chronique · 3 juin 2014 · Musiques électroniques
2methyl
Orb
The brightest light casts the darkest shadow. (Jess C. Scott, The Darker Side of Life)
par Lexo7
Loin de moi l'idée de jouer les Laurent Boyer de l'indie tendance. Et pourtant, l'éternelle blondeur et le sourire ultra bright en moins, je vais tout de même vous relater une petite histoire qui prouve une nouvelle fois que je suis l'ami des stars. Quelques mois après la sortie de son premier disque, Quelques siècles d'insomnie (auto-produit autrement plus electronica cherchant toujours des adoptants au souffle continu), et après quelques virtuels échanges avec le bisontin qui se nommait encore 2methylbulbe1ol, je croise Nicolas Chevreux (boss d'Ad Noiseam) quelque part dans le Westphallus.
"Dis donc, y a un jeune français qu'est super chaud pour un jour sortir un truc chez toi. Je crois même qu'il pourrait vendre sa mère en échange.
_ Oui je sais, c'est plutôt pas mal ce qu'il fait. Il se pourrait que je le sorte un jour. Mais putain, avant toute chose il faut qu'il change de nom."
Quatre ans plus tard, le jeune français est passé par chez Peace Off, a réalisé quelques plaques ailleurs que chez Mindtrick (l'Ad Noiseam du pauvre, je précise mais tu le savais) et s'est amputé de son bulbe pour ouvrir son compteur release sur le label berlinois en février dernier. End of the little story.
En soldat valeureux mais corporate, 2methyl ne se révèle pas comme une pâle copie de Niveau Zero. Et Dieu sait que le risque était grand. Néanmoins, il ne s'éloigne pas trop des rivages dancefloor et indus bass music qui constituent le socle de la fanbase du label. A l'écoute de ce maxi, on s'aperçoit bien vite que le français a ajouté une grosse pointure au rayon de ses glorieuses influences de base (qui sont Broken Note, Hecq et Dj Hidden).
Si la référence cyberpunk en introduction ne t'a pas échappé, et si certaines régurgitations digitales au tout début d'Orb t'ont rappelé aux contours de LA révélation électronique de 2009, tu as compris que je causais d'Access To Arasaka. Sans les pomper vulgairement, le français s'est approprié les représentations apocalyptiques et cauchemardesques de ce pas si imaginaire nouvel ordre totalitaire qui leur est commun. Et ça lui va bien.
Pour être clair et aussi synthétique que possible, 2methyl incarne très bien sur ce maxi cette bass music incisive, véloce et virile qui s'éloigne des nuques longues, du tuning sur les parking Cora du Benelux et des classiques et faciles amoncellements de Amen Breaks. Avec le même constat pour ce qui est des influences plus que probables, Green Shifter est tout aussi réussi que le titre qui donne son nom au disque. Et ce sans oublier le classique mais efficace remix de The Sect, pour ajouter encore un peu plus de fractales sur les spectres boursoufflés.
Ce format court, ajouté à des lives d'une surprenante qualité, a un sévère goût de reviens y. Malgré l'exigence et le perfectionnisme qui l'habitent, 2methyl devra maintenant transformer l'essai de l'album pour donner une saveur autrement plus assise à sa substance.






Brasser la merde
1 commentaire
fuyosh ckurit
C'est grave un mec à la cool le Nico'. Et l'EP est bien styley aussi ! bisous swsw
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