
chronique · 4 décembre 2012 · Techno / House
Session Victim
The Haunted House of House
À l’attention des amateurs de house et rien qu’à eux : ce ne serait pas une mauvaise idée d’écouter, même en retard, le premier LP de Session Victim.
The Haunted House of House est étrangement boudé. Sorti en mai dernier, il n’a pas eu l’honneur d’une critique sur Resident Advisor, Fact ou autres. Et en France pas mieux, Chroniques Electroniques a fait l’impasse à sa sortie, et seul Phonograph Corp a pris le temps t’en parler un peu. Bizarre, étant donné que jusque-là, le duo allemand composé de Hauke Freer et Matthias Reiling avait joui d’une plutôt belle réputation. On pense notamment à quelques titres qui avaient connu un vif succès sur les dancefloor house les plus pointus : Million Dollar Feeling (nouvel onglet), The Keyboarder (nouvel onglet) etc.
Destin décevant pour ce disque, donc, d’autant plus que la distribution n’est pas mauvaise : Delusions of Grandeur n’est pas un petit label et d’ailleurs, sur la même structure, 6th Borough Projet avait fait l’an dernier un tout autre tapage. Une seule chose peut expliquer cette discrétion, c’est la relative neutralité ou politesse convenue que peut provoquer cet album. Il serait déplacé de le porter aux nues et il ne le serait pas moins de le descendre. Ceci étant, pour un réel amateur du genre, The Hounted House of House présente un intérêt réel : celui de se faire plaisir. Ni plus ni moins. On y trouve aucune originalité, aucune surprise, mais ça marche. La house de Session Victim est simple et d’une grande pureté : une bonne rythmique et des bons thèmes. Le principal, non ?
Il se dégage une grande chaleur de ce disque. Et pour cause, la grande majorité des kicks, snares et hats sont échantillonnés depuis des vieux enregistrements disco, funk ou jazz. Idem pour toutes les basses ou séquences mélodiques. Forcément, ça crée un parfum, une ambiance dans laquelle on aime bien se lover. On est nulle part brutalisé ou forcé à danser, le groove est évident et jamais hystérique, comme en attestent les superbes "Good Intentions", "Cow Palace" et "Zoinks".
Et surtout, surtout, on retrouve cette ambivalence propre aux meilleurs disques de deep : on ne sait jamais si ce qu’on entend est triste ou joyeux. C’est sensible, émouvant, mais sans prendre le parti d’une polarité. L’an dernier, au super festival audio-viduel Freerotation (nouvel onglet), Move D avait fini son set sur "Good Intentions". Il a fini de rouler sa cigarette et, au moment où le sample vocal a débuté, il a levé la tête. Il souriait et avait les larmes aux yeux en même temps. Tout est dans l’anecdote.






Brasser la merde
7 commentaires
Electronik Warfare
Bon ben la matinée était pas top , et là ... je découvre cet album, du soleil dans mes oreilles, des samples magiques, deep, deep mais festifs aussi .. juste mortel ... merci beaucoup !
JustFriday
Tout à fait d'accord... Un beau disque de deep house. Et c'est d'autant plus rare que le genre est quand même hyper galvaudé...
loss
Elle n'est peut être pas des plus attractives, mais elle donne envie de danser!!!
L'As de Trèfle
Dingue d'être passé à ce point à côté de cette bombe : pas vu, pas entendu parlé, chroniqué nulle part,...et c'est sorti en mars. Bon, bref. En tout cas grand merci pour la découverte, parce que franchement : PAN !, quoi.
B2B
L'anecdote finale sur Move D est tellement belle... Je regrette d'être passé à côté de cet album. Mais pour la peine, la séance de rattrapage sera doublée.
Philippe
Ce disque est une petite merveille. Il joue en boucle pour me donner du pur bonheur. Ça nous prend dès le premier morceau et il nous tient au chaud tout au long des tracks. Merci beaucoup pour cette découverte plus qu'excellente.
Benoît
Putain, mais merci les mecs!
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