silent weapons for quiet wars

Pochette de Adrien

chronique · 9 juillet 2015 · Rock / Folk

Trésors

Adrien

par Nico m.

Au royaume des musiques électroniques, il y a des lieux désolés ou peu de musiciens cherchent à s’aventurer. Des lieux qui rappellent les terres arides appauvries par la sécheresse autant que les paysages luxuriants engorgés par la mousson. Des no man’s land inviolés que certains hommes parviennent parfois à atteindre, après s’être échappés d’une civilisation trop pesante, au détour d’un voyage non organisé et d’une volonté de se débarrasser d’artefacts qui ne sont que de vagues souvenirs d’un monde qui aurait autrefois existé. Au cœur de ces lieux, il y a parfois un endroit indiqué par un X, c’est ici que se trouve Trésors.

Dès les premières mesures d’Adrien, Once a believer, accompagné par un orfèvre des machines Holy Strays, nous embarquons sur un navire remis d’aplomb, un voilier métallique repeins sur la rouille d’un post punk lancinant, ça grince de synthés, les rythmiques affrontent les vagues tranquillement, on sent que l’on part pour un voyage dont seuls les maîtres à bords connaissent le cap. Pour avoir vu live le précédent opus de Trésors, Missionnaires, je sais que l’excursion sera planante mais intense. Le genre de concert qui te rappelle que le rock ne s’est pas éteint, il est même plus que jamais présent, il s’est juste parfois désintégré pour mieux se distiller dans des sonorités contemporaines. Ici la formation est un duo, composé de Adrien D. et Adrien K. (non, ne cherche pas, il n’y a pas de vanne à faire, ou alors en silence dans ton inconscient cérébral qui te rappelle que ça doit être intéressant d’avoir un jumeau, ce qu’ils ne sont pas), l’un activiste chez Juju et Le Réveil des Tropiques, et l’autre chez Jordan ou Bagdad.

Cet album, composé près de l’océan et de la méditerranée, évolue inlassablement entre des passages très contemplatifs, parties de synthés rythmées par des beats tantôt cristallins tantôt hypnotiques comme sur Victoria, et des plages plus pêchues toujours ambiancées par les claviers mais armées de guitares et de voix (on pourrait presque parler d’incantations) parfois plaintives et souvent lointaines (Malmousque). Plus le disque avance et plus l’on s’enfonce calmement dans des méandres sombres, image mentale que la pochette de l’album (qui est sublime) incarne parfaitement. Au même titre qu’un Lope de Aguirre, illuminé, dans le film de Werner Herzog cherchant un Eldorado probablement inexistant au fond de la jungle dense et où l’hydrométrie avoisine les 100% ; Trésors nous perd pour instaurer son règne, et ne nous laisse que peu de repères, si ce n’est des effluves plutôt bien senties de la scène indé de la fin des années 80.

Il n’y a pas chez Trésors, vous l’aurez compris, de volonté de trouver la pop-song parfaite. Sur cet opus on a quitté la « mercantile » idée de pondre du hit éphémère pour piste de danse humidifiée par la sueur, mais pour autant rien ne vous empêchera de vous surprendre à hocher de la tête sur des beats percutants et des mélodies aussi dissonantes qu’entrainantes. On sent que les deux musiciens ont eu le besoin de laisser libre court aux machines et aux instruments de s’exprimer sous leurs regards, afin de pouvoir eux-mêmes injecter leur dose d’idées pour parfaire les compositions. C’est d’ailleurs cette dualité entre l’analogique et le numérique qui offre à l’auditeur le charme intimiste de cet album.

Au même titre que leur précédent opus avait donné lieu à une tournée se finalisant au Palais de Tokyo où avait été projeté une vidéo réalisée par Serge Karpenski pour illustrer le morceau Pleine Lune, on se permet d’imaginer lors de l’écoute d’Adrien à de nouveaux projets cinématographiques mettant en image un univers hyper visuel et à espérer une nouvelle tournée passant dans nos provinces lointaines.

Nico m.

Brasser la merde

9 commentaires

  1. Les hipsters doivent tous mourir

    Album de merde. Fait par des hipsters consanguins aimant se branler autour du vide (et dans de la réverb'). J'ai vomi du coup. L'été n'est pas un alibi à votre devoir d'exigence.

    1. Nicolas

      Fais bien attention à l'endroit ou tu as vomi, ça pourrait avoir fertilisé le sol et quelque chose de subtil aurait peut être une chance d'y voir le jour

  2. ygjk

    Bontempi bonjour. Eurk, m'enfin merci tout de même pour la chronique.

  3. VladimirR

    Pas convaincu là

  4. Gooby

    Tellement dégueulasse cette critique, je parie que tu te branles 3 fois par jour en te relisant ?

  5. dub

    musicalement pauvre, reste à voir sur scène !

  6. M.

    Les commentaires au niveau des commentaires youtube, un délice.

  7. Michel

    Contrairement à certains je n'ai pas vomi (d'ailleurs je suis sûr qu'il n'a pas réellement vomi, m'enfin...) mais l'écoute de "Time" ou "Kill the lamb" suffit à ne pas mettre trop de mots sur cet écrit de pucelle et cet album tout pourri.

  8. schlounga

    bah dis donc qui hate bien charrie bien ! bon c'est loin d'être transcendant c'est sûr, mais c'est pas non plus indigent, on a déjà vu bien pire dans ce créneau. 2-3 morceaux passent pas trop mal. ps : hydrométrie ≠ hygrométrie

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

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