
chronique · 9 septembre 2014 · Rock / Folk
Joel Gion
Apple Bonkers
Voilà bien un exemple de reconversion professionnelle réussie à présenter dans tous les Pôles Emplois de France et de Navarre : passer de "tambourine-man-troubadour" d'un groupe de légende à auteur-compositeur-guitariste-chanteur de sa propre formation. Le tout sans AFPR, CAE ou autres DIF ! Vous autres chômeurs comprendrez.
par Manu
Joel Gion (nouvel onglet), membre charismatique du Brian Jonestown Massacre, fumeur de grand talent, amuseur de galerie, et surtout percussionniste central de la troupe d'Anton Newcombe, arrive en cet été 2014 avec son premier album solo. Bon, l'homme au bonnet nous avait déjà fait l'honneur de préparer sa venue avec un EP sorti en 2011 (Extended Play) sur lequel on avait pris connaissance avec le son du bonhomme. On avait en revanche déjà eu l'occasion d'entendre sa voix de fort belle manière sur plusieurs chansons de l'album de The Dilettantes étrangement dénommé 101 Tambourines. Coincidence ... ? Je laisse vos talents d'enquêteurs faire le reste. Bref, hormis quelques choeurs et les invectives parlées de la chanson Got My Eye on You durant les lives du BJM c'est peu ou prou tout ce que l'on connaissait de lui.
Il faut dès à présent rappeler que tout ce qui gravite autour de la sphère du Brian Jonestown Massacre est souvent une réussite. Pour brasser large de The Warlocks au Black Rebel Motorcycle Club, de The Lovetones ou Spindrift à The Out Crowd tout est assez génial. Voir même brillant pour la plupart. Alors cette pression autour de la nébuleuse du Committee To Keep Music Evil - laboratoire d'idée et label californien - faisait que l'on attendait avec hâte la sortie du LP de M. Gion.
Et bien on n’est pas déçu ! En vrai on n’attendait pas un chef d'œuvre absolu, donc le résultat est à la hauteur des espérances. Un album compact, complet, gourmand/croquant comme dirait Cyril Lignac, avec un son au carrefour du rock jonestownien (Yes) du psych-garage (Radio Silence, Two Daisies) ou encore du psychédélisme 60's à la Turtles (Hairy Flowers). Mais loin de seulement faire la part-belle à de l'existant, Joel Gion possède ses propres idées et un son à lui, sorte de fuzzy-pop psychédélique aux relents shoegazes comme on peut l'entendre sur Smile, Dart, Mirage ou sur la jouissive chanson de fin Don't Let The Fuckers Bring You Down.
En somme, le premier album d'un Gion bien entouré (Colin Hegna et Rob Campanella du BJM à la production) - mais également de Matt Hollywood ou de membres des Dandy Warhols, Asteroid #4 ou de The Warlocks durant les sessions studios - fait figure de réussite intéressante dans un revival psyché qui tourne parfois en rond. Alors certes avec autant de beau monde autour de lui, et de petits génies des mélopées psychédéliques on se demande quelle réelle part Joel à pu prendre pour lui. Peu importe en fait, l'album est bon, même si on est à peu prêt sur qu’il ne restera pas au panthéon du psychédélisme mondial, on se satisfait très bien d’un premier opus qui garde malgré tout un « petit gout de reviens-y » pas désagréable.






Brasser la merde