
Les nouvelles n'étaient pas bonnes : 2011 nous avait rendu un Sune Rose Wagner déprimant, diminué par les séquelles d'un accident, ajoutant à ses fait d'armes la coproduction guimauvesque d'un second album des Dum Dum Girls déconcertant.
La suite n'annonçait rien non plus de très engageant. Remettre le couvert pour resservir de vieilles recettes en compagnie de Richard Gottehrer (coauteur dudit album pour la future sortie des Raveonettes) n'augurait rien de bon, pas davantage que l'immersion dans un studio mythique a souvent sauvé les âmes perdues en mal d'illumination (en l'occurrence ici le Sunset sound studio à L.A ou The Doors ont enregistré leurs meilleures publications).
Fort heureusement, c'était sans compter sur cette faculté mystérieuse qu'ont certains à transformer la fange en rose, et les malheurs en prose La résilience s'accommode de situations mal engagées pour venir à la rescousse des désœuvrés, dans la musique comme à la vie. Elle permit ici à Wagner de tisser entre Raven in the grave et Observator un pont nécessaire, un EP mis à part, pour enfin retrouver l'inspiration l'ayant quittée un an auparavant.
Par delà les questionnements existentiels étranges de notre homme, concernant l'appartenance géographique de ses chansons (celui-ci et le précédent ayant été enregistrés dans des lieux diamétralement différents), la continuité entre ces deux opus s'avère évidente, tant son dessein ancien de parvenir à écrire de réelles pop-songs prime au travers des nouvelles compositions. Toujours plus mélodiques, délaissant leurs atours les plus noisy au profit d'un piano empreint de nostalgie, pour dévoiler finalement l'objectif de maturation de leur son: être reconnaissable à ses premières ondulations. Ainsi, la somme d'influences accumulées avec les années est désormais digérée, laissant où ils sont tous les grands noms qu'ils exhumaient régulièrement. La magistrale Sharin Foo, moitié féminine du duo, s'impose à leurs dépends et fait bien plus qu'esquisser des réponses aux interrogations en minaudant… C'est toute cette relation vieille de 10 ans les unissant qui fait recel des sources de leurs productions, tenons pour exemple les savoureux clin d'oeil de Young & cold sur Observator à Forget that you're young de Raven in the grave… Les pistes se brouillent, leurs voix se doublent moins, et le dialogue s'entame… Que jamais Sune Rose Wagner ne s'éloigne de son double diaphane, tout en sachant distance gardée. Lui à New york, elle à L.A, réunis pour chanter et nous laisser libre de savourer les noirceurs de leur pop recyclée.






Brasser la merde
8 commentaires
SEN
Bof Bof Bof !!!
Cholette
Bof bof bof c'est à dire?
SEN
C'est de la Pop, avec tous ce que ça a d’insupportable ! D'ailleurs je trouve la définition "Dark-Pop" plutôt amusante tant le terme me semble galvauder, c'est plutôt gentillet en réalité et pas très inspiré... J'ai dit Bof, bof, bof !!! pour pas être trop méchant ! Maintenant y a public pour ce genre de soupe, et ce n'est jamais que mon avis !
cholette
Mmh ok. Malheureusement c'est vrai que toute étiquette de style à vite fait d'étriquer les genres. Ceci dit cela à l'avantage de mettre en garde les allergiques à un style de musique, comme tu sembles l'être envers la "pop" :). Concernant le degré de noirceur par contre, je reste sur mes positions ! ;-)
SEN
Et pourquoi on a plus de droit de commenter sur l'album de Dark Dark Dark ?
Cholette
Pas à cause de la censure, sinon je vais demander.
SEN
Parce que là pour le coup j'étais plutôt d'accord avec toi !
kehezen
c'est les mecs, là, ils avaient pas payé leur dernière traite. Tout va bien : c'est arrangé ; tu peux aller commenter la chronique du Dark Dark Dark, ainsi que toutes les autres. Des bisous, parmi mes plus tendres.
la suite, depuis 2026