silent weapons for quiet wars

chronique · 24 janvier 2014 · Musiques électroniques

Camilla Sparksss

Europe EP

Où il est question de sensibilité bétonnée…

par Mélanie Meyer

Il fallait faire autre chose. Étendre l’expression musicale. Développer un aspect totalement électro. Voilà comment, en résumé, Barbara Lehnoff explique le side-project dont elle est la représentante officielle bien qu’elle ne se dissocie pas réellement d’Aris Bassetti, son alter ego de Peter Kernel. Pour la source d’inspiration en premier lieu (toujours punk) et pour la composition des morceaux en second (Monsieur n’est jamais loin), cela reste formellement arty. Preuve en est le goût prononcé pour les formats courts (7 inches), les objets travaillés (photo, support) les sorties espacées (janvier-avril-octobre), comme pour susciter l’attente et créer le besoin.

Dernier né de cette volonté, le single n°3 est le plus rugueux et donc le plus intéressant. On songe immédiatement à Crystal Castles à l’écoute de ce chant alternant affectation enfantine malsaine et désordre hystérique, de ses rythmiques violentes et de son électro hallucinée. Et puis, on s’attarde un peu plus. Si cela devait en rester là, on ne s’esbaudirait point. On finit par remettre l’oreille sur Units avec leur I-Night culte. Et là, pour inspirer une telle référence, on est content !

Evidemment, il s’agit d’un raccourci mais l’éponyme Europe suscite un tel rapprochement, non pour la composition mais pour l’esprit qui est à l’œuvre. Une efficacité redoutable qui tient dans l’appropriation assumée des influences oldies et réorchestrée à la sauce hipster (sans grossièreté, je suis rarement grossière) : du beat énorme en veux-tu, en voilà, du cut-off pour augmenter tout cela, du synthétique métallique associé à une rythmique martiale, une construction breakée. Cela pourrait tomber dans le putassier mais c’est simplement bien fait. Une accroche énorme. Cela tombe bien puisque l’on enchaîne sur This Is Huge. Plus calme a priori, il se divise en deux moments. Le premier dominé par la mise en avant des rythmiques et une basse lourde : tendance mais sans extase. Et puis, le cut brutal ! S’enchaîne alors la deuxième partie, la plus intéressante, avec une mélodie synthétique prégnante ou comment faire une new wave des plus entraînantes.

C’est redoutable. C’est calibré. Ça dit ce que c’est : c’est bien et c’est tout.

Mélanie Meyer

Brasser la merde

3 commentaires

  1. schlounga

    très bien cet ep

  2. Yannosh

    Totalement d'accord

  3. sb

    A ne pas rater en live... la performance est extra.

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

    pas de compte : ton pseudo est protégé par un ticket que ton navigateur garde pour toi.

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