
chronique · 10 juin 2013 · Rock / Folk
Grim Tower
Anarchic Breezes
Il est toujours amusant de deviner derrière une catégorisation tiroir, comme la presse en a le secret, ce qui a inspiré son inventeur. Je n'avais jusqu'à présent jamais entendu parler de death folk, et à vrai dire je ne m'en portais pas plus mal. Mais on va dire que ça fait vendeur, ça leur confère une aura d'artiste maudit qui à défaut d'être Death/métal est Death/folk.
par MarcD
Si le groupe ne dira sans doute rien à personne, et pour sûr c'est leur premier album, les musiciens pourraient éveiller la curiosité autant que l'intérêt. Stephen McBean n'est autre que le leader de Black mountain, groupe canadien qui connaît une petite notoriété ici et là-bas, déjà riche de quatre albums et plusieurs EP, et de Imaad Wasif, guitariste qui a collaboré avec Lou Barlow, the Yeah Yeah Yeahs et Folk Explosion. Enregistré à Los Angeles dans leur home studio, ces 10 titres qui font la part belle à la guitare, mais aussi au banjo et à diverses percussions étranges, est assez bluffant.
Si le fameux "death folk" revient souvent, on ne pourrait en effet pas mieux définir cette musique, une folk un peu sombre, légèrement psychédélique avec des franches échappées vers ce qui a fait les beaux jours des seventies. On le remarquera particulièrement sur "All the beautiful Things", morceau spécialement réussi, lorgnant même vers un Led Zepplin assagi, parfois on tire franchement vers la country mélancolique (Let Death Become your Comfort), on pense tour à tour à The Mountains Goats, mais plus électrique, à du Nick Drake moins lyrique, et aussi cette ballade qui pourrait être tirée du style hard rock sans vraiment l'être (Hang me in Heaven).
Cet album arrive à se diversifier tout en gardant une ligne directrice parfaitement maîtrisée, il propose une belle homogénéité et une technicité mélodique qui ravira les amateurs. Si on reste définitivement dans la folk pure, elle est assez bâtarde pour s'acoquiner avec des références plus larges, ce qui donne un mélange réussi, audacieux et plutôt original. Les morceaux évoluent souvent en intensité, tant pour la voix que pour les guitares qui ont alors tendance à s’échauffer pour atteindre une distorsion baveuse et réjouissante. Ils ont même l'audace d'y mêler çà et là quelques arpèges synthétiques (Anarchic Breezes), qui certes ne font pas d'eux les nouveaux Daft Punk, mais bousculent un peu les frontières souvent rigides de la folk music.
Ce Anarchic Breezes de Grim Tower (nouvel onglet) à la léthargie bourdonnante et aux envolées héroïques a tous les atouts pour vous convertir. Abrogeant le temps et l'espace dans une odyssée hypnotique, il aura toutes les facilités à vous déstabiliser et se faire une place dans votre discothèque, qui si vous l'écoutez, ne demande que cela.






Brasser la merde
1 commentaire
SEN
Excellente surprise ! Merci pour la découverte !
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