
chronique · 4 juillet 2014 · Rock / Folk
Antemasque
Antemasque
En plus de veiller toute l’année à l’intégrité, au pointu et au swag de tes playlists d’esthète crapuleux, SWQW souhaite également que tu partes en vacances avec les albums qui vont bien. On continue donc à soigner tes ambiances de crépuscules aoûtiens au camping municipal de La Grande Motte, dans ton Best Western de Genève ou dans ton Airbnb de Lisbonne.
par Mattooh
On les avait quittés fâchés, après le split de lassitude de The Mars Volta ; Cedric Bixler-Zavala et Omar Rodriguez-Lopez, les inséparables hommes-cure-dents révélés dans les années 90 par At The Drive-In, se sont pourtant rabibochés en douce.
Et que font Bixler et Rodriguez, quand ils ont quelques heures devant eux ? Un album. Les revoilà donc sous un autre nom, avec une formule dégraissée et sans grandes ambitions pour l’instant : juste quelques dates de prévues, disque peu produit et sorti uniquement suite au bon accueil réservé au single 4AM (avec Flea pour faire causer quand même), cette affaire ne devrait pas les mener très loin, mais ce n’est sans doute pas l’objectif.
La matière de ce disque, en plus de constituer une base vierge pour reconstruire la complicité musicale entre les deux ex-chevelus texans, est un rock aux ambitions franches et aux formats courts, bien éloigné donc des géniales (souvent) ou interminables (souvent aussi) compositions de The Mars Volta. Point de rock progressif ni de psychédélisme ici, mais quelques arpèges, échos, réflexes de la main droite de Rodriguez ou digressions vocales rappellent que l’on a bien à faire aux même protagonistes (I Got No Remorse, Ride Like The Devil’s Son, People Forget).
Mais alors, penses-tu naïvement, si les riffs se font plus acérés, que la nervosité est de retour et que les chansons tournent autour des 3’30’’, serait-ce le retour à la furie insensée d’At The Drive-In ? Allons bon, ces garçons ont aujourd’hui près de 40 balais, ont sympathisé avec Flea et John Frusciante (deux exemples emblématiques de la propension des rockeurs californiens à vieillir en s’enfonçant dans les sables-mouvants de l’inexorable mollesse) et ont rendu la reformation d’At The Drive-In (le temps de quelques concerts, en 2012) pathétique, quand leurs collègues de Sparta se défonçaient à la tâche ; Antemasque (nouvel onglet) n’a donc plus rien à voir avec tout ça, il faut bien que tu le comprennes.
Si on écarte niaiseries crispantes (50,000 Kilowatts) et égarements d’une inutilité fascinante (ça et là), il s’avère toutefois que les faux-frères nous ont troussé vite-fait bien fait une série de titres efficaces et bien sentis. On retrouve aussi le nouveau goût de Rodriguez pour la simplicité pop-punk et les refrains bubble-gum, déjà développés bien maladroitement avec son autre nouveau groupe, les incongrus Bosnian Rainbows. En marge, on découvre également une balade pop à la cool (Drown All Your Witches, à reprendre catastrophiquement le soir sur la plage, ivre de sangria et de nostalgie mal placée, pour éloigner les cyniques et les fiers), et une composition plus ambitieuse (Providence, très réussie), d’un genre qu’on aimerait voir se développer sur un éventuel second album.
Antemasque est en tout cas une saine et plaisante occupation pour ces deux individus (accompagnés du fidèle batteur Dave Ellitch), et un projet qui a le mérite de retarder l’inexorable album solo acoustique de Bixler, ainsi que de réveiller l’intérêt pour le travail de Rodriguez, porté disparu au milieu de l’inondation constante du marché par ses pénibles disques solos.






Brasser la merde
5 commentaires
gazoo
Effectivement si on écarte les moments horribles il reste quelques bouts de morceaux écoutables, mais au final les atrocités finissent par l'emporter et si on demande bien pourquoi on est là à écouter cet album alors qu'on pourrait écouter des bons trucs à la place.
gazoo
et ON SE demande bien, sorry
PIerre Menard
Tu peux développer stp sur le côté "pathétique" de la reformation d'atdi en 2012 ?
Mattooh
https://www.youtube.com/watch?v=63fOjt6LkPY
Rodriguez se fait chier et le montre bien, Bixler a plus la voix et ça joue trop propre ; ça me gâche complètement le plaisir.
PIerre Menard
Ok merci. Je ne vais pas regarder, préférant garder en mémoire leurs furieux concerts du temps de la sortie de Relationship Of Command.
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