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Pochette de Fashion Week

chronique · 16 février 2015 · Hip-Hop / Rap

Death Grips

Fashion Week

J'avais envie de mettre une définition de "Fist Anal"

par Blacksad

Death Grips est l'une des plus mauvaises blagues sorties du hip-hop indé US depuis, au moins, les premières mixtapes de Lil B The Based God. Death Grips n'a, certes, pas toujours été une aussi grosse arnaque. À la sortie de leur première mixtape Exmilitary, ils étaient encore un groupe cohérent et assez incroyable : la batterie de Zach Hill, les beats de Flatlander, le show encore supportable de Stefan "MC Ride" Burnett dont le chant/cri n'a jamais été aussi bon depuis. La mélasse prenait forme, à l'époque. The Money Store était encore supportable, voire excellent, la continuation parfaite d'un des groupes les plus dingues de la scène de Sacramento. Puis ça devient n'importe quoi, entre pochettes phalliques, concerts annulés, ou leur split de Epic Records. Mais surtout, des sorties de plus en plus mauvaises. Même la dissolution du trio n'est qu'une vaste blague, orchestrée comme un énième bras d'honneur, le groupe ayant continué tranquillement à faire de la musique tout en annulant sa tournée (dont une première partie de Nine Inch Nails... Dommage, la confrontation des publics aurait été plutôt marrante).

Finalement, la seule surprise de Fashion Week, c'est la découverte de l'album. Il sort encore une fois gratuitement sur leur site et sur YouTube, la qualité du bitrate est encore une fois immonde, mais pour une fois, l'album est "long" : 47 minutes, une éternité pour eux. Ca change des 40 minutes de The Money Store ou de la demie-heure de l'affreux Niggas On The Moon, mais non, les gars, c'est vraiment pas une bonne chose. L'album entier est taggué Soundtrack, la pochette est absolument immonde. Ensuite, on jette un oeil à la tracklist. Runway J, Runway E, Runway N ... Incompréhensible. On regarde la tracklist en entier : si on lit uniquement les lettres, on lit JENNY DEATH WHEN, du nom de la seconde partie du double album The Power That B, encore jamais sortie. Bon. C'est un énième pied-de-nez aux fans, mais la, c'est vraiment de trop. Pour couronner le tout, l'album n'est vraiment, vraiment pas bon.

Fashion Week est une nouvelle sortie ultra-expérimentale et ennuyeuse au possible. Les beats sont répétitifs, se ressemblent tous et sont en général incroyablement laids. Autant j'aurais pu m'infliger trois heures de Death Grips d'affilée si les tracks étaient au niveau de Hacker ou Beware, mais la, c'est interminable. Death Grips semble avoir fini par faire absolument n'importe quoi, pour voir si leurs fans hurlaient au génie. Fuyez, pauvres fous : Death Grips est enfin mort, noyé sous les synthés crades et les samples abominables. En fait, Fashion Week manque clairement d'une bonne gueulante : sans le cri déchainé de MC Ride, l'ensemble s'essouffle en un temps record. On pourrait aisément imaginer que des voix viennent se greffer ça-et-là : où sont les délires anti-système ridicules de MC Ride ? C'est pas comme s'il fallait autant de temps pour écrire des textes aussi débiles. Le vide, c'est l'impression qui se dégage de cet album, qui n'est même pas une déception parce que Death Grips a perdu tout intérêt depuis que Zach Hill n'en a plus rien à foutre, soit quand la branlette éléctronique a pris la place des percus parfaites de l'ex-Hella.

Surgissent, au milieu de ce bordel sans construction, quelques instants de grâce. Pas de namedropping, puisque de toute façon, la moitié des tracks ont le même nom, juste quelques instants où Death Grips se transforme en un superbe projet éléctro-noise : un beat qui explose, comme une cascade de son, une guitare électrique complètement pétée, qui offre un son d'une pureté et d'une puissance inégalables. Plus marrant et bizarre, un sample de manège de fête foraine qui contraste avec le reste du disque et se révèle assez cool, en fait. Un manège, c'est malheureusement ce qui caractérise une bonne partie de cette chiasse auditive, dont on aura bien du mal à extraire une seule vraie bonne track. Bref, un album qui a sans doute été composé en un temps record, juste pour promettre de lâcher Jenny Death pour la fashion week new-yorkaise. Zach, merci d'avoir réactivé Team Sleep, tu t'en sortiras certainement mieux de ce côté-là.

Blacksad

Brasser la merde

1 commentaire

  1. Weekly

    J'ai jamais compris la hype générée par ce groupe et même quand il était respectable il restait juste bon à me donner envie de réécouter Fever ou Techno animal. Maintenant on touche le fond de la gamate, merci Blacksad, ton coup de griffe est bien sale, à la hauteur de l'escroquerie.

    Trop tard hélas pour amputer.

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