Vous allez finir par croire que l'on est actionnaire majoritaire du label Northern Electronics (nouvel onglet) tant on ne cesse de mettre en avant leurs productions. C'est à dire que depuis la découverte du remarquable Misantropen de Varg, le label s'agençant autour d'Abdulla Rashim (lui aussi auteur d'un Unanimity radicalement anxiogène) poursuit sa quête d'une techno immersive et blafarde pour un sans faute total. Mais non, soyez rassuré, notre intégrité reste notre unique moteur. Et si on parle tant de cette scène suédoise, c'est qu'actuellement, elle devance d'une tête ses concurrentes.
Dernière exemple en date avec l'EP Nautilus de l'énigmatique suédois Acronym. Les derniers récalcitrants à Northern Electronics devraient ici trouver leur compte. En effet, Acronym est moins monolithique qu'Abdulla Rashim et moins mental que Varg. En gros, ses créations sont plus douces, plus immédiates, en somme plus orientées pour les clubs. Car là où ses comparses refusent tout principe de compromission, lui opte pour une techno n'hésitant pas à reprendre son souffle avant de balancer un kick ouaté.
Mais ne soyez pas rebutés pour autant les puristes. Nautilus reste avant tout du Northern Electronics pur jus, autrement dit une techno subaquatique dense et rampante. Le premier titre, éponyme, est un modèle du genre, une démonstration d'architecture techno implacable à la rythmique tribale hypnotique. Le reste de l'EP donne dans la techno d'entomologiste, mais en laissant toujours le temps nécessaire pour reprendre sa respiration. C'est là que l'on comprend en quoi il s'agit d'une techno aquatique, densifiant chaque texture pour favoriser l'immersion absolue. La différence est que cette fois-ci, il est permis de respirer sous l'eau. On apprend ainsi à écouter entre les beats, à ne rien laisser au hasard. Tant est si bien que les jambes travaillent autant que la tête.
Toute la force de Nautilus repose sur cette paradoxalité. Bien que vous laissant errer dans une monde sans espoir (dont Dark en révèle les penchants les plus post-apocalytpiques), vous ne cessez d'être mélancolique. Pour arriver à cet état, Acronym a assoupli sa basse, donnant l'impression que le tempo est ralenti. De même, les nappes ambients demeurent toujours très fines et en arrière-plan, pour mieux laisser l'auditeur venir à elles. On accepte donc la défaite, sans amertume.
Nautilus est un EP techno qui se mérite sans effort. Tout au plus doit on accepter d'être immergé au plus profond des abysses. Mais même dans cette zone d'inconfort, arrive encore à poindre un rayon de lumière.






Brasser la merde
7 commentaires
jb
b2b,
t'avais pensé quoi de unanimity ? un peu déçu déçu.
B2B
Je l'ai chroniqué mec : http://www.swqw.fr/chroniques/techno-house/abdulla-rashim-unanimity.html Bref, l'album est sombre et sans concession. Un peu chiant aussi. Et voué à sombrer dans l'oubli rapidement (comme une grande majorité de toutes les sorties dark-techno actuelles qui deviennent un poil trop cliché).
jb
je voulais te demander un truc, est-ce que t'as 2, 3 bouquins que tu recommandes sur la musique électronique ?
jb
notamment sur la culture de la house music.
merci
DD
Sur les bouquin il y en a pas mal qui sont sortis ces temps ci. Perso pour moi le meilleur que j'ai pu lire date déjà c'est Global Tekno de JY Leloup, il est épuisé et la maison d'édition a fait faillite mais le trouve encore d'occas : http://www.amazon.fr/Global-Tekno-initiatique-musique-%C3%A9lectronique/dp/2910196194 Les chapitres sont classés par ville (New York, Chicago, Detroit, Londres ...) Pour les plus de 30 ans tous les noms et les endroits cités vont raviver des souvenirs sinon du même auteur tu as en ligne un ouvrage hypermédia http://www.olats.org/livresetudes/basiques/musiqueelectronique/basiquesME.php
Enfin un tout petit bouquin vraiment pas cher chez Allia http://www.editions-allia.com/fr/livre/506/machine-soul (Je mets un lien Amazon mais s'il vous plait achetez les livres près de chez vous, ce sont les libraires qui m'ont fait découvrir ces bouquins, pas le moteur de suggestion du site sus cité !)
DD
Ah j’oubliais aussi une compilation des chroniques de Didier Lestrades dans libération mais là ça ne concerne que des disques sortis de 1989 à 1999 http://didierlestrade.fr/about-me/actus/article/parution-du-livre-chroniques-du
chez Allia il est aussi paru "Der Klang der Famillie" http://www.editions-allia.com/fr/livre/661/der-klang-der-familie je suis beaucoup plus mitigé, le livre porte Berlin et se divise en deux parties : une sur Underground Resistance et le Tresor (la connexion Detroit - Berlin) une autre sur Westbam et la création de la Love Parade (enfin je crois car je me suis pas trop attardé dessus ...) Franchement je n'ai pas compris comment on peut juxtaposer et mettre à égalité ces deux tendances aussi radicalement opposées!
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