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chronique · 16 septembre 2013 · Techno / House

Marcel Dettmann

Dettmann II

par B2B

Marcel Dettmann (nouvel onglet) avait frappé fort en 2010 avec son premier album, Dettmann. On ne l’attendait pas à ce niveau parce que rares sont les DJ à réussir à passer avec les honneurs l’étape du LP. L’Allemand est pourtant parvenu à mettre tout le monde à genoux avec un album aussi puissant que rampant, un trip techno vous bouffant lentement toute pensée extérieur pour finir par faire de vous un simple esclave. Depuis, Marcel Dettmann n’a pas chômé puisqu’officiant ad vitam aeternam derrière les platines du Berghain (nouvel onglet), usant jusqu’à la corde ses aptitudes à asservir un public toujours plus nombreux et joueur. Il en a aussi profité pour continuer à se faire la main en sortant régulièrement des EPs de haut-vol dont on retiendra surtout Translation et Range, tous deux sur Ostgut Ton (nouvel onglet).

La sortie d’un second long format n’est pas une surprise tant le DJ/producteur est un bourreau de travail (capable d’enchaîner régulièrement deux sets, dans deux villes européennes, la même nuit). Dettmann II est attendu au tournant par tout un pan de la culture techno des 10’s et ce n’est finalement qu’une juste reconnaissance du talent du monsieur.

Dettmann II est une masse compacte, un trip à vivre en solitaire la gueule dans les enceintes. L’allemand sait parfaitement comment maitriser une foule, autant dire que dominer un seul auditeur est pour lui encore plus simple. Il déroule donc son savoir-faire avec une simplicité déconcertante, passant ainsi d’une techno moite et douce, Throb ou Ductil, à une techno de rave redoutable, Radar. Les motifs sont toujours simples et les mélodies inexistantes. On se contente de se prendre en pleine tronche une masse dense et indissociable, supprimant toute respiration, et jouant principalement sur des sonorités organiques. La basse est le plus souvent gargantuesque afin de mieux vous contrôler.

Marcel Dettmann n’invente rien mais le fait bien. Le problème restant que depuis son premier album, où il apparaissait comme une figure de proue de la techno claustrophobique, il a enfanté de nombreux rejetons. Et les élèves (de Shifted à Sigha) dépassant désormais le maitre, Marcel Dettmann se retrouve fatalement dans le peloton et non plus en tête. Dettmann II a beau être un album solide, il ne procure pas le même effet que son ainé. C’est d’autant plus regrettable que Marcel Dettmann se perd aussi dans de nombreux interludes inutiles et dans un trip expérimental foireux, Seduction (feat. Emika).

Au final, il ne reste que 7 véritables morceaux à se mettre sous la dent, dont une partie ressemble de trop aux tracks du premier opus. Cependant, par deux fois, le boss du Berghain arrive à nous cueillir à froid. Une première sur Soar, dont la basse analogique crade et l’ambiance malsaine donnent l’impression de se retrouver en pleine rave dans un hangar poisseux. Une seconde sur Aim, co-produit avec Shed, dont les murmures lointains et l’ambiance orageuse laissent apparaitre un fil narratif salutaire, principe encore inconnu chez Marcel Dettmann.

Dettmann II ne déçoit pas, tout en restant prévisible. Marcel Dettmann sait tellement jouer avec son public lors de ses DJ sets qu’il est désormais facile pour lui d’en faire de même le temps d’un album. Dettmann II n’aura certainement pas le même impact que le premier LP de l’allemand, mais reste une machine à broyer redoutable.

B2B

Brasser la merde

6 commentaires

  1. mathieu

    Super chronique ;) Une techno trés Ostgut comme ont les aime froid qui sens la sueur. Quand vous parler de Shifted à Sigha a quel album faites vous référence ?

    Merci d'avence

  2. B2B

    Oh, toi tu ne vas pas comprendre ta douleur quand tu vas te prendre les 2 albums qui suivent dans la gueule. Dettmann à côté, c'est pour les pucelles.

    - Shifted - Crossed Paths --> http://www.swqw.fr/chroniques/techno-house/shifted-crossed-paths.html - Sigha - Living With Ghosts --> http://www.swqw.fr/chroniques/techno-house/sigha-living-with-ghosts.html

    1. mathieu

      Merci, je vais écouter " Living With Ghosts" sans plus attendre. Quand a "Crossed Paths " je l'avais déja écouter grace a votre chronique, pour moi il est sans accun doute un trés trés bon album ( un des meilleurs de 2012) bien sombre "More static" et "Out of tune" sont trés intence. Mais pour moi il est beaucoup moins glauqe, sombre , froid et visque que Dettmann I et II de loin, la touche Berghain rajoute un effet encore plus pousser que seul une infime part d'artiste peut et arrive et a l'honneur de la mettre en scéne. Quand ont l'écoute il manque cette image d'une flaque de pétrole bien noir et bien collante qui s'accroche a toi et te tache. Je trouve que cela ce rapproche plus d'une "techno claustrophobique" comme tu dit. En tout cas merci de répondre aussi vite ça fais plaisir :) et au passage a tu écouter dans le même genre "spomeniks" de Rødhåd chez TOKEN et "Blindness" du même auteur chez DYSTOPIAN.

  3. Globule

    Je suis assez d'accord avec mathieu sur le fait que Dettmann 1 reste un must même comparé à Shifted ou Sigha (tous deux très bon), mais pas forcément pour les mêmes raisons : aucun sentiment de claustrophobie, de flaque de pétrole ou je ne sais pas quoi. Je ne comprends rien à ces métaphores noires (la douleur dans ta gueule, tout ça). Juste du plaisir, de la joie, de l'émotion. Je dois certainement être une pucelle naïve, mais j'assume et j'aime ça. J'espère que tu te trompes B2B en disant que le Dettmann 2 est moins bon... mais t'as l'air convainquant... les boules. Quoi qu'il en soi, je vais me procurer le vinyle avant même de l'écouter, un nouvel LP de Dettmann, c'est pas sans moi.

  4. AP

    Hey B2B, le but du jeu c'est pas celui qui fera le truc le plus bourrin. Comparé les deux albums de Dettmann (pas le même style entre les deux albums) c'est un peu ridicule et les comparer avec Sigha et Shifted c'est encore plus ridicule (les albums n'ont rien à voir). Les deux tracks qui sont pour toi les meilleurs sont les deux qui ressemblent le plus au précédent album. J'ai l'impression que tu as pu saisir les subtilités de la face A et B. Et dire qu'il n'y a pas de mélodie.. c'est la cerise.

    Voilà j'ai brassé ma merde je suis content. En espérant qu'une autre personne de l'équipe swqw fasse une relecture sur cet album avec plus de profondeur.

  5. cassecouille

    Ouais puis dire qu'enchainer 2 sets est caractéristique d'un "bourreau de travail" ça va un peu loin.. Surout quand on pense que le djing est un sport sans test de dopage à l'entrée

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

    pas de compte : ton pseudo est protégé par un ticket que ton navigateur garde pour toi.

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