
chronique · 25 octobre 2012 · Rock / Folk
Future Of The Left
The Plot Against Common Sense
Future Of The Left, tu connais ? Trio puis quatuor gallois et tribune noisy pour le net et méchant chanteur/guitariste Andy Falkous, ils sortent en 2012 leur troisième album après un Curses convaincant, et surtout un Travels with Myself and Another ayant en plusieurs points crevé la stratosphère d’un rock anglais, il est vrai, assez bas de plafond.
par Mattooh
N’oublie jamais : you need satan more than he needs you (nouvel onglet). Mais ça, c’était en 2009.
Aujourd’hui, même Satan ne peut plus rien pour toi car l’extrémité de tes doigts saigne depuis trop longtemps : trois ans pour sortir un album, Andy Falkous nous a rarement infligé pareille éternité. Même le brillant EP Polymers Are Forever, sorti l’an dernier, ne réussit que partiellement à apaiser notre fringale. On retrouve d’ailleurs le fabuleux titre éponyme sur ce nouvel album, et c’est tant mieux car cette chanson mérite une deuxième vie, et même au moins sept autres derrière, parce qu’elle vaut bien n’importe quel putain de chat, ok ?
Prenons les choses dans l’ordre : l’album débute par Sheena is a T-shirt Salesman, tube braillard expéditif qui aurait parfaitement trouvé sa place sur un album de McLusky, précédent groupe de Falkous auquel je suis à deux doigts d’accoler l’embarrassant et Denisotien qualificatif de culte. Et il en va de même des grosses basses anguleuses de Failed Olympic Bid et Beneath The Waves An Ocean qui suivent immédiatement, et … et puis merde, de McLusky nous allons reparler, comme tout bon connard de bloggeur dès qu’il s’agit de Future Of The Left (nouvel onglet), et contrairement à ce que je m’étais promis – je me veux tellement au-dessus de toutes ces bafouilles! Car paradoxalement, plus la qualité des disques de FOTL croît et devrait faire d’eux un groupe plus grand que l’ombre de son glorieux ancêtre, plus ces disques nous rappellent et nous ramènent à McLusky.
Sur City of Exploded Children, ballade répétitive et entêtante fixée sur une armature de basse from Chicago, on jurerait écouter un single jamais sorti de The Difference Between Me & You Is That I’m Not On Fire. Anchor, Camp Capuccino, I Am The Least Of Your Problems ou Robocop 4 – Fuck Robocop sont des méchancetés qui puent le Mac, tendues et noisy comme s’il ne s’était rien passé depuis 2005.
Quand on sait qu’en plus FOTL rejoue maintenant sur scène To Hell With Good Intentions et Lightsabre Cocksucking Blues de vous-savez-qui, vous comprendrez que Falkous ne peut s’en prendre qu’à lui-même si tout le monde lui rebat sans arrêt les oreilles avec son ancien groupe. A moins que ce ne soit plutôt agréable d’avoir sans arrêt des nuées de barbus backstage pour venir te dire que ton premier groupe était génial, huh ? Je veux dire, en dehors des milliers de démos abominables que tu récoltes subséquemment soir après soir et qui ne servent plus qu’à caler ta batterie ou trancher des gorges de moustachus.
D’autres titres, au contraire, creusent le sillon poppy ludique (tout est relatif, tu le sais bien) du premier album comme les efficaces Goals in Slow Motion, Sorry Dad, I Was Late For The Riot, Notes On Achieving Orbit ou Rubber Animals. Leur secret ? Le petit riff répétitif et catchy, a partir duquel tu ne peux de toute façon plus rater ta chanson, surtout avec les hurlements et scansions de Falkous. La géniale Polymers Are Forever, ou A Guide To Men, font elles un usage optimal des claviers qui sont finalement la véritable différence entre FOTL et McLusky. Je déteste les claviers, et chacun devrait d’ailleurs en fait de même avant que tous les néo-Cure du monde ne prennent le pouvoir après l’imminente apocalypse et/ou la mort du rock, mais quand c’est utilisé comme ça, je dois bien reconnaître que cet instrument peut, bien ceinturé sanitairement et placé entre de bonnes mains, occasionner de jolies vibrations.
Ceci étant, on peut bien causer musique pendant des pages mais si on attend aussi fébrilement les disques d’Andy Falkous, c’est aussi pour leur pesant de quotes punitives. Si tu ne vois pas de quoi je veux parler, je te méprise mais laisse-moi quand même t’illustrer la chose par un florilège des petites dernières disséminées sur The Plot Against Common Sense :
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« I have seen into the future / Everyone is slightly older » (Cosmo’s Ladder);
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« Civilised people don’t fuck bears / Civilised people don’t play fair / Civilised people don’t hide cats in wells » (A Guide to Men);
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« Quantum mechanics / My only vice » (Polymers Are Forever);
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« Where were you when Russell Brand discovered fire? / Did you join with the crowds in Trafalgar Square and watch on the giant screen? » (Notes On Achieving Orbit);
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« Pirates of the Caribbean 47 / Johnny Depp stars as the robot pirate who loses his wife in a game of poker / and tries to win her back with hilarious consequences / At least Harry Potter has a proper story / in the sense that the characters crave an ending / If only to release poor Billy Corgan from his role as the titular character's nemesis » (Robocop 4 – Fuck Off Robocop);
De quoi passer l’hiver apaisé, un sourire gras étalé sur notre visage triste. Autant te dire qu’au crépuscule de l’humanité, tu seras plus inspiré de suivre les pas d’un gourou aussi crédible qu’Andy Falkous plutôt que de continuer a scruter les paroles de tes tocards en jean slim préférés a la recherche de leur minable Mr Mojo Risin’ perso. Andy, un ami qui vous veut du bien.






Brasser la merde
4 commentaires
kehezen
*Polymers are Forever* vient d'illuminer ma journée, et mouiller mon Petit Bateau. Je suis explosé de rire.
kehezen
pour preuve: hahahah.
Cynosargos
Elle est trop descriptive, cette chronique. Ça donne pas envie d'écouter l'album :p
Krust
Cette chronique est magistrale. Si si, vraiment.
la suite, depuis 2026