silent weapons for quiet wars

chronique · 20 octobre 2012 · Techno / House

Guillaume & The Coutu Dumonts

Twice Around The Sun

C’est ce qu’on appelle en sport jouer en attaque placée : ne pas essayer de surprendre ou de déstabiliser, ne pas chercher le contre-pied ou l’effet de sidération, mais se contenter de développer son jeu avec assurance et tranquillité.

par Julien Lafond-Laumond

Guillaume Coutu Dumont (nouvel onglet) pratique ainsi. On ne repère pas chez lui d’évolution flagrante depuis ses premières sorties, on ne discerne pas non plus de grande variété au sein de ses EP ou LP : le Montréalais exilé à Berlin a très bien identifié ce qu’il voulait composer, et il œuvre jusqu’au bout pour parfaire son art tel qu’il l’imagine.

Même si la mode est aujourd’hui moins sensible qu’il y à quelques années aux sonorités exotiques et tropicales, il continue pour sa part d’explorer en profondeur ce style de house très chaleureux et porté vers l’hémisphère Sud. Mais pas de grimace à avoir : Coutu Dumont n’a pas l’esprit trop festif. Ses compositions sont parfois mid-tempo et bien souvent trop sophistiquées pour être playlistées à Ibiza. Ce qu’il aime en fait par-dessus tout, ce sont plutôt les constructions percussives complexes et les samples doux-amers. Twice Around The Sun est à ce titre exemplaire ; il est bien rare qu’on entende une house aussi appliquée et bien ficelée. On en ressort pas le feu au cul et au fond peu importe : tous les tracks sont précis, travaillés – c’est hyper chiadé et en plus ça sonne très décontracté. Voilà enfin un album à cocktails qui se paie le luxe de résister aux écoutes les plus attentives et exigeantes.

Dans le genre, on pense à un autre Canadien, Frivolous – l’hystérie en moins –, ou à d’autres affiliés à Circus Company comme dOP ou Nôze, ou encore à l’excellent collectif techno-jazz Wareika. En bref, à des producteurs plus doués que la moyenne et qui métissent en permanence enregistrement live et programmation pure. C’est le sens du « & » entre le prénom et le nom civils de Coutu Dumont : c’est un groupe à lui tout seul. En plus de faire un usage pointu du software, il est aussi multi-instrumentiste et chanteur à heures perdues. L’air de rien, ça change des bricoles. Parce que Twice Around The Sun a ce feeling de musicien, en particulier de jazzman, qu’on retrouve rarement dans la house actuelle. Il ne se contente pas de deux-trois samples bien trouvés et d’un mixage haut de gamme ; il compose réellement. Et ça fait du bien d’entendre un disque aussi humble, aussi peu impressionnant, et qui se montre en même temps aussi charnel et brillant dès lors qu’il ne suffit plus de manier à la perfection Cubase ou Logic.

Julien Lafond-Laumond

Brasser la merde

2 commentaires

  1. raph

    Bien content de découvrir cet artiste! En plus j'ai faillit passer à côté avec la mise en ligne du nouveau site qui contenait déjà des chroniques (et qui n'apparaissaient déjà plus dans le fil RSS, d'ailleurs belle amélioration le style de zik devant le nom de la sortie!) m

    1. kehezen

      Bouge pas - je t'en mets combien ?

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

    pas de compte : ton pseudo est protégé par un ticket que ton navigateur garde pour toi.

    dans le même courant · techno / house

    En attente