silent weapons for quiet wars

Pochette de Discipline

chronique · 17 octobre 2012 · Rock / Folk

Electric Electric

Discipline

Retour en grâce d'Electric Electric assuré avec ce second opus soigné, s'élevant au firmament de ce qu'il vous faut écouter cette rentrée.

par Cholette

Rares sont les formations dont l'exigence absconse parvient à exploser les carcans, bouleversant les chapelles stylistiques...Les strasbourgeois sont de cette caste là, et délivrent ainsi un album qui commence tel un prélude tribal, une incantation rythmique, avant que très vite leur conception particulière du mélange des genres impose les règles de l'écoute : ça se fera d'une traite, de rugosités en démonstrations de talents, et sans respirer.

Dès la deuxième piste, La centrale - puissance nucléaire cela va sans dire - va déposer là nos plus belles idées sur les formules possibles ou souhaitées d'un opus : les interludes et les tubes, les singles évidents ou les plaisirs coupables des musiciens anti-héros. Si la répétition délivre parfois miraculeusement des antagonismes radicaux, ici la redondance du patronyme sus-tendu souligne également la puissance primale.

Les minutes passent, et Electric Electric (nouvel onglet) ne se refuse plus rien, s'emparant de mélodies technoïdes pour les violer de riffs de guitares assourdissants. Dans Neutra Tantra - Haro ! Ils vont tordre le mode binaire, enchainer les digressions pour dériver vers une transe extatique, un brut de rock explosif muselé puis comprimé, relâché jusqu'à satiété. La sécheresse des coups de trique rythmiques est conspuée par les instrumentations organiques, coupant les souffles pour former des appels d'air.

Preuve est faite ensuite que la réminiscence lourde et l'énergie cinétique peuvent délivrer un lyrisme évident - le track éponyme en est l'expression incarnée ; bien qu'enfin le principal enseignement de ces esprits libres s'impose à notre insu, perfide et universel, dans une explosion et un Matérial boy qui signe là les deux sources de leur bipolarité : Des forces mentales et organiques, pour une synergie orgasmique vouée à la tête et aux jambes.

La Discipline s'immisce puis s'affirme donc violemment violemment avec l'ambition avouée de délier les corps les plus raides, tout en déflorant les oreilles les plus obtuses, mais l'évidence achève : Electric Electric, ça se danse, et c'est à ne rater en live sous aucun prétexte.

Cholette

Brasser la merde

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