silent weapons for quiet wars

Pochette de Mirel Wagner

chronique · 30 novembre 2011 · Rock / Folk

Mirel Wagner

Mirel Wagner

Avec un nom pareil on ne sait pas trop à quoi s’attendre.

par Booboow

Un prénom dont on n’arrive pas à définir l’origine (Afrique, Europe de l’Est ou du Nord … ?) et un nom de famille qui peut plutôt faire penser à la mythique scène d’Apocalypse Now. Mais si, vous savez, cette scène où une chiée d’hélicoptères américains napalment à tout va de pauvres petits niaquoués au rythme de la Chevauchée des Walkyries du grand Richard.Point de grandiloquence ici, bien au contraire. On est plutôt du point de vue de l’amerloque, qui voit des petits jaunes qui ont tourné à l’orange suite à son jeu de massacre aérien. Rongé de remords. Des questions pleins la tête, qui, pour la plupart resteront sans réponses et seront l’origine d’un trauma profond.

Pas question de musique classique ou d’éthiojazz-klezmer donc, mais d’une jeune artiste finlandaise d’origine éthiopienne dont les influences se trouvent à mi-chemin entre la folk anglaise des années 60 de Bert Jansch et le blues de Robert Johnson.La guitare sèche, aride, se fait sobre, obsédante, à l’os. On se laisse captiver par ces quelques accords décharnés, qui portent à merveille la langueur de cette voix qui peut faire songer à l’immense Billie Holiday. Les thèmes abordés dans ses chansons ne sont pas ceux de prédilection de Patrick Sébastien : le désespoir, les regrets, la fin de l’insouciance, la mort… le blues quoi !

Les 9 titres qui forment ce premier opus vont droit à l’essentiel. Ressentir ce vide qui nous ronge parfois au plus profond de nos tripes. Un vide qui vient comme une vague de bile qui prend ses forces, lentement, pour nous submerger inéluctablement. Une vague qu’on voit se former de loin, puis qu’on oublie, comme subjugués par un paysage crépusculaire… avant qu’elle ne nous retombe lourdement sur le coin de la gueule. « Despair came riding on the crest of a big black wave » comme elle le murmure sur la bien nommée Despair. Sur le morceau No hands, elle essaie de nous convaincre que tout va bien… I am Happy, mais il y a comme un malaise, on a du mal à la croire. Et ce n’est pas sa voix hantée si particulière, à la scansion lente et douce, qui va nous faire garder la pêche.

En tout juste 30 minutes cette artiste réussit à nous tirer vers le bas sans pour autant qu’on veuille se pendre. Au contraire, on se complait dans cette noirceur âcre. Avec une guitare acoustique et sa voix pleine de désespoir et d’amertume, la jeune Mirel nous berce doucement contre un mur de spleen. Pas un mur de lamentations hein, de SPLEEN. Celui qu’on garde pour sa gueule en se laissant moisir comme un bon roquefort.

Booboow

Brasser la merde

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