
Fin septembre/début octobre, quand l'été traine encore, on lui tordrait bien le cou définitivement pour se réjouir enfin des langueurs de l'automne avec un disque à la mélancolie réconfortante. Hasard du calendrier ou stratégie marketing redoutable - qui sait - Supply and demand, label hautement recommandable quoi qu'il en soit, a choisi à quelques heures près deux ans plus tard la même date de sortie pour le 3ème album de Dark Dark Dark (nouvel onglet). Leur patronyme à lui seul intriguait alors par sa noirceur, attirait autant que la découverte des titres de Wild go bouleversait ensuite par ses brillantes inspirations distillées - Celebrate et Robert en tête. Bien que la lumière se concentrait peu à peu sur la très charismatique Nona Marie Invie - la voix de Marshall Lacount ayant quasiment disparu depuis le premier opus où ils partageaient la vedette - les retrouvailles s'annonçaient belles, les extraits prometteurs délivrés lors de la tournée dernière présageant un Who needs who salvateur d'une bien trop longue absence. Du fait, point de nostalgie hasardeuse, mais la certitude de trouver un successeur légitime à un album qui additionnaient les beautés sans qu'aucune d'elle n'ait à souffrir de l'ombre portée par l'autre : exercice d'autant plus difficile lorsqu'il s'agit de mélanger les folklores du monde sans en tarir les vanités. La profondeur des champs abordés laissait ainsi espérer une multitude d'espaces possibles à découvrir à la lumière de Dark Dark Dark, pour se délecter encore et encore d'obscure clarté. Mais l'oxymore a tourné court, les contrastes affadis et l'abus de lumière ont fait disparaitre les spectres, à la faveur d'une chanteuse devenue toute puissance. L'ancien collectif est transformé en backing band de luxe, la voix de Nona Marie ondoyant sur de hautes lignes abruptes et verticales. L'organisation transversale qui faisait la part belle aux respects de l'imagination de chacun - auditeurs compris - tient désormais bien en ligne, tous derrière le piano de la sainte patronne, et elle bien entendu devant.
Passés les premières impressions du désastre, qui bien que relatif, nous a renvoyé dans les cordes ; le single Tell me tonitruant parachève l'expression de la déception. il faut attendre l'hommage à Patsy Cline, chanteuse de Country au destin tragique pour entendre retentir à nouveau l'essence qui nous fit vibrer naguère, synthèse orchestrale mesurée ou part belle est faire aux musiciens de DDD. Retrouver enfin la caisse claire syncopée, le piano languissant, et l'accordéon câlin qui fit recette à l'aube de Daydreaming. Plus tard, l'ambiance feutrée de Without you invoquant les fièvres de Peggy Lee n'y fera rien.
Mais le souvenir d'un instant de grâce à un concert de DDD nous fera revenir pour nous faire mentir la prochaine fois qu'ils passent, indubitablement.






Brasser la merde
1 commentaire
kjgy
Ah bin j'avais loupé cette chronique. Je les ai vu à Rennes en fin d'année... c'était pas génial pour plusieurs raisons. Déjà oui le dernier album n'est pas super, ensuite il y a eu des petits problème avec un câble du piano de la belle, se qui qu'ils on du rentrer en coulisse le temps que les techniciens règlent le problème (2 ou 3 min,rien de grave quoi), et bien il sont revenu sur scène de mauvaise humeur, du coup le concert a été très froid, aucune communication avec le public et ça c'est à peine arrangé jusqu'à la fin. Ca a d'autant plus "choqué" que le groupe qui les accompagnait sur la route pour leurs premières parties, "Love Like Birds" ont été bons mais surtout adorables, drôles et ont beaucoup papoter avec le public. Une fois n'est pas coutume, j'ai préféré la première partie plutôt que le concert en lui même !
Alors après j'imagine qu'ils ne sont pas aussi "froids" à chaque fois mais bon, ça la fout un peur mal.
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