
Parce que Damiano von Erckert (nouvel onglet) n’en peut plus de l’image lisse entourant la scène électro de Cologne (Kompakt and co) et que, pour lui, la house-music c’est avant tout une histoire de cul et de sueur, il lui était impossible de garder le silence. Et maintenant qu’il a décidé de l’ouvrir (nouvel onglet), autant balancer la purée.
L’Allemand sort ainsi son deuxième album de l’année. En janvier, il avait déjà fait sensation avec son compère Tito Wun via Mr. Pink, What Have You Been Smokin’ ?, ode à une house soulful et disco, sorti sur son propre label, ava.. Le voilà déjà de retour avec son premier véritable album solo, Love Based Music.
Les intentions sont les mêmes mais le résultat est désormais brillant de bout en bout. Les albums de house qui foutent le sourire de la première à la dernière note sont rares, trop rares. Celui-ci en fait partie car Damiano von Erckert semble n’avoir qu’une seule intention : vous faire danser non-stop en vous collant un smile indélébile.
Pont parfait entre les scènes house de Detroit et Chicago, l’album déroule ses tracks avec une décontraction contagieuse. Chaque morceau creuse un sillon particulier, passant d’une funk-house euphorisante, No Good Times, à un disco-house chantée, Hollywood (feat. Georgia Anne Muldrow), ou un hip-hop-soul samplé, Sweet and Kind. Le tout avec une maitrise affolante et une liberté totale. Les morceaux ne cherchent jamais à vous en foutre plein la gueule mais seulement à vous rappeler que la house-music vient avant tout de la rue et de la culture black. Ça transpire donc le cul et la procrastination, le tout dans un même élan.
Et comme avec toute bonne galette de house old-school, le grain est présent et le son cradingue. C’est que Damiano soigne ses références, allant de Theo Parrish, pour l’énergie soul, à Omar-S, pour l’aspect analogique et les ritournelles tenant sur trois notes. Le moindre morceau est ainsi un cocktail survitaminé entêtant. On regrettera pourtant la durée réduite de l’album : 40 minutes pour 8 titres (je zappe le remix de branleur de Motor City Drum Ensemble). Cela est bien trop court pour ce genre de galette n’hésitant pas, habituellement, à gonfler les tracks pour prolonger le plaisir. Et même si tout va trop vite et que l’on aimerait que le plaisir dure plus longtemps, l’allemand trouve le temps de nous pondre une tuerie de 10 minutes : Adhab Ya Msafiri, dont l’intro lancinante, susurrée par la voix d’Imam Ally Salaam, se transforme en afro-house affolante de classe et de nonchalance.
Damiano von Erckert signe un album de house soulful absolument parfait dont l’aspect old-school ne prend jamais l’ascendant sur le plaisir primaire que peut procurer le groove. C’est bien là l’essentiel : maintenir l’euphorie de la première à la dernière seconde. Love Based Music sera votre antidépresseur pour la fin de l’année.






Brasser la merde
5 commentaires
Georges White
Fornication tu voulais peut être dire ? (au lieu de procrastination, ce mot qui nous colle à la peau).
Saké
Black = cul et procrastination ! Ah beh bravo ! (En même temps si c'est vrai, ça ne leur est pas réservé). Personne n'a le monopole des bonnes choses !
Gregor Hesse
"La house-music vient avant tout de la rue et de la culture black. Ça transpire DONC le cul et la procrastination, le tout dans un même élan. " argh, dur dur la tournure de phrase là. Sinon chouette chronique, ça donne envie d'écouter
B2B
Quand j'écris une chronique, je coupe et découpe, recoupe et rajoute. Il en résulte parfois des tournures/liens qui ne font plus sens. C'est ça aussi de ne pas être journaliste et ne pas avoir de relecture avant publication (si ce n'est par moi-même). Mea culpa.
mathieu
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