silent weapons for quiet wars

chronique · 23 août 2013 · Expé. / Modern Classical

Koboku Senjû

Joining the queue to become one of those ordinary ghosts

par Julien Heraud

(Chronique publiée initialement sur Improv Sphere, blog de Julien Heraud) (http://improv-sphere.blogspot.fr/ (nouvel onglet))

Koboku Senjû est un quintet nippo-norvégien qui publie avec ce vinyle son deuxième enrgistrement (après un premier opus paru chez sofa). Les membres de cette formation sont deux papes de la scène onkyo : Toshimaru Nakamura (nouvel onglet) (table de mixage) et Tetuzi Akiyama (nouvel onglet) (guitare), accompagnés par trois norvégiens, Martin Taxt (nouvel onglet) (tuba), Espen Reinertsen (saxophone & flûte), et Eivind Lønning (nouvel onglet) (trompette).

Le quintet propose ici l'enregistrement d'une session live. De la pure improvisation réductionniste très réussie. Il s'agit de longues nappes monolithiques et linéaires, d'improvisations de masse où la texture est l'élément principal, d'accord. Des feed-backs interminables, du souffle continu, des techniques étendues en-veux-tu-en-voilà, une opposition indistincte entre les instruments, l'acoustique et l'électronique, d'accord aussi. Mais tout ça pourrait aussi voilà dire que c'est chiant. Ce serait sans compter d'une part sur les micro-variations qui fourmillent constamment, des pistons qui surgissent aux parasites électroniques, en passant par des slaps, phrases mélodiques aériennes à la guitare, et d'autre part, sur les fluctuations, vibrations et oscillations propres aux nappes sonores elles-mêmes. D'un côté, Koboku Senjû laisse le son se développer par lui-même, semble se complaire dans la contemplation du son qui se projette ; et d'un autre côté, le quintet pousse le son à s'activer, il le rompt, l'enrichit, l'amplifie, grâce à l'intégration constante de nouveaux éléments sonores qui se superposent, à l'amplification d'autres évènements, etc.

La vie de cette longue nappe est très riche et dense, l'imbrication des éléments est complexe. En plus de ça, tout est fort, intense. Laissez tomber le côté zen et contemplatif du réductionnisme et d'onkyo, ici, chaque intervention, tout en s'intégrant dans des aspects linéaires et monolithiques, est nerveuse, urgente. On aurait pas cru pouvoir y arriver un jour, mais si, Koboku Senjû propose bien une longue improvisation réductionniste, aussi puissante et intense que massive et continue. Si le réductionnisme laisse parfois l'impression de s'embourber dans ses codes et ses habitudes, Koboku Senjû le réactive avec passion et fureur. Du réductionnisme viscéral et organique, où chaque élément est vital et singulier, mais s'intègre indissolublement à la masse sonore. Excellent.

Julien Heraud

Brasser la merde

2 commentaires

  1. kehezen

    c'est quoi de l'improvisation réductionniste ?

  2. dataichi

    C'est quand tu tiens les deux premières minutes avec le bruit d'une porte qui grince, et que tu enchaines avec la ponceuse.

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

    pas de compte : ton pseudo est protégé par un ticket que ton navigateur garde pour toi.

    dans le même courant · expérimental

    En attente