chronique · 1 octobre 2013 · Techno / House
The Gods Planet
LP01
« Musa, mihi causas memora, quo numine laeso, quidue dolens, regina deum tot uoluere casus insignem pietate uirum, tot adira labores impulerit. Tantaene animis caelestibus irae ? ». Muse, rappelle-moi quelle cause, quelle offense à sa volonté, quel chagrin poussa la reine des dieux à imposer à un héros d’une piété si insigne à traverser tant d’aventures, à affronter tant d’épreuves ? Les âmes des dieux éprouvent-elles de si grands ressentiments ?
par Feldspath
Telle aurait pu être la translittération de ce nouvel opus élaboré par nos simples mortels qui ont donné naissance dans la citadelle sarde de Cagliari, haut lieu de la culture nuragique. Quoi de plus normal donc, que de retrouver des compositions enrobées sous un arc d’ogives remplaçant l'arête saillante que produirait la rencontre de deux berceaux. Ce recueil peut être considéré comme le manuel d’un jeune empoisonneur, où l’antimoine et le thallium seraient les ingrédients principaux pour vous décoller les récepteurs sensoriels. La fièvre vous emporte, sa forme sylvatique transmissible est un cadeau empoisonné des dieux. Aedes Agypti où te trouves-tu ? Prends ton envol avant que mes phalanges s’abattent sur tes pattes frêles et duveteuses.
Claudio & Andrea, fils de Rome. Héritiers d’une techno exaltante et sépulcrale. Rédempteurs du vieux continent, venus pour éradiquer toutes les miséreuses aubades qui s’essayent à exister sous les fenêtres des plus sots. La vieille botte est lourde et bien remplie. L’Italie saupoudre son talent par barils entiers et caresse le crâne déplumé d’une techno berlinoise vieillissante et pleine d’amertume. Chemins croisés où la mort vient saluer les vivants pour les embaumer dans son voile de brume.
Avec 7 tracks froides et envoutantes que l’absence d’humidité a glacés sur l’instant, les gondoles vénitiennes vous emmènent dans des râles absorbant toute interaction autour de vous. Ces citoyens d’Emilio Floris peignent leurs toiles en noir corbeau et les durcissent comme l’ébène. Ici, l’orgie et la débauche laissent place au raisonnement et aux combinaisons savamment orchestrées tandis qu’une clé de voûte maintient la cohésion et la fluidité entre les partitions. Cet LP est une relique qui, une fois déchiffrée, vous renvoie à toutes ses gloires d’antan.
L’univers est considéré comme un système organisé, tout individu collabore son ensemble. Le cosmos est une pensée qui ne se pense pas, suspendue à une pensée qui se pense. « Parmi les choses répandues au hasard, le plus beau : le cosmos. L'harmonie invisible plus belle que la visible. Nature aime se cacher. » [Héraclite d’Ephèse]
Nous voilà à l’aube d’une aventure titanesque.






Brasser la merde
4 commentaires
Comte
Prudence, du beau style à l'amphigourique, il n'y a qu'un étroit Rubicon à franchir, pour filer la métaphore latine. Chouette découverte sinon ;-)
P.L
Ces sorties en cassette only comment à me courir... Super album en plus.
KroCro
Futuristici sarebbe riduttivo!
Coñition
Énéide->Virgile et Dante->Les cocus du viel art moderne
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