silent weapons for quiet wars

Pochette de Inner Motions

chronique · 21 octobre 2013 · Techno / House

Sven Weisemann

Inner Motions

par B2B

Il est parfois difficile de parler d’un disque que l’on trouve en tout point exempt de défauts. Les mots ne viennent pas, on ne sait comment aborder l’engin. Pourtant, l’envie de le faire découvrir au plus grand nombre grandit à mesure que les écoutes se multiplient car on sent bien que l’on tient là un album admirable. C’est le cas avec Inner Motions, nouvel album de Sven Weisemann (nouvel onglet). Voilà pourquoi la chronique qui va suivre sera courte et ne prendra pas des chemins détournés. En même temps, Inner Motions est lui aussi un album droit dans ses bottes.

Sven Weisemann est l’auteur de Xine, intrigant album d’ambient expérimental sorti en 2009 sur le label wandering, entité appartenant au remarquable label Mojuba (nouvel onglet), distillateur d’une deep-house d’esthète. Et comme tout label hautement qualitatif, Mojuba a choisi la précision plutôt que la profusion. C’est ainsi qu’Inner Motions n’est que le troisième LP du label en 8 ans (vous pouvez d’ailleurs vous jetez sur les albums de Nick Solé et Stereociti).

Sven Weisemann quitte l’univers ambient pour se diriger vers une house éthérée lorgnant davantage du côté dub que deep. Et comme avec tout album de dub à tendance 4x4, l’intellectualisation s’efface au profit de l’hypnose charnelle. Voilà pourquoi il est difficile de pérorer longuement sur Inner Motions. Cet album ne demande aucun effort si ce n’est celui de se laisser pénétrer langoureusement par ses basses ouatées et ses nappes allongeant le temps.

Tout y est parfaitement agencé et équilibré, dans un souci de ne rien laisser dépasser. En cela, Inner Motions respecte scrupuleusement le cahier des charges d’un album dub tant son équilibre absolu frôle avec la rigidité. L’album, dans sa construction, suit aussi un sillon ultra-classique, puisqu’enserré entre une introduction et une conclusion off-beat et marqué par de courtes parenthèses. La linéarité générale de l’album et des morceaux permet ainsi de flirter avec l’intemporalité. Chaque titre se déploie lentement, propageant sa science sans l’étaler. Tout est parfaitement dosé, du timidement évolutif Evolver, à la résignation mélancolique de Planetary Nebula, en passant par le groove alangui de Floatation Verb.

Inner Motions accroit ainsi son emprise à mesure que les tracks défilent. C’est à cela que l’on reconnaît les albums remarquables. Sven Weisemann signe un album beau et classique, équilibré et strict. Rien ne dépasse mais tout y est parfaitement à sa place.

B2B

Brasser la merde

11 commentaires

  1. Georges White

    Très juste chronique pour un album lui aussi très juste.

  2. poney

    Musique d'ascenseur.

    1. B2B

      Ascenseur 4 étoiles alors.

  3. Kriv

    Musique de beta de jeu vidéo d'infiltration des années 90.

  4. P.L

    Musique de beta, ptdr

  5. Georges White

    La deep house trainera toujours avec elle cette étiquette lounge, qu'on lui accole à tout propos, et ce jusqu'au prochain (mais pas si lointain) revival. Et là on pourra mesurer la différence avec ce genre de disque beaucoup plus charnel et classieux que la moyenne.

  6. Maxouzzz

    Bon album sans aucun doute mais où est la prise de risque ? J'ai l'impression d'écouter le même son, les mêmes arrangements...même son alias Desolate est très similaire...

  7. BEGINS

    j'ai adoré cet album. Tout comme celui de Stereociti et de Nick Solé. Je lis dans beaucoup de forums que ces albums font penser à ce qui se faisait dans les années 90. B2B, pourrais tu citer des producteurs ou des labels de cette qualité de cette époque ? Merci d'avance.

  8. Barnabé

    "Sven Weisemann signe un album beau et classique, équilibré et strict. Rien ne dépasse mais tout y est parfaitement à sa place."

    C'est vrai qu'on est confronté à une sorte de dilemme là même si le terme est sans doute un peu fort. L'album est effectivement parfait mais presque trop en fait ; comme certains l'ont suggéré, il n'y a aucune prise de risque pour encore mieux flirter avec la perfection du coup c'est quitte ou double : soit on adore, soit on trouve ça banal. A mes yeux les deux démarches se valent mais je me place dans les adorateurs. Ca me fait penser à Ape to Angel de Pitch Black (le côté dub) et à Floating Point (le côté jazzy). En tout cas merci pour la découverte!

  9. Rogojine

    J'adore ces albums qui " ne demande aucun effort si ce n’est celui de se laisser pénétrer langoureusement par ses basses ouatées et ses nappes allongeant le temps." Dinas Oleu de Leif est dans cette catégorie, pour ceux qui souhaitent continuer le voyage

  10. shadowbox

    J'adore cette lancinance groovy et mélancolique qui illumine plusieurs pistes à l'instar de Rejection et Evolver, géniales. Très beau travail pour un très bel album dans l'ensemble.

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