
chronique · 27 octobre 2012 · Rock / Folk
Black Marble
A Different Arrangement
Amis dark-pop, lâchez Lescop et sa forêt-noire, belle trop cramée de duels au soleil répétés. C'est par là que ça se passe.
par Cholette
La musique n'a pas d'âge dans un lecteur Itunes. Pas plus que la distance, qui entrainait dans le futur de nos platines des nouveautés importées à l'obsolescence instantanée n'a d'importance désormais. Le marbre aussi à son goût d'éternité : inaltérable. Dur, froid et granuleux à l'état brut, lisse et chic - voir morbide - une fois travaillé. Si sa forme noire avait déjà prêté son nom à un thriller né en 1980, elle baptise tout aussi bien Black marble, formation de Brooklyn nostalgique du Manchester d'une autre époque, et rêveurs-inventeurs d'un New Order jamais existé : bloqué en 1982, terrassé par le décès de Ian Curtis, trouvant néanmoins catharsis dans le synthétique.
La pochette du premier EP nous renvoyait à un Koudlam exilé à NY sans ses violons, son écoute faisant entendre sa voix refiltrée par des vintageries remises au gout maison. L'album en présence invoque aussi un Matt Berningen (The National) torturé, contraint à chanter dans un cercueil, en partance pour Albion. Ainsi dérouleA different arrangement ; et les voix se délitent au fur à mesure des pistes, à la faveur de la brume, toujours plus épaisse. Pas d'énergie du désespoir pour autant, le palpitant ne fatigue pas, soutenu par quelques tropismes étranges (Great design) nous faisant subrepticement quitter l'ancien monde. Seules traces d'une ex-avant-modernité, on ne s'amusera pas pour autant à antidater les lignes de basses obsédantes ou passer au carbone 14 le reste des boites à rythmes, trop heureux que nous sommes de savourer leur nouvelle alliance consacrée.
Les classiques ne meurent jamais, et même si des productions 2012 ressemblent à si méprendre à celles de 1982, who cares ? - à part Simon Reynolds, dont l'ouvrage Retromania (nouvel onglet) reste non moins dispensable pour autant, histoire de se tenir au courant...
Cependant, à trop théoriser comme lui, on en oublierait presque le principe de plaisir et le concept de chanson - ils se moquent bien tous deux du mobile comme du temps, tant que la recette fait mouche et que la mayonnaise prend.
LA chanson :






Brasser la merde
4 commentaires
Alexandre
Pretender est bien prenante, ça fait penser à certains Depeche Mode (cette espèce de mélodie dans les aigus qui me rappelle "Everything Counts") je vais m'écouter l'album tiens!
lexo7
La cold wave c'est comme les goths, ça mérite pas de vivre.
Cholette
A les écouter ils sont presque d'accord :)
jy
C'est moi ou ca à du blank dogs en plus clean...
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