silent weapons for quiet wars

Pochette de The House at Sea

chronique · 21 février 2013 · Rock / Folk

Amor de Dias

The House at Sea

par Julien Lafond-Laumond

C’est vrai qu’on peut regretter la belle époque de The Clientele. De leurs petits albums autoproduits (Suburban Light en 2000 et The Violet Hour en 2003) à leurs splendides premières réussites chez Merge (nouvel onglet) (Strange Geometry et God Save The Clientele en 2005 et 2007), ils ont tout au long des années 2000 incarné à merveille ce qu’était la pop anglaise la plus noble, la plus grisailleuse et raffinée. Mais après un album et un EP franchement médiocres (Bonfires on the Heath et Minotaur), ils annoncent il y a deux ans une pause possiblement définitive. Dans la foulée, au printemps 2011, Streets of the Love of Days paraît. C’est le premier album d’Amor de Dias, duo formé de l’ex leader du groupe Alasdair MacLean et de Lupe Núñez-Fernández, chanteuse des Pipas et collaboratrice régulière de The Clientele.

Dans Amor de Dias, MacLean et Núñez-Fernández se partagent les tâches à part égale : on les entend l’un et l’autre chanter comme on les voit l’un et l’autre poser leurs signatures respectives aux différentes compositions. Maclean apporte sa voix faiblarde, sa mélancolie littéraire et désabusée, ses tempos languissants et ses structures flottantes tandis que son acolyte apporte la sensualité hispanique, la posture bossa et l’amour des guitares flamenco.

Pour leur deuxième album, le résultat est le même que pour le premier : The House at Sea est discret et réconfortant, c’est un disque qui fait du bien. La connexion pluie britannique – triste coucher de soleil est absolument évidente. Pas de grande virtuosité à l’horizon, ni de grande ambition, seulement des petites chansons adorables, parfaite pour les bluettes amoureuses sans conséquence. Que celui qui trouve par exemple quelque chose à redire aux merveilleux « In The Winter Sun » ou « Jean’s Leaving » ose se manifester, il pourrait bien alors se faire traiter de grosse charogne, de parasite à supprimer. Parce que The House at Sea est un disque qu’on peut à la limite ignorer, mais qu’on ne peut certainement pas salir.

C’est un album qui peut faire certes regretter les chefs d’œuvre passés de MacLean ; mais ça tombe bien : les ambiances latines qu’il distille sont aussi incroyablement propices à la nostalgie. Ici, on pense à comme c’était mieux avant tout en se faisant plaisir au présent. Et c’est un paradoxe parfaitement facile à assumer, si tant est que l'on ait rien contre le leger engourdissement provoqué par les chansons timides.

Amor de Días - Jean's Waving (nouvel onglet) from Merge Records (nouvel onglet) on Vimeo (nouvel onglet).

Julien Lafond-Laumond

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