chronique · 19 février 2013 · Rock / Folk
Foxygen
We Are The 21th Century Ambassadors of Peace & Magic
Au moment de passer à la barre du tribunal SWQW, je donnais initialement pas bien cher de la peau de Foxygen. Faut dire, les charges contre ces nabots étaient déjà bien lourdes : un nom de groupe stupide, un premier album hystérique et irritant sorti l’an dernier, un nouvel album au titre consternant, une hype démesurée pour trois cacahuètes à grignoter… Les pièces à convictions étaient-là, et il n’y en avait pas forcément besoin de beaucoup plus pour tirer des conclusions pas tellement nuancées.
Pourtant, pour je ne sais quelle raison, l’ennui, la solitude peut-être, je me suis décidé à écouter assez sérieusement We Are The 21st Century Ambassadors of Peace and Magic. Quelle idée. N’empêche, j’ai trouvé ça bien. Assez malin et pas trop gamin. Et je me suis retrouvé surpris, les yeux grands ouverts comme ceux d’un lémurien apeuré.
Ce qui est en fait assez drôle avec ce groupe, c’est qu’on repère tout de suite qu’ils sont jeunes. Leur disque est une sorte d’anthologie pop et rock, mais une anthologie purement mainstream. On dirait que leur culture se résume aux 500 plus grands disques de tous les temps selon Rolling Stones (nouvel onglet), ce qui correspond grosso modo au top des ventes de disques à 7euros chez Cultura (nouvel onglet).
Les deux Foxygen s’amusent avec ces banalités avec une conviction assez touchante : vas-y que je t’imite les Beatles sur « San Francisco », Fleetwood Mac sur « No Destruction », que je singe les Doors sur le morceau éponyme, Mick Jagger par-ci, Dylan par-là etc. Et ils font étonnament ça assez adroitement, sans tout renverser sur leur passage. C’est les années 60-70 pour les nuls, mais avec un style charmant, sans surenchère de quoique ce soit.
Au niveau groupes contemporains, je rangerais Foxygen entre Midlake pour l’amour du soft-rock, MGMT période Congratulations pour le psychédélisme light et Baxter Dury pour les attaches rock et soul. À côté de ceux-là, les deux Foxygen ne font ni ombre, ni pâle figure – tirez-en les conclusions que vous voulez. Pour ma part, je suis plutôt séduit, je trouve ce disque remarquablement écrit et articulé, avec notamment la construction bluffante de « On Blue Mountain » et ses 6 minutes de changements de tempos incessants et au final hyper pertinents.
Verdict : non-coupable. L’accusation peut toujours faire appel : je l’emmerde.






Brasser la merde