
chronique · 25 octobre 2012 · Techno / House
Michael Mayer
Mantasy
Kompakt fut un des labels les plus influents de la sphère techno au cœur des 00’s. Cet âge d’or aura eu le mérite de nous permettre de placer Cologne sur la carte de l’Allemagne et de nous faire apprécier la techno veloutée. A cette époque (empli de crédulité), des artistes comme Superpitcher, Sascha Funke ou bien Ferenc auront su trouver refuge dans mes oreilles. Je n’ai jamais craché dans la soupe et aujourd’hui encore, je fais parfois preuve de faiblesse devant une sortie Kompakt. Et pourtant...
par B2B
Pourtant, de manière quasi systématique depuis 2-3 ans, je me casse les dents sur les nouveautés. Il n’y a guère que les électrons libres Thomas Fehlmann et Wolfgang Voigt qui arrivent encore à me surprendre. Alors quand Michael Mayer, l’un des boss de Kompakt (nouvel onglet) (avec Reinhard Voigt et Jürgen Paape), décide de sortir un nouvel album, je me précipite dessus comme un gamin, espérant que la pochette me dévoilera une belle surprise.
Mantasy n’est que le second essai de l’allemand, faisant suite à un Touch pour le moins dispensable, sorti il y a déjà 8 ans. Le constat est facilement résumable : Mantasy c’est du Kompakt, pur et dur. Le souci c’est qu’aujourd’hui, tout le monde s’en fout de Kompakt car la techno a pris de nouvelles directions et que, pour être réaliste, il faut bien admettre que ça a un poil vieilli. Mantasy sonne donc comme n’importe quel album de l’écurie sorti vers 2006-07. Autrement dit, l’enrobage est pop, la basse est ronde et accueillante, tout y est propre et bien rangé. Sans non plus s’ennuyer comme un rat mort, il ne se passe pas grand-chose de nouveau. Mantasy est un joli album qui décorera votre rayon de CDs mais que vous aurez vite fait d’oublier. Michael Mayer nous l’a joue bien trop classique, limite vieux jeu.
Pourtant le gazier possède un savoir-faire, notamment dans la recherche d’intemporalité. Les habitués du bonhomme connaissent sur le bout des ongles ses excellents mixes Immer, dont l’unique but est de réussir à traverser les années. Mais là où Mayer réussit en mix, il échoue sur album. Ainsi, Mantasy s’ouvre sur l’ambient aseptisée de Sully avant d’offrir deux morceaux d’électro-pop inoffensifs, dont un Mantasy 80’s ludique. L’album subit ensuite un ventre mou impardonnable avec un Roses avarié et tombant dans le lounge infréquentable et un Rudi Was A Punk à paillettes tournant en rond. Non, le véritable savoir-faire s’observe surtout sur un Voigt Kampff Test malin (Wolfgang Voigt doit sans doute avoir sa part de responsabilité). Mais le Good Times clôturant l’album a le malheur de tomber dans tous les clichés du genre : house poussive, gimmicks éculés, paroles d’une naïveté sans bornes.
Ce n’est pas avec ce Mantasy trop propre sur lui que Michael Mayer va pouvoir réveiller Kompakt. Bien que sympathique au premier abord, l’album se révèle rapidement sans consistance. Il faut se faire une raison, Kompakt n’est plus que l’ombre de lui-même.






Brasser la merde
17 commentaires
masse
cte sévérité
B2B
Et encore, je me trouve sympa.
julienl
J'ai toujours trouvé Kompakt un peu chiant. Maintenant, en plus, ça sonne daté. Beurk.
Ci-git
Parfait pour une écoute après relations sexuelles tarifées, style je suis quand même un type bien.
P.L
Reçu ce matin dans ma boîte. Une préalable écoute sur le net m'avait plu par son côté justement assez rassurant car attendu mais quand même agréable et pas chiant.
douks
Pourquoi vous mettez plus de notes avec vos chroniques ?
B2B
Parce que trop arbitraires à notre sens.
P.L
Sûrement car avant ça oscillait à 75% entre 7 et 8,5. Et toujours 8,5/9 si field recording ambient. hihi.
B2B
Et je dis que tu as raison, parfaitement raison.
Cynosargos
Je retiens tout de même les trois albums de The Field.
B2B
Ils sont hors catégorie ceux là.
Jarod
C'est vrai,Kompakt n'est plus ce qu'il était mais j'aurai toujours un oeil sur ses sorties.Rien que pour les trés bons souvenirs des albums de The Field,Kaito,SCSI9 ou encore Walls.La désintox sera longue...!
dav
svp, j'adore vos chroniques mais remettez des notes...l'arbitraire fait partie de la critique
B2B
C'est discutable. Pour le moment, on préfère supprimer les notes pour mettre les chroniques en avant (combien de personnes se limite à la note sans lire ? Sans doute trop). Mais rien n'est figer sur SWQW, tout est appelé à évoluer.
P.L
Je ne pense pas que votre lectorat soit du genre à ne lire que la note, ceux qui viennent ici ne sont pas là par hasard :)
Jean-Do
Note du chroniqueur je ne sais pas, ça m'est un peu égal, mais l'idée de la note moyenne des lecteurs affichée sous forme de barre est très intéressante je trouve, histoire de grossièrement voir ce qu'en pense le "public" en complément de la chronique.
douks
oui bonne idée
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