silent weapons for quiet wars

Pochette de ANX

chronique · 5 juin 2013 · Rock / Folk

Doctrines

ANX

par MarcD

Il y a des genres musicaux qu'on aurait tort de croire perdus corps et biens dans les méandres de l'histoire, par exemple le grunge, celui bien gras qui fleure bon Seattle un soir de mai sous la pluie, qui fait penser à nos jeunes années quand adolescents on découvrait avec l'exaltation du chasseur de trésors Buffalo Tom, Mudhoney, Dinosaur Jr, Nirvana, ... Mais Doctrines (nouvel onglet) nous vient de Manchester, se définissent plus punk que grunge (la mode est passée sans doute), et ont déjà sorti un album, ZE, sur le label Alcopop! (nouvel onglet) uniquement en vinyl violet (pour dixit "ressembler à Prince").

Pour ANX, leur tout nouvel album, ils ont mis environ 7 mois pour l'enregistrer, si ça peut sembler assez court pour certains, le groupe à tendance à dire qu'ils ont été plutôt lents. Si la batterie a été enregistrée en une journée, il a fallu des mois pour terminer avec, pour excuses, le travail, la paresse, un accident, la décision d'arrêter de fumer, un déménagement à Londres... Au final ANX est né après 7 mois, comme un bébé prématuré mais pourtant bien portant.

Pas vraiment des rock stars, juste une bande de jeunes, dont certains bossent chez Subway (ou tout simplement ne bossent pas), jouent parfois à des mariages, et au final considèrent la musique surtout comme un moyen d'échapper à une vie qui pourrait être assez terne. La preuve, l'album a été enregistré avec les moyens du bord, à la maison, sans folle dépense, la batterie a été enregistrée dans une chambre, les guitares dans le couloir, le chant dans une pièce insonorisée à l'aide de sacs de couchage, des amis ont été réquisitionnés pour faire les choeurs, et au final on a un résultat assez brut, un son qui convient bien à ce genre de musique.

Des guitares distordues, un chant à la Kurt Cobain et Bill Janovitz, voix cassée, jeune et beuglante, un son parfois un peu daté mais qui a ce bon goût de nostalgie (pour ceux qui l'ont) d'une époque déjà un peu lointaine. La pochette est de Dan Allen et est délicieusement repoussante. Un homme torse nu semble vomir des cheveux en tenant un livre, de nombreux personnages difformes sont entourés de dents arrachées, un poisson aux yeux multiples bave dans le coin droit, un art work idéal pour ce genre de groupe.

Neuf titres globalement bons, d’une brutalité sans hargne, paradoxalement sage, des morceaux lourds et plombés, un ensemble très humain car imparfait mais efficace et touchant dans la démarche. Une authenticité qui se résume à un conseil lâché sur leur facebook: "Dont tune your guitar, It sounds way more authentic this way". Voilà résumé tout l'esprit punk.

MarcD

Brasser la merde

1 commentaire

  1. Somath

    BONNARD !

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

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