
chronique · 2 décembre 2012 · Musiques électroniques
Vessel
Order Of Noise
Maintenant que le soufflé de la hype est retombé, que reste-t-il ?
par B2B
Parce que s’il est bien un label qui a su émoustiller tous les hipsters en herbe en 2011, ce fut Tri Angle Records (nouvel onglet). Ces fourbes new-yorkais ont su capter l’air du temps avec malice en y ajoutant la touche de nonchalance impérative pour distiller une image de marque branchée. Ces faux-branleurs sont tout de même des bluffeurs car hormis le succès mérité d’Holy Other, il faut bien avouer que le reste est loin d’être à l’avenant. De oOoOO à Balam Acab en passant par Water Borders, la plupart des sorties du label furent des épiphénomènes à peine fréquentable. Vessel (nouvel onglet) va-t-il rejoindre cette masse informe ou réussir à sortir du lot ?
Order Of Noise est fidèle à l’identité sonore du label puisque vous plongeant dans une errance nocturne fantomatique. Etrangement, Tri Angle Records regarde davantage du côté de l’East Londonien que du Queens New-Yorkais. Le parcours nocturne sera donc suffisamment vaporeux pour vous immerger dans un brouillard opaque. Il faut dire que Vessel, Sebastian Gainsborough de son vrai état, est un anglais pur jus. Difficile de tromper son auditoire. Le gars fait partie de cette école malsaine ou chaque son semble mort-vivant. Entre les voix lointaines, la rythmique alanguie et les sonorités aquatiques, le parcours est davantage initiatique que linéaire. Pourtant, Order Of Noise possède une véritable identité sonore, tout en réussissant à varier les (dé)plaisirs.
Son aspect chamanique en fait un partenaire nocturne que l’on fréquente avec distance. C’est avec un certain malaise que l’on vit ces 12 morceaux évoluant librement et rétrécissant lentement le champ de lumière. A ce petit jeu, Lache n’en finit plus de resserrer son downtempo sur votre gorge, vous laissant lentement agoniser. Idem avec Scarletta dont la rythmique éreintante se recouvre d’un épais fog visant à pulvériser le moindre élément extérieur. De toute façon, on ne retiendra qu’un morceau, un seul, surclassant le reste avec aisance. Le sublime Court Of Lions enchaine/superpose les phases rythmiques/mélodiques avec un aplomb sidérant. Pendant 5 minutes, le trip est puissant.
Vessel est d’autant plus machiavélique qu’il brouille les cartes. Il est difficile de cataloguer Order Of Noise tant l’album navigue entre plusieurs styles sans jamais se figer. A peine pense-t-on tenir un album de dub enfumé, Stillborn Dub, qu’on se retrouve avec une techno frontale (et complètement loupée d’ailleurs), Plane Curves. Et c’est justement cette absence de prises qui permet d’attiser le regard.
Cependant, Order Of Noise, bien qu’intelligemment mené et construit, ne passera sans doute pas l’hiver car trop contextuel. Mais avec un son autant taillé pour la glace, on espèrerait presque que le printemps ne revienne pas.






Brasser la merde
1 commentaire
Vaisselle
Il a passé l'hiver (et sans mal d'ailleurs) ! Bonne chronique ! Tri Angle à part oOoOO et Balam Acab c'est fabuleux ! Je ne me lasserais pas du fabuleux EP d'Howse ! Ecoutez-le, il vaut le coup !
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