
chronique · 11 février 2014 · Rock / Folk
Sleepy Sun
Maui Tears
Sur son précédent disque, le faiblard Spine Hits, Sleepy Sun était un groupe qui cherchait comment survivre au départ de sa chanteuse. Ils s’en défendraient peut-être, mais c’est comme ça que je l’ai ressenti. A l’écoute de Maui Tears, on peut se féliciter de retrouver un groupe complètement revigoré.
par Mattooh
L’accroche affective à la musique du groupe se fait toujours par cette sensibilité mélodique hyper plastique (The Lane, Everywhere Waltz), presque comme de la vraie pop d’écorché, mais qu’on n’aurait pas envie de gifler frénétiquement. Parfaitement maitrisé par le chanteur, le remplissage de l’espace vocal sait dorénavant se passer du soutien de la magnifique voix de Rachel Fannan - qu’on a d’ailleurs un peu perdue de vue depuis qu’elle a fait sécession, en dehors de quelques chœurs pour le chouette disque de Anywhere, supergroupe fugace formé de Mike Watt, Cédric Bixler de The Mars Volta/At The Drive-In et Christian Eric Beaulieu des fabuleux Triclops! (ouais, rien que ça).
Peu de chanteurs savent comme Bret Constantino étirer une mélodie et la plaquer émotionnellement sur le barnum bien épais (Everywhere Waltz) ou le shoegaze délicat façon Mazzy Star (Outside) de ses comparses, tout ça sans se vautrer dans la geignardise embarrassante ou la minauderie hors-sujet. Cette affirmation en tant que vrai vocaliste se ressent par exemple dans l’outro a capella d’Everywhere Waltz, qui se fend d’une fantaisie inédite dans le répertoire du groupe, ou la brève nudité de l’interlude Slowdown. Le garçon est impérial, les compositions toujours fines et versatiles.
Et les Sleepy Sun (nouvel onglet) ont bien raison de ne pas jouer aux plus costauds, puisque s’ils savent lester leurs riffs bien comme il faut (11:32) ou crâner sur quelques gimmicks avec supplément sucre (Galaxy Punk), leur force réside avant tout dans cette aisance naturelle à évoluer entre pop, shoegazing, stoner et psychédélisme (la délicieuse Thielbar). Quelque part entre Mars Red Sky (en plus libre), Tame Impala (en moins millimétré et plus expansif) et les Black Angels (avec du talent), Sleepy Sun me plait de plus en plus. Leur concert au Primavera 2012 m’avait déjà complètement tourneboulé, mais aujourd’hui je me rends compte que plus le groupe sort des disques, plus ses capacités semblent étendues.
Bon, je ne voudrais pas te survendre l’affaire, mais ne laisse surtout pas les cheveux gras (nouvel onglet) et les inexplicables accoutrements (nouvel onglet) de ces jeunes gens se mettre entre toi et leurs disques. A l’heure où le paysage stoner/psyché et apparentés est saturé de clones usinant du riff à la chaîne sans s’embarrasser de penser à écrire des chansons, ce retour en pleine forme des Sleepy Sun réchauffera à coup sûr ton sordide hiver enduré dans un pays de cons.






Brasser la merde
3 commentaires
Oswald
Le dernier album m'avait tellement déçu que je pensais ne même pas jeter une oreille sur celui-ci. Mais cette chronique me donne vraiment envie de croire que Spine Hits n'était qu'un faux pas, un moment d'égarement. Je vais donc écouter ça, en esperant que ce soit du tout bon comme les votes l'annoncent.
hank
Bien bonne chronique, pour un bien bon disque. En effet le dernier était passablement ennuyeux, celui là est plus gras, plus inspiré, et redonne au groupe sa stature. Il reste plus qu'à ce que Rachel se rende compte qu'elle y arrive pas seule (ou que l'embrouille qu'il y a du y avoir se résolve), et on aura un prochain disque parfait.
philippe FOULIER
suberbe album ou l'on sent les influenscs des ainées..pink floyd entre autre.Domage que le Dble Vinyl soit en 45 RPM
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