
L’Allemand Lorenz Brunner n’aura pas attendu longtemps avant de sortir son deuxième album. C’est sous le pseudo Recondite (nouvel onglet) qu’il a fait une apparition remarquée en 2012. On Acid avait fait sensation de par sa façon d’envisager la musique acid-house. En effet, la musique introspective de Recondite est taillée pour les songes solitaires en refusant la moindre tentative d'explosion.
En signant sur le label Ghostly International (nouvel onglet), il y a fort à parier que notre homme va rencontrer un succès autrement plus marqué. Cependant, l’influence du label n’est pas nécessairement positive. En passant chez Ghostly, Recondite se doutait forcément que ses productions allaient subir le passage d’une masterisation visant à tout lisser pour mieux caresser les oreilles des auditeurs dans le sens du poil (ceci étant la marque de fabrique du label... en excluant cependant Jacaszek). Et c’est bien entendu le cas. Pourtant, bien que toujours doux et soyeux, Hinterland n’en reste pas moins un album agréable.
Il faut envisager Hinterland comme un parcours inoffensif mais joliment mené. Recondite perd en acidité ce qu’il gagne en potentiel cinématographique. Désormais sa musique se fait plus contemplative et plus introspective qu’auparavant. Le parti pris de fonder l’album sur les relations homme/nature était casse-gueule, mais finalement la dimension naturaliste prend l’ascendant et on se plait à s’imaginer les paysages hivernaux de la Basse-Bavière (d’où est originaire Lorenz). L’album déroule son univers avec une réelle homogénéité, où chaque morceau répond avec finesse au précédent, dans un souci de ne jamais heurter les errances personnelles de l’auditeur. La meilleure voix pour appréhender, et ainsi mieux apprécier, l’album est de fuir la ville le temps d’une escapade campagnarde (les plus casaniers pourront se contenter de paresser devant les peintures romantiques allemandes du XIXè siècle de Caspar David Friedrich (nouvel onglet) et Carl Gustav Carus (nouvel onglet)).
C’est avec une économie de moyens que Recondite parvient à créer d’agréables partitions deep-house. Tandis que la basse reste profonde et les sonorités cristallines, les mélodies demeurent minimalistes mais suffisamment présentes pour susciter la rêverie. On se laisse docilement porter par ces 10 titres « zen » dont l’impact est quasi-invisible. La transparence est d’ailleurs le principal ennemi d’Hinterland car au final, on ne retient pas grand-chose si ce n’est une atmosphère propice à l’abandon et donc l’oubli. A la fin de l’album, on peine à retenir un titre, voir même une mélodie. Il faut alors se pencher avec plus d’attention sur l’album pour en dégager quelques instants volés comme sur Riant, désarmant de simplicité et de beauté primaire, ou lors de la pause rythmique engourdissante d’Abscondence.
Mais, comme dit précédemment, Hinterland vaut essentiellement par son homogénéité générale, faisant de lui un album non divisible. Avec ce genre d’exercice, on ne peut pas faire dans la demi-mesure : soit on adhère à l’ensemble, soit on s’ennuie dès les premières mesures. A prendre ou à laisser.






Brasser la merde
1 commentaire
shadowbox
bon bon bon, tu as plutôt parfaitement résumé l'album: c'est rondement bien mené, on se laisse transporter par l'ambiance générale, mais putain que c'est difficile de se souvenir de quelque chose après une écoute, et même après plusieurs autres. c'est agréable, mais ça manque cruellement d'un je-ne-sais-quoi qui aurait largement contribué à faire de cette galette une franche réussite. l'ensemble est bon, pour les singularités, on repassera. et puis lol la dédicace à Halloween dans Abscondence. cet album est parvenu à mes oreilles en même temps que le petit dernier de Lawrence et mon choix et tout fait: Films & Windows est bien plus captivant. Une chronique peut-être?
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