
chronique · 17 juin 2013 · Expé. / Modern Classical
Rauelsson
Vora
"Not that it matters, but I arrived in the daylight, and you were sleeping at the seaside. Many times, I turned around and back, to your silhouette until you woke up and said : I can write in the water, but only when it freezes."
par Aurélie S.
Ces paroles données en écho par une voix féminine sur le morceau Hourglass II résonnent au plus près des racines de Vora. Celles qui s’abreuvent de la présence encore vivace d’un paysage maritime, et de ce qui s’intercale entre le souvenir et le rêve. Vora est un album façonné par le passage et la transition, enregistré entre deux pays, et porté par l’émotion du retour.
Derrière le nom de Rauelsson se tient en effet l’espagnol Raúl Pastor Medall, qui a passé une dizaine d’années aux Etats-Unis, avant de revenir récemment sur ses terres natales près de la côte est de l’Espagne. Cet album naît de ce moment là, saisi quelque part entre fracture, rupture et recommencement.
Rauelsson avait déjà été l’auteur de Rèplica, avec Peter Broderick en 2011, et ce n’est pas la première fois qu’il apparaît sur le label Sonic Pieces, puisqu’on le retrouve sur la compilation Portland Series parue en 2009. Pour son nouvel album, le voici qui prend de l’ampleur, et enrichit considérablement son jeu de textures et d’instruments. Piano, harpe, alto, violon, violoncelle et autres instruments baignent dans l’utilisation délicate des field recordings et de l’électronique. Entouré de différents artistes dont Nils Frahm, Raúl Pastor Medall fait de Vora un album à la richesse éclose, où les sentiments contraires se répercutent dans les rencontres instrumentales.
A l’image du morceau Split, Vora trace le sillon de contradictions chatoyantes. En un mouvement de flux, contenu entre Wave In et Wave Out, Rauelsson rassemble la brillance de la mélancolie, du tiraillement, de la nostalgie et de l’envie. Des craintes, des murs qui rétrécissent puis s’écroulent, des bruissements marins, des cris d’enfants. Animé d’une profonde impulsion de vie, il s’agit ici d’un disque hautement personnel et sincère, s’offrant une place de choix dans le catalogue Sonic Pieces.
Une manière de traverser l’air, le tout sur fond de corps en partance et d’élans oniriques.






Brasser la merde
1 commentaire
Lambdachronicles
Sitôt écouté, sitôt acheté, une magnifique découverte grâce à vous. Me fait beaucoup penser au dernier Ben Lukas Boysen, décidément ces sonorités hivernales collent très bien à notre été anémique.
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