
chronique · 28 octobre 2013 · Techno / House
Daniel Avery
Drone Logic
Celui-là, on l’a vu venir de loin. Comme quoi, l’explosion d’un DJ est une science prévisible.
par B2B
Il y a un an, l’anglais Daniel Avery (nouvel onglet) sortait coup sur coup deux EP et un mix pour la série des Fabric. Tout le monde (nous compris) y a vu un producteur au potentiel redoutable, un mec capable de transformer n’importe quel dancefloor en zone d’émeute. Car la techno de Daniel Avery se résume à faire du neuf avec du vieux en recyclant les bonnes vieilles lignes acides sur un beat bien gras, le tout en gardant continuellement une énergie rock aussi primaire que salvatrice (oui, cela rappelle bien entendu les Chemical Brothers). Il y avait tout pour frôler l’indigestion et pourtant, le plaisir est total. De Drone Logic (nouvel onglet) à Water Jump (nouvel onglet) en passant par Naive Reception (nouvel onglet), force est de constater que le mec sait y faire, réussissant à savamment doser chaque piste pour ne pas tomber dans la vulgarité facile. Daniel Avery tabasse fort mais avec suffisamment d’intelligence pour plaire à tout le monde. D’ailleurs, le public ne s’y est pas trompé et l’anglais est désormais devenu la star en devenir.
Drone Logic, son premier album est un des plus attendu de l’année. Cependant, la déception est grande et le plaisir quasi-coupable des premiers titres ravageurs fait place à un album trop long, trop chiant et manquant cruellement d’idées. Le côté vulgaire prend l’ascendant sur l’efficacité et on finit par se retrouver avec un LP taillé pour les concours de tuning du dimanche matin.
En fait, le principal souci vient du fait que les meilleurs titres figurant sur Drone Logic sont ceux déjà sorti sur EP l’an dernier. Pour ces tracks là, rien à redire ; le rouleau-compresseur fonctionne à plein régime et les lignes acides côtoient toujours l’énergie rock primaire. Pour le reste, on frôle la catastrophe à base de longs titres insipides, occupant malheureusement plus de la moitié d’un album déjà interminable (70 minutes). Free Floating, These Nights Never End ou All I Need, en plus d’avoir des titres de merde, sont redondants et sans saveurs, puisant continuellement dans les mêmes gimmicks éculés, dosant maladroitement frontalité et simplicité. Et autant ça fonctionne avec les titres précédemment sortis, autant là, on s’emmerde sec. La faute à un son toujours propre sur lui et une tendance à trop vouloir rester accessible au plus grand nombre.
Daniel Avery se fait prendre à son propre jeu. On sentait bien que sa techno outrancière possédait ce je-ne-sais-quoi lui permettant d’être accepté et adoubé par tous, même les plus aigris, or, sur la longueur, ça ne prend pas. Les épopées passées font place à des tracks formatés. Le dernier quart de Drone Logic abonde dans ce sens puisque Daniel Avery nous sort 3 titres house vaguement émotionnels mais surtout outrageusement ridicules tant dans leurs constructions prévisibles que dans leurs sonorités anesthésiantes.
On aurait aimé pouvoir faire de Drone Logic un album fédérateur, un plaisir accessible pour le plus grand nombre mais on devra se contenter des miettes déjà consommées.






Brasser la merde
6 commentaires
LL COOL J
« On sentait bien que sa techno outrancière possédait ce je-ne-sais-quoi lui permettant d’être accepté et adoubé par tous, même les plus aigris... » Apparemment, votre aigreur est justement indépassable...
Ce disque a une total continuité et une grande cohérence. C'est une parfaite idiotie de comprendre et d'aimer les tracks des anciens maxi, mais de chier sur les nouveaux morceaux, tellement le tout est finalement assez similaire et suit la même formule. C'est justement quand il nous sent fatigué, que le petit Avery change de comportement sur la fin du disque, avec un final beaucoup plus doux sur les trois derniers morceaux. Je peux limite comprendre que la longueur du disque embête (et encore, maintenant dès que ça dépasse les 40 minutes, on hurle...) mais la cohérence du tout, elle est quand même là pour moi. Je sais que vous devez entendre ça à longueur de journée et que je contribue largement à votre « brassage de merde » mais un peu d'honnêteté quoi. OK, tu n'as pas aimé le disque parce que tu l'as trouvé chiant, mais arrête tes conneries sur le formatage, le mainstream ou sur son pseudo statut de DJ-star... Car on s'en contre-fout pas mal.
m-salami
C'est pas un artiste à album, c'est tout !
schlounga
il est pas mal cet album je trouve. Ok c'est peut-être pas le plus grand album sorti dans le genre, mais on a entendu laaaargement plus chiant dans ce registre. Alors evidemment si tu attendais mieux, ou plus audacieux, du coup je peux comprendre la déception, mais de là à le descendre comme ça. Et oui un peu plus de radicalité par ci par là, je suis d'accord que ça aurait pû être bien, histoire de rendre le tout un peu moins prévisible, mais bon perso je jetterais pas le bébé avec l'eau du bain sur ce coup là. Dans ce genre là je le répète, on trouve infiniment plus prévisible et putassier, donc là je trouve le résultat assez honnête (pas exceptionnel certes, mais honnête) par rapport à la grande masse de clones chiants avec leurs productions au kilomètre.
schlounga
En fait le dernier truc qui m'avait vraiment surpris par exemple c'est le Inheritors de Holden. Alors là ouais le mec il nous en avait fourni de l'aventure sonore, là c'était quelque chose c'est sûr. Mais j'en veux pas non plus trop aux autres de pas se révéler aussi surprenants à chacune de leurs sorties. Ca doit pas être si facile de sortir des chefs d'oeuvres, ou tout simplement des trucs vraiment audacieux. Du coup un hors d'oeuvre correct, j'apprends à m'en contenter ^^
Enzo
This nights never end est un vrai miracle B2B ....
Globule
Je mets ça à un niveau comparable, dans un style un peu différent, à Drumcell : c'est pas le meilleur disque de l'année, ça n'invente pas forcément grand-chose, mais ça s'écoute quand même super bien !! Régressif et simpliste juste ce qu'il faut pour avoir envie de danser.
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