
chronique · 5 juillet 2013 · Rock / Folk
Marvin
Barry
« Mon style à moi, c'est l'Opinel. Et j'étrangle à mains nues». Francis Heaulme.
par Booboow
Marvin (nouvel onglet), trio krautnoise Montpelliérain bien connu des fans de noise à la franquaise, partage le même style.
Sillonner inlassablement les routes, et par la même occasion laisser quelques corps inertes et béats derrière eux. Car oui, Marvin TUE. Et ils font ça n'importe où et n'importe comment. Que ce soit dans des squats, des granges, un rade de quartier ou dans des petites SMAC, ils jouent là où le vent les porte tel des morts de faim ; leur amour du live est même le but de la création du groupe : pouvoir trisser aux quatre coins de la France pour jouer chez les copains. A tel point qu'on peut se demander si le nom de leur groupe n'a pas été influencé par Starvin' Marvin (nouvel onglet) (personnage éthiopien et, forcément, crève la dalle de South Park plus connu en français sous le nom de : Pascal La Dalle). La quintessence du combo peut-être résumée par la pochette de leur premier album (magnifique photo d'un de leur concert en squat') : des amplis qui crachent, de la sueur, de la bière, des amis et n'importe quel endroit pour jouer. Ca vous dit pas à quoi vous attendre en enfournant la précieuse galette dans votre tourne-disque, certes. Venons-en donc aux faits.
L'évolution du groupe se fait lentement mais sûrement. S/t leur premier album marquait les débuts discographiques du groupe, les morceaux et production étaient assez simples mais d'une putain d'efficacité noise quasi instrumentale et dansante. Il suffit de jeter une oreille aux 2 tubes in your face que sont Discudance et Discose pour s'en rendre compte.
Leur second opus, Hangover the top, prend plus son temps avant la transe frénétique : la production y est bien plus propre et les morceaux mieux construits mais toujours taillés pour le live (Roquedur et Dirty Tapping). A noter également le développement du chant vocodé et trafiqué auquel on ne comprend rien. Mais bon, ce n'est pas bien grave, eux non plus. Et ce n'est pas avec ce troisième album que leur rapport au live va changer. Une fois la session d'enregistrement de Barry (10 jours dans le bunker des studios Downtown Strasbourgeois en plein hiver) terminée, paf, un concert en médiathèqueoù Fred (guitare/voix/synthé) nous confiait la volonté du groupe de sonner plus "live" que jamais. Avec l'aide de Vincent Robert (Electric Electric) au mix et à la production (une dizaine de jours également) le pari est réussi.
Ces morceaux, s'ils sonnent différemment des précédents, sont fait pour prendre une tout autre ampleur en live. Ils n'ont pas la même instantanéité frénétique que par le passé et prennent leur temps avant de nous exploser au visage, une bonne cocotte-minute quoi. Mais Barry reste une étape minimale dans le processus Marvin. Greg (Batterie) en joue d'ailleurs : "On a enregistré ce nouvel album parce qu'on adore tourner et qu'on avait marre de toujours jouer les mêmes morceaux." Car après tout, leurs albums s'ils ne prétendent pas réinventer le rock'n'roll, restent avant tout prétextes à un sacré défouloir en concert. Il ne faut donc pas prendre Barry pour un album photo du groupe au moment où l'album a été enregistré comme bon nombre de groupes se plaisent à raconter en interview, mais notre album photo à tous. Nous permettant de nous remémorer les instants de leur dernier concert plein de sueur d'alcool où Emilie (synthé/voix) étrangle un de nos potes roux, Fred en étripe un autre à coup d'opinel et Greg nous savate méchamment le cul. Un polaroid de moments de concert mémorable quoi! On repensera à nos pogos déconneurs et endiablés en écoutant ce disque, tout comme c'était déjà le cas pour leurs précédents albums.
Revenons-en à l'évolution des torgnoles distribuées par le trio. Comme tout bon épisode de south park, la musique de Marvin est ultra référencée et pleine de private joke (quasiment tous les titres des morceaux). Et en bons morfales ils bouffent à tous les râteliers d'influences. On distingue des bouts de musique de films de science-fiction spaghetti (Giorgio Morricone), du Devo (As noisy as possible), du Trans Am (Un chien en Hiver) et des coucous aux copains (Jey Ferson ou Dark Sheep).
Fred a pris confiance au chant (As noisy as possible), jongle avec sa gratte et son clavier, et va même jusqu'à remplacer son légendaire tapping par des riffs influence prog' hardos (Barry) sans pour autant tomber dans le revival 80's, ouf. Greg batsonne imperturbablement ses fûts, liant les digressions de Fred et Emilie à la perfection. Emilie, quant à elle, se planque toujours derrière son vocoder (Automan / The dark sheep) et groove comme jamais en apportant ce petit côté SF motorik (We won't get fooled again anymore) aussi entrainant que Mickey Goldmill pouvait l'être pour ce bon vieux Rocky Balboa.
Achetez donc le skeud après un de leurs concerts, ils passeront forcément à moins de 60 bornes de chez vous et il vous servira d'album photo souvenir.
N.D.L.R. : Il me semble tout de même important de vous informer que ce groupe porte à débat au sein du comité rédactionnel (bah quoi?) chez SWQW.
La plupart des rockeux y trouvent leur compte de défoulement sans prise de tête, tandis que la frange d'anciens électroniciens n'entendent que frénésie gratuite, euphorie technique surfaite et vont jusqu'à comparer la scène "math-noise-rock" franquaise à la scène "jah jah" dont Raspigeous était le groupuscule fer de lance...
M'enfin... Choisissez votre camp!






Brasser la merde
2 commentaires
Kekekeke
Raspigeous. WOuah. J'avais oublié ça. Je préférai Percubaba.
Booboow
Han, Percubaba ! ! Fun fact, avant la RdR l'année dernière, j'ai croisé un des mecs de ce "groupe" qu'est en fait désormais gérant d'un rade à Rennes...
la suite, depuis 2026