silent weapons for quiet wars

Pochette de Scene I

chronique · 1 avril 2014 · Techno / House

SNTS

Scene I

"Les villes, que nous habitons, sont les écoles de la mort, parce qu'elles sont inhumaines. Chacune est devenue le carrefour de la rumeur et du relent, chacune devenant un chaos d'édifices, où nous nous entassons par millions, en perdant nos raisons de vivre." Albert Caraco

par CMPTD\\Void

Cela faisait déjà un certain temps que l’on guettait le duo allemand SNTS (nouvel onglet), faute de temps, de tout, de cran, nous n’avions pas eu l’occasion de vous parler du potentiel des deux éminences grises. Revendiquant sans détour leur loyauté somme toute assez classique aux sorties vinyl only et au sacro-saint anonymat, le duo aurait pu n’être qu’un rejeton consciencieusement xeroxé de la mouvance Techno des année 201X. Il y a d’ailleurs bien longtemps que cette dernière a cessé de recenser ce genre de formations à l’orthodoxie grisonnante voire franchement sénescente, néanmoins l’analogie avec toute autre entité Techno masquée s’arrête ici même. Non, détrompez-vous, nous ne sommes pas venus ici pour pester contre l’ennui ou même deviser sur l’uniformisation des visuels Techno barillet à la commissure, non. En réalité, il s’agirait même plutôt du contraire, puisque malgré une appropriation relativement primaire des « codes » Techno, le duo semble ne craindre aucun superlatif lorsqu’il s’agit d’évoquer ses productions.

Sorti en 2012 sur leur label éponyme – SNTS – inauguré pour l’occasion, Chapter I,** EP Techno de marksmen, avait été l’occasion de poser le canevas sur lequel les deux malfrats broderaient par la suite la trame de chacune de leurs sorties, à savoir un soin tout particulier apporté au sound design, un penchant plus qu’appréciable pour le crossover Dark Ambient \ Techno ainsi qu'un attrait certain pour les motifs 3x3, 3x4 et autres hybrides du 4x4 – cf. S2, S6, B1 etc. –. En effet, si vous prêtez une oreille attentive, vous remarquerez qu’il existe une architecture semblable – à quelques exceptions près, restons souples – à l’ensemble des sorties du duo, architecture qui contribue par ailleurs à l’intérêt tout particulier que nous leur portons. Cette dernière est généralement caractérisée par une dialectique commune, une introduction Dark Ambient généreusement imbibée d’hydrocarbures, un hybride 3x3, 3x4 et enfin un ou deux punchers quatre roues motrices dans la lignée Dark Ambient \ Techno urbaine mais nous aurons tout le temps de revenir sur cette thématique plus en aval. Intéressons-nous donc à la dernière sortie du label éponyme des deux dramaturges, sortie intitulée Scene I.

Ce qui suscite tout d’abord notre intérêt pour SNTS, outre l’aboutissement et la singulière densité de leurs productions – de Chapter I à Scene I en passant par leur brillant EP sur Horizontal Ground, 16ème du nom –, c’est tout d’abord la capacité des deux Méphistos en hoodies Carhartt à s’approprier les codes Ambient \ Techno pour mieux les détourner, leur capacité à ne pas naïvement succomber aux ambiances sylvestres ou aquatiques, thématiques qui, bien que souvent adroitement exploitées – notamment par nos amis nordiques ou italiens –, commencent à s’essouffler ou plus précisément à nous essouffler. Ce qui distingue leurs excursions, beatées ou non d’ailleurs, ce sont leurs sonorités résolument urbaines. En premier lieu, la perspective entravée par l’omniprésente verticalité, encrassée aux particules fines – cf. Intro II –, l’incessant bouillonnement, l’hégémonie de la vitesse, du mouvement perpétuel, de l’hyperactivité – cf. N1, décharge spinale immédiate, antithèse filée entre pureté ambiante et rugosité percussive –, puis le vertige de l’horizontalité, aveu d’impuissance susurré, rage contemporaine sous jacente – cf. N3, le fameux coup de poing Ambient / Techno adressé à la trachée – et enfin, la lente agonie du silence, retiré dans quelque modeste pavillon de la périphérie – cf. N2 –. Oui, car ne l’oublions pas, ce qu’incarne et célèbre l’espace urbain c’est l’avènement du bruit, sa victoire sur la quiétude.

Bien que Scene I soit une excellente synthèse de l’évolution des productions de nos amis bouffeurs de voyelles, on notera tout de même un léger bémol, notamment l’influence un peu trop sensible de Kerridge sur N2. Pour le reste, le duo nous guide sans encombre dans la pénombre, à travers les ruelles et détours crasseux, boulevards et avenues bondées, aux confins d’un Urbanisme Noir et pernicieux avec pour seul jalon le crachat des réverbères.

CMPTD\\Void

Brasser la merde

5 commentaires

  1. Funghi

    La chronique est bien, d'autant plus qu'il a du falloir beaucoup de travail pour trouver autant d'adjectifs à mettre sur une musique aussi vide et sans intérêt. Le mot musique n'a d'ailleurs pas sa place ici, je n'ai pas entendu une note. Seulement une répétition sans fin de sonorités pseudo dark sans relief et de rythmiques on ne peut plus basique. Bref, une branlette totale à l'allure pseudo underground. Si encore il y avait une démarche... Là on est proche du néant.

  2. CVV

    Cher Champignons, je te remercie pour cette réaction circonstanciée. Puis-je te recommander de t'orienter vers l'Italo-Disco ou la Brit Pop, styles musicaux très enclins au remplissage sonore léché et adeptes de l'utilisation de gimmicks synthétiques ravageurs. Peut être y trouveras-tu ton bonheur. Quant à l'évocation de l'absence de démarche, j'avoue être jaloux. Sans doute as-tu eu l'occasion de longuement t'entretenir avec eux sur ce sujet, assertion que je ne me permettrais pas de formuler malgré un nombre considérable de messages échangés avec eux.

  3. Funghi

    Si le contenu de votre relation épistolaire est aussi riche que la "musique" de ces messieurs, j'imagine que ce doit être passionnant. Dites m'en plus, je brûle de savoir quel éclair divin a inspiré une oeuvre aussi poignante.

  4. AP

    Ahaha le coup du "Il y a pas de notes donc c'est pas de la musique" Très fort

  5. Globule

    Bien vu AP , je contresigne. on ne sait pas trop si on doit rire ou pleurer de lire des âneries pareilles, ceci est de la musique et ceci n'en est pas, dans le brasser la merde de swqw. allez, mieux vaut en rire !

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

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