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Pochette de Oddfellows

chronique · 24 janvier 2013 · Rock / Folk

Tomahawk

Oddfellows

Je sais pas toi, mais je l’ai salement attendu, ce retour.

par Mattooh

Mike Patton a depuis la fin des années 90 cette réputation d’insatiable collaborateur, boulimique de bizarreries et d’associations tous azimuts. Avoir de nouveaux jouets excitants tous les 6 mois rendait la fin de Faith No More et Mr Bungle moins triste. Les premiers disques de Tomahawk (nouvel onglet) et de Fantômas font encore palpiter mon petit cœur de fanboy, et les brillants one-shots semblaient ne devoir jamais s’arrêter : l’EP Irony Is A Dead Scene avec les fous-furieux de The Dillinger Escape Plan, les collages hip-hop foisonnants de General Patton vs The X-Ecutioners, le lubrique Lovage, la pop groovy de Peeping Tom,…

Mais voilà, depuis 2006 et cet amusant Peeping Tom, Patton n’a plus sorti de disque intéressant, ou simplement réellement écoutable. Entre les jérémiades confidentielles pour musiques de film, un Mondo Cane pénible et la farce Anonymous de Tomahawk (insupportable disque de reprises de compositions de Native Americans), Patton s’est petit à petit montré moins productif et même ses featurings audibles se sont faits plus rares. L’intéressé explique d’ailleurs qu’après s’être longtemps désintéressé de la formation rock traditionnelle guitare-basse-batterie, ce retour au bercail lui apparaît « exotique ». Gageons que la reformation de Faith No More a pu aussi lui redonner goût au plaisir simple de vomir ses vocalises sur un tapis électrique ; ce n’est pas sale, après tout. Son label Ipecac Recordings ne semblant plus en grande forme, le ralentissement des sorties fait craindre un destin à la Hydra Head Records. Alors, un nouveau Tomahawk ne lui fera pas de mal.

Janvier 2013, nous y voilà donc : Oddfellows est né. 13 titres pour 40 mn, le petiot et ses papas se portent bien. Il s’agirait d’ailleurs d’un projet évoqué depuis des années, enfin concrétisé par le miracle d’agendas concordants, rapidement et naturellement.

Les premières écoutes présentent un disque décousu, fait de chansons courtes et peu produites, comme l’était le premier album. Dès le titre éponyme, on retrouve les riffs lizardiens hyper-reconnaissables de Duane Denison, posés sur des lignes de basse solides (Trevor Dunn remplace Kevin Rutmanis, mais ça ne change absolument rien) et la précision chirurgicale de John Stanier (revenu de ses exploits chez Battles). Feeling noise, déambulations prog, et lyrisme malsain : DADDY’S HOME. Si on ne retrouve pas la cohérence et les géniales incrustations de samples de Mit Gas, on peut en revanche se repaitre de scalps du calibre de l’hystérico-jazzy Rise Up, Dirty Waters, ou de la rampante The Quiet Few, qui tire petit à petit vers la démence tout en restant dans un format rock concis. Stone Letter était un single trop facile pour une association de tontons flingueurs comme Tomahawk, et l’album est plus riche que cette petite cachoterie. Comme sur Baby Let’s Play, ou Patton cabotine vicieusement sur les ambiances cinématographiques de crooner tordu qu’il affectionne tant.

Seulement, on retrouve aussi quelques fillers un peu laborieux disséminés sur tout le disque, comme I Can Almost See Them, Typhoon ou I.O.U (pourquoi singer Faith No More ?). John Stanier se fait trop discret, et puis on sait bien qu’ils peuvent tous faire mieux. On cherche en vain le mordant des débuts. Disque boiteux donc, mais retour tellement inespéré qu’on ne fera pas la fine bouche : 10 ans après, Mit Gas a enfin un véritable successeur. Et pour nous, l’inusable pied de réentendre un Patton créatif.

Mattooh

Brasser la merde

2 commentaires

  1. Loic

    J'ai beau apprécié le travail du sieur Patton, j'ai toujours un train de retard sur sa boulimie créatrice. J'écoutais FNM en 2002 et ignorait crânement Tomahawk... J'écoutais Tomahawk en 2008 et n'avait pas encore conscience du potentiel de Mr. Bungle... J'écoutais Mr. Bungle en 2011 et n'ai jamais apprécié Fantômas... And so go on and on and on... Et là, ça recommence!!! Stone letters me juste donne envie de remettre un bon petit Angel Dust sur ma platine... Quel est donc mon problème, doc. Mattooh? ... Rendez vous dans 5 ans?

  2. Mattooh

    Tu sembles souffrir de retard émotionnel chronique. Ce n'est pas très grave, mais tu ne pourras vraisemblablement jamais briller en soirée. Désolé.

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