chronique · 1 mars 2014 · Rock / Folk
Acquaintances
Self-Titled
« Si la connaissance est le but, te connaître doit suffire. » William Shakespeare
par Booboow
Et les gars d'Acquaintances (nouvel onglet) doivent plutôt pas mal se connaître au vu de ce premier album aux influences diverses mais parfaitement maîtrisées. Pourtant le choix de leur patronyme reflète ce qu'ils sont les uns pour les autres : des connaissances. Une bande de mecs qui se sont croisés au fil de la vie, sur la route qui ont partagé une scène, parfois un groupe, une bière, un joint ou des influences. Pour vous aussi, gentils lecteurs assoiffés de nouveauté, les membres du groupe sont issus de groupes que vous connaissez de loin ou de près : The Ponys, Bare Mutants, Ted Leo and the Pharmacists, Don Caballero, The Poison Arrows, Thumbnail, et Atombombpocketknife. Pas besoin de vous faire l'historique du groupe ça ne vous apporterait pas grand-chose et surtout, on s'en fout. Interesting fact though, Justin Sinkovich , "leader" du groupe est également derrière Epitonic (nouvel onglet), fameux site fournisseur de MP3 et de sessions lives mais aussi label sur lequel sort ce premier alboum éponyme.
Il est également de première importance de vous spécifier qu'ils sont basés à Chicago, bastion des labels Touch and Go, Thrill Jockey, et Drag City. Je vais pas vous refaire l'histoire de ces trois labels fiers défenseurs de noise, post (rock-hardcore), math-rock ,d'expérimentations diverses et variées et surtout indie-rock de qualitance supérieure, vous la connaissez déjà. Difficile de ne pas assimiler de telles influences quand tu y baignes depuis des années c'est sûr, mais là bah putain, ça s'entend. Surtout que chaque zikos amène son passif et sa touche propre pour mieux la mêler à celle des autres (comme dans n'importe quel groupe en fait, mais bon). Ici plus particulièrement pour les influences diverses des acolytes pas si anonymes que ça : Justin Sinkovich (Chant - Guitare) pour l'approche post-rock débridé et son chant mélancolique, Stephen Schmidt (Chant - Guitare) pour les embardées post-hardcore et noise explosive, Jared Gummere (Chant - Guitare) pour le côté popisant accrocheur avec son chant laconique à la morgue post-pounk, Patrick Morris (Basse) pour une rythmique carrée et entraînante et Chris Wilson (Batterie) pour un touche plus classique mais bien maîtrisée.
Tu mixes le tout et t'obtiens Acquaintances : Meilleur remède trouvé jusqu'à présent pour tous les déçus de la fin de Sonic Youth (même si Lee Ranaldo et Steve Shelley nous ont pondu de biens bons albums, Thurston et Kim continuent à se branler le manche sous prétexte d'arty-visme). Difficile en effet de ne pas entendre une nouvelle jeunesse sonique tant Acquaintances partage avec les cultes New-Yorkais : Art de la mélodie accrocheuse, variété du chant (ils sont 3 à se le partager, il manque juste une Kim Gordon pour parfaire le tout), rythmique efficace, guitares réverbées qui s'entremêlent et douces explosions. D'autant plus flagrant sur les titres chantés par Stephen Schmidt et Justin Sinkovich dont les intonations et timbres de voix font terriblement penser à Thurston et Lee, particulièrement sur Lower your expectation, increase your odds ou Bachelor's grove. Seuls les trois titres chantés par Jared Gummere sortent un peu du lot d'influences en apportant une urgence garage bienvenue (Got it covered).
Acquaintances nous donnent donc avec ce premier album toute l'étendue de leur perception et compréhension magistrale des maîtres et étalons chicagoans des fameuses et regrettées 90's. Pour faire bref, tu ignorais l'existence Acquaintances mais pas de leurs anciens groupes, et maintenant que tu les as découvert, si jamais on te demande si tu connais Acquaintances, tu pourras répondre : "Oui et ça bhûte, bordel !"






Brasser la merde