océaniques l’ont mené. Maigre espoir, la nature se dresse et façonne ses remparts, la forteresse est imprenable, inutile de s’escrimer.

Our Circula Sound, label muraille, hermétique aux tendances, bâtisseur de mélodies déstructurées, nous offre avec Arcing Seas, un contenu plus porteur, voire plus accessible, ouvrant les portes des clubs crasseux du Grand Londres. Ces clubs où la sueur perle au plafond et où ses occupants s’asphyxient en ingurgitant des corps étrangers dans le but de casser les blets qui les encerclent et ainsi exulter à chacune des variations qui viennent heurter leurs tympans, telles des cloches livrées à elles-mêmes, au cœur d’une cathédrale osseuse. Sigha nous a jusqu’à présent délivré 8 formats OCS s’aidant, de temps à autre, de son compatriote Guy Brewer plus connu sous le nom de Shifted, avec qui, il a réussi à élaborer un univers absent de lumière, ne laissant aucun échappatoire à l’auditeur dans des boucles titanesques toujours plus industrielles et métalliques. On apprécie ou non, les deux acolytes ont su porter Londres sous une seule et même bannière, au détriment d’autres, qui n’ont pu suivre le rythme stakhanoviste imposé.

Toujours est-il qu’il est ardu de ne pas parler de Sigha à chacune des sorties OCS tellement sa patte est omniprésente dans les compositions de ses poulains. Je ne sais pas si travailler avec un tel despote s’avère être une expérience agréable, toujours est-il que le résultat en est d’autant plus fin.

Un homme de l’ombre, qui ne l’est plus tant que ça.

Feldspath

Brasser la merde

4 commentaires

  1. Dam's

    Ca devient vraiment une mauvaise caricature de poèmes en prose de licenciés de lettres certaines chroniques ces temps-ci. Je comprends que vous y mettiez du vôtre mais je vois surtout un décalage opaque et une mise à distance glaciale du texte par rapport à l'objet critiqué. Un peu moins d'afféteries, davantage de simplicité, moins de cervelle et plus de coeur ne nuiront pas à la musique et encore moins à son partage, au contraire.

    (putain mais l'intérêt de Maupassant, de sa vache et de son subjonctif imparfait, je cherche encore)

  2. bgum

    ouais nul la chronique tu t'es pris pour molière avec tes métaphores des merde?

  3. bgum

    de

  4. Plexiglas

    Certes le texte est pompeux mais les commentaires semblent être l'œuvre de vrais aigris !? Sinon cet album, il vous intéresse ?

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

    pas de compte : ton pseudo est protégé par un ticket que ton navigateur garde pour toi.

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