
chronique · 20 février 2013 · Rock / Folk
Filiamotsa
Sentier des roches
Encore un groupe de l'Est de la France, après Le Singe Blanc ou Blockheads et avant Feeling of love, qui va faire parler la poudre en 2013! Après tout, quoi de plus naturel, ils viennent tous d'une région industrielle sidérurgique et minière en plein désarroi : la Lorraine.
par Booboow
**Filiamotsa (nouvel onglet)**est à la base un duo violon/batterie, formation peu commune s'il en est dans le milieu des musiques dites 'bruyantes', mais qui change de forme comme Rocco de partenaires.
Jugez plutôt. 7ème enregistrement depuis la création du groupe en 2007, Le sentier des roches fait suite à un album et un Ep sortit en 2012 sous le nom de Filiamotsa soufflant rhodes (une variation de nom qui n'est pas sans rappeler ceux utilisés par le collectif Montréalais A Silver Mount Zion) ou le duo s'était adjoint les services de cuivres et claviers pour un résultat des plus originaux.
Pour ce nouvel album, ils accueillent en leur rang un second violoniste/clavier, histoire d'apporter encore plus de subtilité à leur musique, mais ne changent pas de nom.
Bon avec tout ça , cela ne vous aide pas à savoir de quoi il retourne...
Si je vous dis "rock à violon", vous pensez immédiatement aux Dirty Three, A Silver Mount Zion, Laurie Anderson ou John Cale. Non ? Moi, oui! Gardez l'aspect ambiancé et lancinant des 2 premiers, les expérimentations des seconds et ajoutez-y une puissance de feu égale à celle des hauts fourneaux d'Uckange... vous obtiendrez Filliamotsa!
C'est une formule simplifiée hein! Les loustics savent varier les plaisirs en revisitant certains de leurs morceaux à l'infini. Pour exemple les titres Zittern et Montroyal existent sous de nombreuses versions différentes (n'hésitez pas à checker le reste de leur discographie pour découvrir ça!).
On trouve trois types de compositions différentes dans cette nouvelle mouture du groupe.
De longues missives crépusculaires, oscillant entre post-rock cinématographique délétère (après tout, ils viennent des musiques improvisées) et décharges noises presque apocalyptiques comme Zittern (et son final aux claviers très SF) ou Cerveaux de familles et Montroyal. Deux titres sont bien plus frontaux : Chiens déguisés aux textes déclamés avec véhémence et son final alarmant ou l'uppercut So noise, au chant direct dans le violon, qui porte merveilleusement bien son titre.
Et puisque Filiamotsa est friand de collaborations diverses, ils continuent sur leur lancée en se rapprochant de 3 artistes d'univers éloignés : G.W Sok (ancien chanteur de The Ex), Louis Warinsky (alias Chapelier Fou) ou l'Archipel Nocturne (ensemble croisant musiques expérimentales et contemporaines). Le premier titre collaboratif à faire son apparition est 4QSO sur lequel GW Sok, rencontré lors du festival défricheur Musique Action à Nancy, apporte sa verve poétique maudite. Ce titre est déjà présent sur le tout récent split avec les Rennais de Trunks paru chez l'excellent label Les disques de plomb (nouvel onglet) dans leur série Rosemary K's Diaries. Le titre Montroyal, ici ré-interprété avec l'Archipel Nocturne, se voit raccourci de moitié pour aller à l'essentiel : faire un morceau de musique contemporaine avec des couilles. Dernière collaboration, La porte de la fontaine, qui clôture le disque sur une note toujours tendue mais plus fraîche et teintée d'électronique par un troisième (!) violoniste : Chapelier fou.
Autant pisser dans un violon que de vous dire que dans ses nuances de noise psychédéliques et expérimentales, cet album DE-CHI-RE !






Brasser la merde
3 commentaires
Georges White
Les extraits donnent furieusement envie d'en écouter d'avantage. Merci pour cette découverte.
booboow
De rien. En live ça dépotte pas mal aussi. Ils tournent en ce moment avec Trunks, à ne pas louper !
Isa
je confirme !! très chouette en live. Avec encore les immanquables Trunks sur quelques dates.
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