
Arm a choisi d’inscrire ses nouveaux Psaumes dans un registre musical bien différent de ses débuts avec Olivier Mellano mais dans la veine de ce qui a fait plisser les sourcils sur le dernier Jamais trop tard. Le rappeur a poussé au binôme sa collaboration avec Tepr pour la totalité de la réalisation de son album. Il a définitivement opté pour une dérivation de la recette désastreuse du morceau Mon visage pour nous en décliner huit nouveaux titres. Un chavirement artistique ne porte évidemment pas intrinsèquement les bribes de la déception mais une collaboration avec Tepr y obéit déjà un peu moins.
Après avoir mis un premier pied dans des prods grotesques et insipides, l’ex (?) voix de Psykick Lyrikah a sauté pieds joints dans ce penchant bien trop abrupt d’un rap en mauvaise voie, et offrira à coups sûr du pain sur les planches de ceux qui bornent, ignorants, le rap français à une soupe vocodée. L’inécoutable Tu sais, titre baïonnette du fusil rouillé du rappeur rennais, suffirait à illustrer mon propos et canaliserait à lui seul cet ennui si La nuit (et son clip d’un esthétisme déconcertant) n’était pas venu lui tirer le pompon sous le nez.
Ce qui frappe d’emblée, c’est cette écriture qui justement frappe un peu partout, pour ne pas dire nulle part, et qui finalement n’a plus d’impact. L’écriture du projet se cantonne à vouloir vanter une trajectoire personnelle qui perce et guider son prochain. Arm paraît vouloir manier l’egotrip mais il le confondrait presque maladroitement avec égocentrisme. La plume est restreinte, trop brève et use d’un ton à l’impératif à la limite du mentor autoproclamé. Le texte puise dans ce fond-là, essoré, et se projette dans une forme qui s’obstine à vouloir s’étaler : chacun des huit morceaux a droit à sa dose de phrasés répétés à outrance en refrain ou en fin de morceaux. Ou les deux.
« Retiens la vie comme tu peux mais retiens-la bien
mais retiens-la bien
mais retiens-la bien »
La force d’arme usuelle du rappeur est celle de nous offrir une présence accompagnatrice dans la noirceur des limbes. Arm a ce talent fou de percer les membranes des brouillards intimes, des fièvres dont on ne se sort pas en solitaire. Seulement il s’est aujourd’hui cloisonné dans un domaine dans lequel il a perdu l’authenticité de son art. A vouloir percuter et empoigner à tout prix, décrocher la punchline, le propos se retrouve épris dans un brouillon dénué de profondeur. La boucle interminable « rallumez les soleils » sur le titre Rallumez-les donnerait plutôt envie de rallumer les lumières sous la pluie et d’éteindre celle-ci.
« On reste à l’écart tu sais pourquoi
tête brulée tête droite
cherche pas comment plaire»
Même s’il affirme sur Tu sais que son intention n’est pas de plaire, on aura tout de même bien de la peine à m’ôter l’idée que le bonhomme se prélasse de vouloir ratisser large et prend goût aux codes pré-pubères qui collent hélas bien trop à la peau des MC français qui perdent leurs poils.
Entre une collaboration désastreuse et un propos noyé, Arm semble s’être pris les pieds dans le tapis d’un appétit inédit et d’une mise à l’écart de ce qui l’a (et ce qu’il a) construit. Sans parler de la moquette qu’il mange en s’embourbant dans les bas-fonds d’un vocodeur huilé pour adolescents en attente insatiable du nouveau PNL.
« lève la tête, lè-lève la tête
lève la tête, lè-lève la tête
du feu dans les paumes
Du feu dans nos psaumes »
Chaque soir résume et cristallise toute la déception qui découle de l’écoute de ce Psaumes. Le texte est de loin le plus (le seul ?) touchant de l’album et la composition un peu plus épurée lui laisserait presque le terreau fertile pour éclore. Mais les artifices le parasitent. Les mots n’occupent qu’une minute du morceau, les trois autres étant le mélange abject d’un refrain nasillard et martelé, et d’une prod partie au sabordage d’un navire décidément bien mal embarqué. Arm fait désormais jouer dans l’écho de ces codes-là ses mots qui ont perdu de leur reflet.






Brasser la merde
8 commentaires
Jean-Do
Il ne reste plus-qu'à aller pleurer sur les collaborations autrefois fructueuses d'Arm et Abstrackt Keal Agram.
"Par temps de pluie, ou par tant de vies gâchées, la plume meurt par tant de rimes tachées"
Brice
Pfouahaha n'importe quoi cette chro de vieux réac' !
Gougou
Visiblement, le dénommé Féfé n'a pas bien écouté l'album... (j'espère seulement qu'il est bénévole)
juju
Je ne suis pas contre émettre des critiques négatives mais ici, ca sent clairement qq chose qui tient plus de la rancoeur qu'autre chose. Indice : pas un seul argument qui ne tienne la route dans cette chronique. C'est idiot, bas, petit. L'auteur a-t-il seulement bien écouté les paroles ? Je ne pense pas.
Epinochette
Un album très décevant, en effet.
@juju perso j'ai trouvé toute une ribambelle d'arguments qui viennent étayer le propos. Juju a-t-elle seulement bien lue la critique ? Je ne pense pas. Allez, salut.
Ji
La grosse chronique de haterz lol. C'est clairement abusé. Surtout que les morceaux sont assez varié pour ne pas tous les mettre dans le même sac, comme ici. Moi j'aime pas tout mais y'a des trucs tentés qui sont réussis sérieux. La mauvaise foi est évidente là, on sent que t'as une dent contre l'évolution de arm t'as l'air énervé lol faut se détendre, tu peux aller lui dire en face ça sera plus simple.
Lerrant
Cette critique est pompeuse dis donc ! Je n'aime pas trop le rap habituellement et je suis surpris d'écouter à plusieurs reprises certains des titres de ce très bon album. Musicalement, je le trouve top. Les textes me parviennent bien et j'ai même envie de bouger dessus. Franchement, féfé est un fieffé coquin !
zaaab
bon et bien comment dire.....je crois que j'ai tout ce qu'a fait arm (en fait 8 albums sans compter Hamlet) et pour la première fois sur 9eme album je suis un peu gêné, je n'ai pas couru le faire écouter à tous mes potes.....
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