
Il y a des bêtises a ne pas faire avec Crystal Castles, comme se lancer dans l'écoute d'un nouvel album l'âme encore frétillante mais le foie fracturé, un dimanche au réveil après un week-end d'abus variés.
Fini le temps où la gerbe qui corrigeait l'excès de fierté durait le temps de reprendre ses esprits, après une enfilade de tours sur soi-même dans la cour de récré, ou quand, plus tard, on pouvait enchainer deux soirs de cuite au mauvais vin, pour se réveiller le matin avec encore en tête la musique médiocre qu'on nous avait imposé la veille.
Nos deux jeunes esprits de Toronto en l'occurrence ne se sont pas soustraits à la règle qui fait qu'immanquablement, la verve adolescence s'essouffle en vieillissant.
Alors on trouve des excuses pour rentrer moins tard, plus aigri - comme moi - ou moins audacieux, comme eux qui ont préféré remplacer la fureur qu'on leur avait envié un soir de Rock en Seine pluvieux, par une soupe down-tempo, affadie par la dilution excessive de la substance même de leur musique, la rage.
Celle-ci peut-être fédératrice pourtant, comme quand par le passé toutes les générations semblaient réconciliées à grands coups d'exclamations 8-bit, de vrombissements d'infra-basses, ou autres appels au génocide. Robert Smith lui même s'était pris au jeu, posant sa trop rare voix sur le tubesque Not In Love.
Il est cependant difficile de remplacer une essence par une autre dans la composition d'une effluve, et l'ersatz pseudo intellectuel nouvellement mis en avant est un mauvais produit de remplacement à la colère évoquée précédemment.
Désormais, ils préfèrent exprimer leur dépit et dégoût de l'humanité en paroles, noyées dans un maëstrolm sonore sans queue ni tête, et afficher leur révolte sur une pochette pseudo politique. Tout tourne en rond, et l'apanage de leur jeunesse ne conduit qu'à la mollesse, comme dans Pale Flesh, paroxysme abyssal de leur paresse. La chair est triste, hélas (…)






Brasser la merde
16 commentaires
gijeutor
La track list preview donne la migraine! Cholette bon rétablissement!!
Cholette
Cimer !
ETMO
Non, c'est un bon album, aussi bon que le precedent, Apres cest vrai il est tjs border line avec le mauvais gout mais cest sa force
Philippe
Cet album est vraiment excellent. Je suis un adepte des premiers temps de Crystal Castles. Aucun groupe n'a réussi à produire un son aussi catchy durant trois albums. Ils ne sont pas tombés dans la vague Dubstep juste parce que c'est la mode de ''dubsteper'' quelques tracks. Transgender, Sad eyes et Wrath of God sont des morceaux incroyables. Aucunement d'accord avec cette chronique. On pensait que Crystal Castles allait être un groupe passagé avec un son 8 bit dépassé rapidement, mais ils signent ici un troisième album court, certes, mais très bien exécuté. Désolé Cholette, mais ton analyse n'est pas juste à mon humble avis. Longue vie à Ethan et Alice.
Cholette
Hé oui ! ça dépend des (dé)gouts ... ;-)
Philippe
Ingénieuse utilisation des parenthèses.
Jerem
Pour ma part, je le trouve toujours aussi bon ce nouveau crystal castles.
Roro
Je ne voudrais pas être méchant mais je trouve que cette chronique substitue complétement le style à l'argumentation. Le son de l'album n'est quasiment pas décrit, et on ne comprend pas vraiment les causes de cette dépréciation... Où et comment cette prétendue "mollesse" se produit-elle ? Et puis, parler de "maëstrolm sonore sans queue ni tête" n'est guère constructif, tout de même. Bref, tout cela fait un peu gratuit.
Après, si l'objectif était juste d'exprimer un vague ressenti, c'est très réussi.
Quant à la qualité de l'album, le son gagne en cohésion et ne dévie en aucun cas de la ligne directrice dérangeante, percutante et innovatrice du groupe. Bien que les techniques soit connues (8 bits, sample vocaux, etc...), elles sont toujours réagencées de façon originale. Quels effets de résonance sur "Transgender" par exemple ! Du tout bon ;-)
Cholette
Salut Roro, Chouette un débat. Tout d'abord je ne juge pas utile de démonter chirurgicalement ce disque car mon but n'est pas de démontrer à ses partisans qu'ils ont tort, et moi raison. Ensuite c'est donc bien comme tu l'as judicieusement remarqué l'expression d'un point de vue, postulat de départ de toute critique. Puis je pense aussi avoir suffisamment recontextualisé son écoute pour mettre en garde de l'angle d'attaque aigu que j'avais décidé d'adopter. Enfin je préfère m'étendre sur des albums qui m'ont plu.... Et là ça traine hein ;-) Et pis çé tout.
Roro
Merci pour cette réponse Cholette. Ta démarche est en effet respectable puisque pleinement assumée. Je reconnais que tu livres une perception originale (et donc enrichissante) de cet album, mais celle-ci n'en reste pas moins frustrante pour ceux (comme moi) qui l'ont apprécié, car en te lisant on a plus tendance à expliquer ce rejet par les conditions d'écoute plus que par la qualité intrinsèque de ce troisième opus. D'où un léger relent d'injustice, en ce qui me concerne.
Mais si tu estimes que ton point de vue s'exprime le plus clairement en maintenant une large distance avec l'objet de ton dégoût. Il n'y a rien à redire.
Au plaisir de te lire sur des sujets qui stimuleront moins ta bile... et te rendront plus volubile ;-p
lexo7
Nan mais y a même pas à débattre, cet album est la dernière des merdes. M'en branle des discours "si ça existe c'est que ça trouve son public". Sur un stricte plan musical (et sur tous les plans que tu veux), cet album est aussi subversif que le dernier Para One. Franchement, faut vraiment être un irréductible des propositions aseptisées des Inrocks pour ne serait-ce que vouloir débattre de cet étron. La Cholette aurait pu se livrer à la pire chronique de hater jamais lue, que ça aurait été justifiée. Palabrer autour du vide, c'est bon pour les vertigineux manquant cruellement de curiosité. Et que celui qui me sort un "vive les sons régressifs" protège son slim et sa casquette fluo. Ce qui en d'autres termes signifie : "ceux qui ont aimé cet album peuvent aller mourir". Merci.
Philippe
Adieu
bob
Ça, c'est fait.
Poulain
Merci Lexo7 :3
Guytan
Je suis entièrement d'accord avec cette chronique. Ca sert à rien d'aller en profondeur dans l'analyse de l'album parce qu'il manque ce qu'il y avait de fondamental dans leur premier album: leur énergie punk, leur hargne. C'est grâce à ce premier album que je suis allé vers l'électro, la techno et autres musiques électroniques alors qu'auparavant j'écoutais du rock et du punk, et je ne suis pas le seul dans ce cas. OK ça servait à rien de s'enfermer dans une voie 8-bit un peu kitsch mais de là à perdre leur côté subversif c'est dommage. J'aime bien cet album comme le 2ème, il y a de très bons morceaux, un son plus travaillé, mais ça me retourne pas la gueule pendant 50 minutes comme le premier le faisait.
Tranzu
Plague et Wrath of God déchirent. C'était ma contribution à ce débat.
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